En bref
- Une culotte menstruelle sans PFAS, ça existe. Mais un traitement aux PFAS ne se voit pas.
- En 2025, des chercheurs ont trouvé un ajout volontaire de PFAS dans environ une culotte sur trois.
- La loi française de 2026 ne nomme pas les culottes de règles.
- Ton meilleur repère : le label Oeko-Tex Standard 100, qui interdit les PFAS.
- À partir du 1er octobre 2026, les culottes remboursées en pharmacie portent toutes ce label.
Tu as choisi la culotte menstruelle pour de bonnes raisons. Moins de déchets. Plus de serviettes jetables collées à ta peau. Et un jour, tu lis « PFAS » et « culottes de règles » dans la même phrase. Tu regardes ton tiroir. Tu te demandes si tu t'es fait avoir.
J'en porte moi aussi. Alors je connais ce petit pincement. Respire : ton choix reste un bon choix. Toutes les culottes ne sont pas concernées, et ça se vérifie.
Je te propose trois étapes. D'abord, comprendre ce que les PFAS font dans une culotte. Ensuite, voir ce qu'en disent les analyses, la santé et la loi. Enfin, vérifier la tienne et décider quoi faire de celles que tu as déjà. Je te dis aussi, à la fin, ce que la naturopathie apporte. Le dossier cycle féminin reprend les bases si tu veux les revoir.
Les PFAS, c'est quoi, et que font-ils dans une culotte menstruelle ?
Les PFAS sont une immense famille de produits chimiques, fabriqués par l'industrie. Leur talent : repousser l'eau, le gras et les taches. Dans une culotte menstruelle, ils servent surtout à rendre la couche anti-fuite étanche. Et non, PFAS n'est pas une nouvelle marque de yaourt bio. On en trouve dans les poêles antiadhésives, certains emballages alimentaires, les vêtements imperméables.
Leur défaut, c'est qu'ils ne se dégradent presque pas. D'où leur surnom de « polluants éternels ». Ils s'accumulent dans l'environnement, et dans le corps. Chez une femme, il faut environ quatre ans pour éliminer la moitié du PFOS, l'un des PFAS les plus étudiés.
Et dans une culotte menstruelle ? Elle superpose trois couches. La première, contre ta peau, laisse passer le flux. La deuxième l'absorbe. La troisième empêche les fuites, et doit rester étanche lavage après lavage. C'est cette troisième couche que certains fabricants traitent aux PFAS, d'après les chercheurs.
Culotte menstruelle et PFAS : que montrent les analyses ?
En juillet 2025, des chercheurs américains ont analysé une soixantaine de protections lavables. Surtout des culottes, mais aussi des serviettes lavables et des cups, achetées en Amérique et en Europe. Ils ont mesuré le fluor, la signature des PFAS, couche par couche.
La plupart des échantillons en portaient des traces. Rien d'étonnant : les PFAS sont partout, jusque dans l'air et la poussière. Mais sur certains produits, le taux était bien trop élevé pour venir du hasard. Là, les PFAS ont très probablement été ajoutés exprès. Voici ce que l'étude a trouvé :
Les cups s'en sortent mieux. Et dans chaque catégorie, les chercheurs ont trouvé des produits sans ajout volontaire. Leur conclusion tient en une phrase : on sait fabriquer ces protections sans PFAS.
Ce n'est pas la première alerte. Aux États-Unis, la marque Thinx a été mise en cause après des tests menés en 2020. Elle a réglé l'action en justice en 2023, et s'est engagée à ne plus ajouter de PFAS. En France, une sage-femme et une médecin appelaient déjà à la prudence sur les culottes, dans leur livre paru en 2022.
Et côté autorités françaises ? L'ANSES, l'agence de sécurité sanitaire, a évalué les tampons, les serviettes et les cups en 2018. Les culottes n'en faisaient pas partie : elles étaient encore trop peu vendues. L'agence n'a pas publié d'évaluation sur elles depuis.
Culotte menstruelle : un danger pour ta santé ?
Aucune étude n'a montré qu'une culotte menstruelle traitée rende malade. Mais les PFAS ont des effets connus sur la santé, et personne n'a mesuré ce qu'une culotte fait passer dans le corps. Voici l'état des connaissances aujourd'hui.
Ce qu'on sait. Les PFAS sont liés à une hausse du cholestérol. Ils ont aussi des effets sur la fertilité, sur le fœtus, sur le foie et les reins. On les soupçonne de gêner la thyroïde et les défenses immunitaires. Le PFOA, l'un des plus connus, est classé cancérogène pour l'homme depuis 2023. Chez les femmes les plus exposées, la ménopause est arrivée environ deux ans plus tôt, dans une grande étude américaine. Pour l'endométriose, les études se contredisent encore.
