L'essentiel en 30 secondes

  • La thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune : le système immunitaire s'en prend à la glande elle-même, qui s'épuise lentement et bascule vers l'hypothyroïdie.
  • Elle est 5 à 10 fois plus fréquente chez la femme que chez l'homme, et c'est la première cause d'hypothyroïdie.
  • On vit très bien avec, une fois le traitement équilibré et le terrain soutenu. De nettes améliorations sont possibles sur le confort au quotidien.
  • L'iode est le piège numéro un. Une étude du New England Journal of Medicine montre que la thyroïdite auto-immune augmente avec l'apport en iode.
  • Le sélénium fait baisser les anticorps dans plusieurs essais, mais baisser les anticorps n'est pas la même chose que se sentir mieux. Je te dis pourquoi.

Ton médecin a prononcé ce mot un peu impressionnant : Hashimoto. Ou tu as vu écrit « anticorps anti-TPO élevés » sur un bilan, et tu ne sais pas trop ce que ça veut dire. Respire. C'est fréquent, c'est bien connu, et il y a beaucoup à comprendre et à soutenir autour.

Je suis Perrine, naturopathe spécialisée en santé féminine, et je vis moi-même avec une hypothyroïdie. Ici, pas de jargon ni de raccourci. De quoi comprendre ce qu'est cette maladie auto-immune, ce qu'on peut réellement en attendre, ce que la médecine fait, et où l'hygiène de vie peut vraiment aider, à côté de ton suivi médical.

Thyroïdite de Hashimoto : l'auto-immunité de la thyroïde

La thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune : ton système immunitaire, qui devrait te défendre, se trompe de cible et s'attaque à ta propre thyroïde. À force, la glande s'enflamme, se fatigue, et produit de moins en moins d'hormones. C'est pour cela que Hashimoto évolue, avec le temps, vers l'installation d'une hypothyroïdie, dont elle est la première cause chez la femme.

Le début est souvent silencieux. La thyroïde peut gonfler en un goitre indolore, et l'échographie y trouve souvent des nodules à l'échographie, ce qui inquiète alors qu'ils font partie du tableau. On repère cette auto-immunité par des marqueurs sanguins : les anticorps anti-TPO et, plus rarement, les anti-thyroglobuline. Le fonctionnement général de la glande est expliqué dans le dossier principal.

Voici ce qu'on sait de Hashimoto.

5 à 10 foisplus fréquente chez la femme que chez l'homme (Dr Philippe Veroli)
1re caused'hypothyroïdie dans la population
20 à 50 %des cas seulement s'accompagnent d'un goitre, il est loin d'être constant
Pic après 50 ans, avec un second pic à la puberté

Quels sont les symptômes de la thyroïdite de Hashimoto ?

Au début, Hashimoto peut ne rien donner de visible, ou juste ce goitre discret. Puis, au fil du basculement vers l'hypothyroïdie, apparaissent les signes d'une thyroïde au ralenti : fatigue de fond, frilosité, prise de poids qui résiste, peau sèche, cheveux qui tombent, constipation, moral en berne, cycles perturbés, paupières enflées au réveil.

Ce qui évoque HashimotoCe qui relève d'un autre terrain
Anticorps anti-TPO élevés au bilanAnti-TPO négatifs
Goitre indolore à la base du couPas de gonflement de la glande
Signes d'hypothyroïdie qui s'installentFatigue isolée, sans autre signe durable
Terrain auto-immun, parfois familialPas d'antécédent auto-immun

Hashimoto, hypo ou hyper ?

C'est une question qui revient souvent, parce que le début de la maladie peut dérouter. En s'attaquant à la thyroïde, le système immunitaire peut la faire libérer d'un coup ses réserves d'hormones. Le tableau ressemble alors à un tableau d'hyperthyroïdie : palpitations, nervosité, chaleur, amaigrissement. Cette phase est transitoire, et la maladie bascule ensuite vers le ralentissement.

Ce n'est donc pas une contradiction si ton bilan a montré une TSH basse un jour et haute quelques mois plus tard. C'est le cours habituel de la maladie, et c'est au médecin de le lire.

Le ventre, la digestion et Hashimoto

Beaucoup de femmes décrivent un ventre gonflé, une digestion lente, une alternance de transit. Deux choses se mélangent : l'hypothyroïdie ralentit le transit à elle seule, et le terrain auto-immun s'accompagne souvent d'une hyperperméabilité intestinale, ce qu'on appelle parfois l'intestin poreux. La barrière intestinale laisse passer ce qu'elle ne devrait pas, ce qui entretient l'agitation du système immunitaire.