Ce qu'on ignore. Personne n'a mesuré ce qu'une culotte fait passer dans le corps. En laboratoire, sur des modèles de peau humaine, certains PFAS traversent la peau, surtout les plus petits. Les plus gros restent coincés dans la peau elle-même. Mais ces tests ne reproduisent pas le port d'une culotte.
Ce que ça pèse. Tu as déjà des PFAS dans le sang, comme presque tout le monde. En France, les deux plus étudiés ont été retrouvés chez 100 % des adultes et des enfants testés. Ils arrivent surtout par l'assiette (produits de la mer, œufs, viandes), l'eau, l'air et la poussière. La culotte s'ajoute à ce total, sans qu'on sache pour combien. De quoi choisir mieux, calmement.
Et une bonne nouvelle inattendue : tes règles aident ton corps à éliminer une partie du PFOS. C'est même l'une des raisons pour lesquelles les femmes en ont moins que les hommes. Pour comprendre comment ces substances brouillent le cycle, lis ma page sur les perturbateurs endocriniens.
Que dit la loi sur les PFAS depuis janvier 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, une loi française interdit les PFAS dans les vêtements, les chaussures et les cosmétiques. Les seuils tolérés sont très bas.
Le hic, c'est que la loi ne nomme pas les culottes de règles. Une culotte menstruelle est un sous-vêtement, mais aussi une protection hygiénique. Ni la loi, ni les explications publiées par le ministère ne tranchent ce point.
| Quand | Ce qui change |
|---|---|
| Depuis le 1er janvier 2026 | Les PFAS sont interdits dans les vêtements, les chaussures et les cosmétiques |
| Jusqu'au 31 décembre 2026 | Les stocks de vêtements fabriqués avant 2026 peuvent encore se vendre |
| À partir de 2030 | L'interdiction s'étend à tous les produits textiles, culottes de règles comprises |
D'ici 2030, c'est donc à toi de vérifier. Rassure-toi, ça prend deux minutes.
Comment savoir si ta culotte menstruelle contient des PFAS ?
À l'œil nu, impossible : un traitement aux PFAS ne se voit pas. Trois repères t'aident à trier : le label, la question à poser à la marque, et la vraie place du coton bio. Et si tu en achètes une nouvelle, les culottes remboursées en pharmacie cochent déjà les bonnes cases.
Culotte menstruelle Oeko-Tex : le repère le plus simple
Depuis avril 2023, le label Oeko-Tex Standard 100 interdit les PFAS dans les textiles qu'il certifie. Il porte un numéro. Tape-le dans l'outil « Label Check » du site d'Oeko-Tex, et tu sais tout de suite si le certificat est valide. Regarde aussi s'il couvre la culotte entière. Un label posé sur le seul tissu du dessus ne dit rien de la couche anti-fuite.
La question à poser à la marque
Demande-lui si elle a fait analyser le fluor total de ses culottes, couche par couche, par un laboratoire indépendant. C'est justement ce que mesurent les chercheurs. Une marque sérieuse a ses résultats et les montre. Une réponse floue, c'est déjà une réponse.
Le coton bio, un bon point qui ne suffit pas
Le coton bio concerne la couche au contact de ta peau. La couche anti-fuite, elle, est souvent synthétique. C'est elle qu'il faut interroger.
Les culottes remboursées en pharmacie : un bon point de départ
Depuis le 1er octobre 2026, l'Assurance maladie rembourse les culottes et les cups menstruelles vendues en pharmacie. Il suffit d'avoir moins de 26 ans, ou d'avoir la C2S, quel que soit ton âge. Leur cahier des charges impose le label Oeko-Tex Standard 100, qui interdit les PFAS, et du coton bio ou du lyocell contre la peau. Pour savoir qui y a droit, combien ça coûte et quelles marques choisir, lis mon article sur la culotte menstruelle remboursée.
Et les culottes menstruelles que tu as déjà ?
Pas besoin de tout jeter ce soir. Une culotte jetée trop tôt, c'est aussi un gâchis. Et personne ne sait mesurer ce qu'elle t'apporte vraiment en PFAS.
Ne compte pas non plus sur la machine à laver. Au lavage, une partie des PFAS part dans l'eau, puis dans les eaux usées. Laver une culotte traitée ne la rend pas sans PFAS.
Mon conseil : pose à ta marque la question du fluor total. Si elle ne sait pas répondre, remplace tes culottes au fur et à mesure qu'elles s'usent, par des modèles vérifiés. Les jours de gros flux, la cup peut prendre le relais, si elle te convient. Et si tes règles te semblent très abondantes, lis d'abord ce qui peut se cacher derrière des règles abondantes.