C'est un des rares endroits où le travail naturopathique a un vrai terrain de jeu, sur le microbiote, l'assiette et l'inflammation de fond.

Femme en pull, repliée dans un fauteuil
Ventre gonflé et digestion lente font partie du tableau, sans en être la cause unique

Hashimoto, à quoi peut-on s'attendre ?

C'est la question qui revient le plus, souvent formulée avec beaucoup d'angoisse, parfois jusqu'à l'espérance de vie. Alors autant y répondre franchement.

Hashimoto ne se répare pas, elle s'équilibre. Une maladie auto-immune ne disparaît pas parce qu'on a bien mangé pendant six mois. En revanche, une fois le traitement ajusté et le terrain soutenu, la vie reprend son cours normal, et de nettes améliorations sont possibles sur la fatigue et le poids, la digestion et le moral. Ce n'est pas une petite promesse : c'est exactement ce qui change le quotidien.

Sur l'espérance de vie, je préfère être claire : je n'ai trouvé aucun chiffre dans les sources institutionnelles françaises, parce que la question ne se pose pas dans ces termes pour une hypothyroïdie traitée. Ce qui compte, c'est le suivi. Une hypothyroïdie laissée sans prise en charge, elle, expose à des complications cardiovasculaires et à un état dépressif, comme le rappelle l'Assurance Maladie.

Méfie-toi des témoignages miracles

Tu vas croiser des récits promettant que tel régime ou tel protocole a fait disparaître la maladie. Les anticorps peuvent effectivement baisser, parfois beaucoup, et c'est une vraie bonne nouvelle. Mais des anticorps qui baissent ne signifient pas une thyroïde réparée, et arrêter un traitement sur la foi d'un témoignage est le vrai danger de tout ce champ. Toute décision sur ton traitement appartient à ton médecin.

L'iode, le piège numéro un

C'est le point le plus important de cette page, et il est contre-intuitif. L'iode est la brique de fabrication des hormones thyroïdiennes, donc l'idée d'en prendre « pour aider sa thyroïde » paraît logique. En Hashimoto, elle est risquée.

L'étude de référence est celle de *Teng et coll., publiée dans le New England Journal of Medicine en 2006, qui a suivi trois régions de Chine ayant des apports en iode très différents, avec des iodures urinaires moyens de 84 à 88, 214 à 243 et 634 à 651 µg/L. Résultat : l'hypothyroïdie patente, l'hypothyroïdie fruste et la thyroïdite auto-immune augmentent à mesure que l'apport en iode augmente*.

Une nuance mérite d'être dite, parce qu'elle change l'interprétation : dans cette étude, l'incidence cumulée de nouveaux anticorps élevés n'était pas significativement différente entre les trois cohortes. L'excès d'iode semble surtout accélérer le basculement vers une thyroïdite chez celles qui ont déjà des anticorps, plutôt que de créer l'auto-immunité de zéro. Autrement dit : si tu as des anti-TPO élevés, tu es précisément dans le groupe concerné.

Concrètement, ça veut dire quoi

Pas d'iode en gélules, pas de cure d'algues, pas de complexe « spécial thyroïde », pas de complément marin concentré, sans en avoir parlé à ton médecin. Le statut en iode se dose d'abord. Cette prudence vaut pour toute plante ou complément, à valider selon ton terrain et ton traitement. Le détail est dans le dossier l'iode quand la thyroïde est auto-immune.

Le sélénium aide-t-il vraiment dans Hashimoto ?

Le sélénium est le complément le plus associé à Hashimoto, et c'est aussi celui sur lequel on lit le plus d'approximations. Voilà l'état réel des choses.

Il y a un signal net sur les anticorps. Une méta-analyse récente portant sur 21 études et 1 610 personnes trouve une baisse significative des anticorps anti-TPO après supplémentation en sélénium, à 3 et à 6 mois. Les anticorps anti-thyroglobuline baissent à 3 mois, mais l'effet ne tient plus à 6 mois. Un essai contrôlé randomisé retrouve une baisse des anti-TPO, des anti-TG et de la TSH.

Il y a aussi des résultats discordants. La revue Cochrane consacrée au sujet reste réservée, et un essai quasi-randomisé ne retrouve aucune différence sur les anti-TPO à 3 ni à 6 mois.

Et surtout, il y a le point que presque personne n'écrit : baisser les anticorps n'est pas la même chose que se sentir mieux. Les études mesurent des marqueurs biologiques, pas ta fatigue. Aucune ne démontre à ce jour qu'un taux d'anti-TPO qui descend se traduit par un bénéfice clinique durable.

Ce que j'en fais en pratique : je regarde le statut en sélénium plutôt que de supplémenter par principe, le statut optimal se situant autour de 120 µg/L (Troubles hormonaux : reprenez le pouvoir). La noix du Brésil reste la source alimentaire la plus riche, à raison de 2 à 4 par jour selon le déficit (combien de noix du Brésil par jour), sachant qu'une seule peut couvrir les besoins quotidiens puisque certaines contiennent près de 100 µg. Au-delà, l'excès de sélénium donne fatigue marquée, chute de cheveux, ongles abîmés et diarrhée chronique (Les Pouvoirs de l'iode), soit le tableau même qu'on cherchait à améliorer. Toute supplémentation se valide avec le médecin.

Épinards frais couverts de gouttes d'eau
Le statut en micronutriments se regarde avant de supplémenter, jamais l'inverse

Un traitement bien réglé et pourtant toujours au ralenti ? Iode, sélénium, digestion, vrai repos : c'est là que mon travail commence, à côté de ton médecin.

Parler de ma thyroïde

Soutenir son terrain au naturel

Une chose d'abord : Hashimoto se suit avec un médecin. Si une hypothyroïdie s'installe, la lévothyroxine se prescrit et s'ajuste par lui, et la naturopathie ne la remplace jamais. Ce qu'elle peut faire, c'est apaiser le terrain auto-immun et inflammatoire autour. Ici, tu as les directions de fond. Le détail des quantités se règle sur ton bilan, en accompagnement.

Ce qui relève du médecinCe que je peux accompagner
Doser les anti-TPO, la TSH, la T4 libreRegarder ton statut en micronutriments avec toi
Décider de traiter, et à quelle doseTravailler l'intestin et le microbiote
Surveiller l'évolution dans le tempsTester l'éviction du gluten sans dogmatisme
Suivre une grossesse sous traitementCalmer l'inflammation de fond et le stress

Les cofacteurs à explorer

Au-delà du sélénium, la vitamine D mérite qu'on surveille son statut, son manque étant associé aux maladies auto-immunes. Le zinc et le fer restent des cofacteurs utiles de la conversion de la T4 en T3. Là encore, on dose avant de supplémenter.

Le gluten, à tester sans dogmatisme

Beaucoup de femmes concernées se sentent mieux en testant l'éviction du gluten, sur fond de lien entre intestin poreux et auto-immunité. C'est une piste qui vaut la peine d'être essayée, sans en faire une règle universelle. On individualise, on n'impose rien, et on ne se prive pas au point de déséquilibrer son assiette. Les régimes « spécial Hashimoto » qui circulent sur internet sont souvent bien plus restrictifs que nécessaire.

Calmer l'inflammation et le stress

Comme toute maladie auto-immune, Hashimoto s'apaise sur un fond anti-inflammatoire : les oméga-3 (petits poissons gras, lin, noix), une assiette colorée et peu transformée, le soin du microbiote. Le stress chronique, lui, entretient l'inflammation et détourne la conversion de la T4 vers une forme inactive : la cohérence cardiaque, le repos, des nuits qui tiennent vraiment la route font partie du travail de fond.

Attention aux plantes « immunostimulantes »

Sur un terrain auto-immun, tout ce qui stimule l'immunité est à manier avec précaution, échinacée en tête. L'ashwagandha, très populaire pour la thyroïde, est également à discuter avec ton médecin plutôt qu'à prendre sur la foi d'un forum. En auto-immunité, le but est d'apaiser le système immunitaire, pas de le réveiller.

LevierComment il agitOù le trouver
SéléniumSignal sur les anticorps, statut à doser d'abordNoix du Brésil, poissons
Vitamine DUn statut correct soutient l'immunitéSoleil, poissons gras, dosage à surveiller
Éviction de gluten (à tester)Peut apaiser le terrain auto-immunSelon ressenti, sans dogmatisme
Oméga-3, assiette anti-inflammatoireCalment l'inflammation de fondPetits poissons gras, lin, noix, couleurs
Gestion du stress, sommeilProtègent la conversion en T3 activeCohérence cardiaque, nuits régulières
Femme en chemisier blanc, posture confiante
Une fois le traitement équilibré et le terrain soutenu, la vie reprend son cours

Hashimoto ouvre-t-il des droits au travail ?