Ce que la naturopathie apporte face aux perturbateurs endocriniens
La culotte n'est qu'une pièce du puzzle. En consultation, je regarde tout ce qui entre dans ton quotidien, et ce que ton cycle en dit. Voici comment on s'y prend, ensemble :
- On fait le tour de tes expositions. Ta cuisine, ton eau, tes cosmétiques, tes protections, ton travail. Un état des lieux, sans liste qui fait peur.
- On choisit les trois changements qui comptent le plus pour toi. Une femme en projet de grossesse n'a pas les mêmes priorités qu'une femme en périménopause.
- On regarde ta cuisine de près. L'assiette reste la première porte d'entrée des PFAS. Les poêles antiadhésives abîmées et les emballages de plats gras sont des cibles faciles.
- On prend soin de ton cycle en parallèle. Ton sommeil, ton assiette, ton stress. C'est le cœur de mon travail.
Où s'arrête mon rôle
Je ne mesure pas les PFAS dans ton sang. Et aucune cure ne les fait disparaître du corps : une gélule « détox PFAS » ne tient pas ses promesses. Mon travail, c'est de t'aider à en faire entrer moins, et de soutenir ton équilibre hormonal.
Tu veux faire le tri sans tout changer d'un coup ? On regarde ensemble ce qui compte vraiment dans ton quotidien, et on prend soin de ton cycle.
Prendre rendez-vousQuestions fréquentes
Voici ce qu'on me demande le plus souvent sur les culottes menstruelles et les PFAS.
La cup menstruelle contient-elle des PFAS ?
C'est la protection lavable la moins concernée dans l'étude de 2025. Une cup est en silicone. Elle n'a pas de tissu à rendre étanche, donc moins de raisons d'y ajouter des PFAS. Elle peut prendre le relais les jours de gros flux, si elle te convient. Mais elle a ses propres règles d'usage. Elle se porte à l'intérieur, et la durée de port indiquée sur la notice est à respecter, pour limiter le risque de choc toxique. La taille compte aussi, selon ton flux et ton âge. Ta pharmacienne ou ta sage-femme peut t'aider à la choisir, et à la poser les premières fois.
Une culotte menstruelle en coton bio est-elle forcément sans PFAS ?
Pas forcément. Une culotte menstruelle superpose plusieurs couches, et le coton bio concerne surtout la première, celle qui touche ta peau. C'est une bonne chose, puisque c'est la couche en contact direct avec ta vulve. Mais les PFAS, quand il y en a, servent surtout à rendre étanche la couche anti-fuite. Et cette couche-là est souvent synthétique. Une culotte peut donc être en coton bio dessus et traitée dessous. Pour trancher, cherche le label Oeko-Tex Standard 100 sur la culotte entière. Ou demande à la marque ses analyses du fluor, couche par couche. Une marque sûre de son produit te les donnera.
Existe-t-il une liste des marques de culottes menstruelles avec PFAS ?
Non, il n'existe pas de liste officielle en France. À ma connaissance, aucune autorité française n'a publié d'analyse des culottes pour les PFAS. Tu verras passer des listes sur les réseaux sociaux, parfois avec des noms de marques en gros. Méfie-toi de celles qui ne montrent aucune analyse de laboratoire. Une marque peut aussi changer de tissu ou de fournisseur d'une année à l'autre, et une liste figée vieillit vite. Le plus fiable reste de vérifier le modèle que tu achètes : le numéro du label Oeko-Tex, à taper sur son site, et les résultats d'analyse que la marque peut te montrer.
Culotte menstruelle pour ado : quelles précautions ?
Les mêmes repères, avec une bonne nouvelle en plus. Les moins de 26 ans peuvent se faire rembourser deux protections lavables par an en pharmacie, sans ordonnance. Les modèles remboursés existent en tailles ado, et portent tous le label Oeko-Tex Standard 100. Leur couche au contact de la peau est en coton bio ou en lyocell. Pour une première culotte, c'est donc le choix le plus simple, et le moins cher. Prévois-en plusieurs, pour tenir tout le cycle sans stress, y compris au collège ou au lycée. Et montre-lui comment la rincer à l'eau froide avant de la laver : c'est la base de l'entretien, et ça évite bien des taches.
Une culotte « sans PFAS » peut-elle en contenir quand même ?
Oui, des traces. Les PFAS sont partout dans l'environnement : dans l'eau, l'air, la poussière. L'étude de 2025 en a trouvé à faible dose sur la plupart des échantillons, sans doute par contamination. Lis donc « sans PFAS » comme « sans PFAS ajoutés » : zéro trace, personne ne peut le garantir. La loi française tolère d'ailleurs des traces minuscules dans les vêtements. Ce qui compte, c'est l'ajout volontaire, celui qui rend la couche anti-fuite étanche. Il laisse beaucoup plus de fluor, et c'est ce que les chercheurs repèrent. Le label et les analyses de la marque servent justement à l'écarter.