C'est une question pratique qui revient souvent et dont personne ne parle. Une thyroïdite de Hashimoto bien équilibrée n'a en général aucune conséquence sur la vie professionnelle. Les périodes difficiles existent, en particulier le temps de trouver le bon dosage, et un arrêt de travail relève alors de ton médecin traitant, comme pour toute autre situation.

Pour les formes plus lourdes ou les maladies auto-immunes associées, une reconnaissance de travailleur handicapé peut se discuter avec le médecin du travail et la MDPH. Ce n'est ni automatique ni lié au diagnostic de Hashimoto en lui-même : ça dépend du retentissement réel sur ton quotidien.

Ce qui a sa place ici, et ce qui n'en a pas

Sur un terrain auto-immun, la logique n'est pas de stimuler la glande mais de calmer ce qui l'attaque. C'est une différence de fond avec une hypothyroïdie simple, et elle change la liste.

Ce qui a sa place :

  • Le sélénium, le mieux documenté sur ce terrain précis, à la fois pour la conversion des hormones et pour la protection de la glande.
  • La vitamine D, dont le manque favorise les maladies auto-immunes, et qui est très souvent basse.
  • Le zinc, sans lequel la conversion de la T4 en T3 est tout simplement impossible.
  • Les oméga-3, sur l'inflammation de fond.
  • Le magnésium et le cuivre, également nécessaires à cette conversion.
  • Le travail sur l'intestin : L-glutamine, probiotiques ciblés, quercétine, parce que le lien entre perméabilité intestinale et auto-immunité est au cœur du sujet.
  • Les adaptogènes calmants et les plantes du stress, rhodiola, passiflore, magnésium avec la vitamine B6, puisque le stress chronique entretient l'emballement immunitaire.

Ce que j'écarte ou que je fais valider :

  • L'iode en complément, et les algues qui en contiennent (laminaire, fucus, varech, kelp). C'est le piège numéro un de ce terrain : un excès d'iode peut entretenir ou aggraver l'auto-immunité.
  • L'ashwagandha, le guggul et le coleus forskohlii, qui stimulent une glande déjà attaquée. Ce n'est pas un interdit absolu, c'est une décision médicale.

Ce que je peux vraiment soutenir sur un terrain auto-immun

C'est la page du dossier où l'écart entre « ton bilan est bon » et « je ne me sens pas bien » est le plus fréquent.

Ce que je vois en consultation

Des femmes traitées, équilibrées, et qui tournent quand même au ralenti. On leur a dit que c'était réglé. Dans les faits, le traitement corrige le dosage hormonal, il ne calme pas le terrain auto-immun ni ne recharge les réserves épuisées. Quand je reprends l'assiette, le fer, la vitamine D, le sommeil et la charge de stress, beaucoup décrivent une différence en quelques mois, sur le confort, jamais sur les anticorps.

Ce sur quoi je travaille : les cofacteurs de la glande apportés par l'assiette, le fer et la vitamine D relus en tendances, la digestion, et tout ce qui abaisse la pression sur un système immunitaire déjà sollicité, sommeil en tête.

Qui fait quoi

Je ne prescris rien et je ne touche jamais à ta lévothyroxine. Je ne promets ni baisse des anticorps, ni rémission, ni disparition de la maladie : ce serait malhonnête.

L'iode est le piège numéro un ici. Un excès peut dérégler la glande et entretenir l'auto-immunité. On ne se supplémente jamais à l'aveugle, et jamais sans vérifier le statut avec un professionnel de santé.

Ce que je travaille, c'est le terrain autour : les cofacteurs de la conversion, la digestion et la perméabilité intestinale, la vitamine D, la charge de stress. C'est ce qui explique qu'à bilan identique, deux femmes ne se sentent pas pareil.

Avant le traitement, et avec

Avant. Beaucoup de femmes découvrent des anticorps élevés avec une thyroïde encore fonctionnelle, et repartent avec une simple surveillance. Ce temps-là se travaille : la vitamine D, le sélénium, la perméabilité intestinale, la charge de stress, un statut en iode vérifié avant toute supplémentation. On ne promet pas de faire baisser les anticorps, on soutient un terrain auto-immun, et c'est déjà un vrai chantier.

Avec. Une fois la lévothyroxine en place, la maladie reste auto-immune. Le traitement remplace l'hormone manquante, il ne change rien à l'inflammation de fond, à la digestion ni à la fatigue résiduelle. C'est là que le travail continue.