Les sources de cet article
Tout ce qui est chiffré ou médical dans cet article vient de ces sources, classées par thème.
L'étude de 2025 sur les protections lavables
- Wicks A., Venier M., Peaslee G. et coll., Environmental Science & Technology Letters, juillet 2025 : doi.org/10.1021/acs.estlett.5c00553. L'étude elle-même.
- Université de Notre Dame, communiqué des chercheurs (juillet 2025) : news.nd.edu. Il appuie les 323 couches analysées, la part des culottes (un tiers) et des serviettes lavables (un quart) avec un ajout volontaire probable, et la conclusion sur une fabrication sans PFAS.
- Indiana University, communiqué (juillet 2025) : oneill.indiana.edu. Il appuie la provenance des produits, les produits sans ajout volontaire dans chaque catégorie et le passage des PFAS dans l'eau au lavage.
- Technology Networks, juillet 2025 : technologynetworks.com. Il appuie les résultats plus faibles des cups et l'incertitude sur le passage par la peau.
Les alertes précédentes
- ABC News, Good Morning America, 2023 : goodmorningamerica.com. L'accord conclu par Thinx en janvier 2023 et son engagement à ne plus ajouter de PFAS.
- Marion Vallet et Dr Sophie Saab-Tsnobiladzé, Cycle féminin au naturel, Leduc, 2022, p. 221 et 222 : l'appel à la vigilance sur les culottes menstruelles, et le risque de choc toxique avec la cup.
- ANSES, « Les protections intimes sont-elles sans danger pour les femmes ? » : anses.fr. Les produits évalués en 2018, sans les culottes.
Les PFAS et la santé
- ANSES, « PFAS : des substances chimiques persistantes » (mise à jour d'octobre 2025) : anses.fr. Les effets sur la santé et les principales sources d'exposition.
- Centre international de recherche sur le cancer, communiqué du 1er décembre 2023 : iarc.who.int. Le classement du PFOA et du PFOS.
- Santé publique France, étude Esteban (2019) : santepubliquefrance.fr. Le PFOA et le PFOS retrouvés chez 100 % des adultes et des enfants.
- Ding N. et coll., Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2020 (étude SWAN), présentée par l'Endocrine Society : endocrine.org. La ménopause environ deux ans plus tôt chez les femmes les plus exposées.
- Haimbaugh A. et coll., International Journal of Environmental Research and Public Health, 2024 : doi.org/10.3390/ijerph21121615. Une revue des études sur les PFAS, la fertilité, la ménopause et le cycle.
- Caporossi L. et coll., International Journal of Environmental Research and Public Health, 2021 : doi.org/10.3390/ijerph18020532. L'absence de lien démontré avec l'endométriose.
- Ragnarsdóttir O. et coll., Environment International, 2024 : doi.org/10.1016/j.envint.2024.108772. Le passage des PFAS à travers des modèles de peau humaine.
- Wong F. et coll., Environmental Science & Technology, 2014 : doi.org/10.1021/es500796y. L'élimination du PFOS par les règles, et sa demi-vie d'environ quatre ans chez la femme.
La loi, le label et le remboursement
- Loi n° 2025-188 du 27 février 2025, article L. 524-1 du code de l'environnement : legifrance.gouv.fr. Les produits interdits en 2026, puis en 2030.
- Décret n° 2025-1376 du 28 décembre 2025 : legifrance.gouv.fr. Les seuils et la vente des stocks.
- Ministère de la Transition écologique, foire aux questions sur la loi PFAS (mai 2026) : ecologie.gouv.fr. Les culottes de règles n'y sont pas mentionnées.
- Arrêté du 6 août 2026 : legifrance.gouv.fr. Le cahier des charges des culottes remboursées : trois couches, coton bio ou lyocell, label Oeko-Tex, absorption, tailles et prix.
- Service-public.fr, « Les protections hygiéniques réutilisables remboursées à partir du 1er octobre » : service-public.gouv.fr. Qui peut en bénéficier.
- Assurance maladie, communiqué du 28 septembre 2026 : ameli.fr. Le taux de 60 %, la carte Vitale et l'absence d'ordonnance.
- OEKO-TEX, nouvelles règles 2023 et outil Label Check : oeko-tex.com et oeko-tex.com/label-check. L'interdiction des PFAS et la vérification d'un label.
Pour aller plus loin
Avançons ensemble
Les perturbateurs endocriniens, on ne peut pas tous les éviter. On peut en revanche faire les bons choix, dans le bon ordre. On en parle ?
Prenons rendez-vous