Quand consulter, et ce qu'on travaille en parallèle

Hashimoto se diagnostique et se suit avec un médecin. C'est lui qui dose tes anticorps et ta TSH, et qui prescrit un traitement si l'hypothyroïdie s'installe.

Consulte sans attendre devant une fatigue et une frilosité qui s'installent, un goitre qui grossit, une gêne pour avaler, un projet de grossesse, ou des symptômes qui persistent malgré un traitement. Ne modifie jamais seule un traitement thyroïdien, et signale à ton médecin tout complément que tu envisages, l'iode en premier lieu.

Ce qui se travaille vraiment ici : les cofacteurs de ton assiette, ton fer, tes nuits et ta charge de stress. Pas les anticorps, et je ne promets rien là-dessus. On en parle →

Questions fréquentes

Les questions que se posent la plupart des femmes dans les semaines qui suivent un diagnostic de Hashimoto.

Quels sont les symptômes de la thyroïdite de Hashimoto ?

Au début, souvent aucun, ou juste un goitre indolore à la base du cou. Les symptômes apparaissent quand la glande s'épuise et que l'hypothyroïdie s'installe : fatigue de fond, frilosité, prise de poids qui résiste, peau sèche, cheveux secs et cassants, constipation, moral bas, difficultés de concentration, cycles irréguliers, paupières enflées au réveil. Certaines femmes traversent d'abord une phase courte où la thyroïde libère ses réserves et donne au contraire des palpitations et de la nervosité. Seule une prise de sang avec dosage des anticorps anti-TPO permet de trancher. Le début est insidieux, souvent sur plusieurs années. Beaucoup de femmes datent après coup leurs premiers signes bien avant le diagnostic, sans avoir su les relier.

Hashimoto est-elle une maladie grave ?

Non, au sens où elle se surveille et se compense très bien. Une maladie auto-immune ne disparaît pas, mais une fois le traitement ajusté et le terrain soutenu, la vie reprend son cours et de nettes améliorations sont possibles sur la fatigue, le poids et la digestion. Ce qui pose problème, c'est une hypothyroïdie laissée sans prise en charge : l'Assurance Maladie cite alors un risque cardiovasculaire et un état dépressif. Autrement dit, l'enjeu n'est pas la maladie en elle-même, c'est de la suivre. C'est la première cause d'hypothyroïdie en France. Bien suivie et bien traitée, elle n'écourte pas la vie et n'empêche ni de travailler, ni d'avoir des enfants.

Peut-on faire baisser ses anticorps anti-TPO ?

Plusieurs essais montrent que oui, notamment avec le sélénium : une méta-analyse portant sur 21 études et 1 610 personnes retrouve une baisse significative des anti-TPO à 3 et 6 mois. Mais d'autres travaux, dont une revue Cochrane, sont plus réservés, et un essai quasi-randomisé ne retrouve rien. Surtout, aucune étude ne démontre qu'un taux d'anticorps qui descend se traduit par un bénéfice clinique durable. Faire baisser un chiffre et se sentir mieux sont deux choses différentes, et c'est la deuxième qui compte pour toi. Le taux d'anticorps ne guide pas le traitement et ne se recontrôle pas tous les trois mois. Ce qui compte pour le suivi, c'est la TSH et la façon dont tu te sens.

Faut-il arrêter le gluten quand on a Hashimoto ?

Ce n'est pas une obligation. Beaucoup de femmes se sentent mieux en le testant, sur fond de lien entre intestin poreux et auto-immunité, mais c'est très individuel. On essaie sur quelques semaines, on observe honnêtement, et on ne se prive pas au point de déséquilibrer son assiette. Méfie-toi des régimes « spécial Hashimoto » très restrictifs qui circulent en ligne : plus une éviction est large, plus le risque de carence augmente, et rien ne dit qu'elle soit nécessaire pour toi. Le lien est établi avec la maladie cœliaque, qui est plus fréquente en cas de thyroïdite auto-immune. Il vaut donc mieux la dépister que retirer le gluten à l'aveugle.

Puis-je prendre de l'iode pour aider ma thyroïde ?

C'est justement le piège à éviter. Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine en 2006 a suivi trois régions de Chine aux apports en iode très différents et montré que la thyroïdite auto-immune augmente à mesure que l'apport en iode augmente. L'excès d'iode semble surtout accélérer le basculement vers une thyroïdite chez les personnes qui ont déjà des anticorps, ce qui est exactement ta situation si tes anti-TPO sont élevés. Donc pas d'iode, pas de cure d'algues, pas de complexe « spécial thyroïde » sans avis médical. Dans une thyroïdite active, un apport supplémentaire d'iode peut relancer l'auto-immunité. C'est le garde-fou le plus important de cette page, et le plus souvent ignoré.

Hashimoto, c'est de l'hypothyroïdie ou de l'hyperthyroïdie ?

De l'hypothyroïdie, à terme. Mais le début peut dérouter : en attaquant la glande, le système immunitaire peut lui faire libérer d'un coup ses réserves d'hormones, ce qui donne pendant quelques semaines un tableau d'hyperthyroïdie, avec palpitations, nervosité et chaleur. Cette phase est transitoire et laisse ensuite place au ralentissement. Ce n'est donc pas contradictoire si ta TSH a été basse un jour et haute quelques mois plus tard, c'est le cours habituel de la maladie. Certaines femmes traversent d'abord une phase brève d'hyperthyroïdie, appelée hashitoxicose, quand la glande enflammée libère d'un coup ses réserves d'hormones. Cette phase est transitoire et l'évolution se fait ensuite vers le ralentissement, ce qui explique que le même diagnostic recouvre deux vécus opposés.

Peut-on avoir Hashimoto avec une TSH normale ?

Oui, et c'est même fréquent au début. Les anticorps anti-TPO peuvent être élevés des années avant que la thyroïde ne fatigue assez pour faire bouger la TSH. On parle alors de thyroïdite auto-immune sans dysfonction hormonale. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a rien : cela veut dire que la surveillance a du sens, et que le terrain mérite d'être soutenu dès maintenant. La fréquence des contrôles se décide avec ton médecin. C'est fréquent au début. La glande compense encore, la TSH reste dans les normes, et seuls les anticorps témoignent du processus déjà en cours. C'est aussi pour cela qu'un dosage isolé de la TSH ne suffit pas à écarter une thyroïdite quand les signes sont là.

La naturopathie peut-elle remplacer mon traitement ?

Non, jamais. Si une hypothyroïdie s'est installée, la lévothyroxine relève du médecin, et arrêter un traitement thyroïdien sur la foi d'un témoignage lu en ligne est le vrai risque de ce sujet. Ce que la naturopathie apporte vient à côté : le travail sur l'intestin et le microbiote, le statut en micronutriments, le test du gluten sans dogmatisme, l'inflammation de fond, le stress et le sommeil. C'est un accompagnement de terrain, en lien avec ton médecin. Non. Ce que je regarde avec toi, c'est la digestion, le statut en fer et en vitamine D, le sommeil et la charge de stress, tous documentés comme des facteurs de terrain.

Les sources de cette page

Ce que tu viens de lire croise des références institutionnelles et les ouvrages de ma bibliothèque professionnelle.

  • Teng W. et coll., « Effect of Iodine Intake on Thyroid Diseases in China », New England Journal of Medicine, 2006 : trois cohortes aux apports en iode croissants, augmentation de l'hypothyroïdie et de la thyroïdite auto-immune avec l'apport en iode.
  • Méta-analyses et essais sur le sélénium dans la thyroïdite de Hashimoto : méta-analyse de 21 études et 1 610 sujets (baisse des anti-TPO à 3 et 6 mois), revue Cochrane de van Zuuren et coll. (2013, conclusions réservées), essais randomisés aux résultats discordants.
  • ameli.fr, l'Assurance Maladie : symptômes de l'hypothyroïdie, définition de la forme fruste, complications d'une hypothyroïdie non prise en charge.
  • Dr Philippe Veroli, Thyroïde, les solutions naturelles, Thierry Souccar Éditions : fréquence chez la femme, fréquence du goitre, physiologie et cofacteurs.
  • Guénaëlle Abéguilé, Troubles hormonaux, reprenez le pouvoir !, Résurgence : statut optimal en sélénium (120 µg/L) et repère de 2 à 4 noix du Brésil par jour.
  • Dr Vincent Reliquet, Les Pouvoirs de l'iode, Guy Trédaniel éditeur : teneur en sélénium des noix du Brésil et signes d'un excès de sélénium.

Le détail de mes références est sur la page sources du site.

Mentions importantes

Médecine et naturopathie travaillent ensemble. Le diagnostic et le traitement appartiennent à ton médecin. Le terrain qui entretient tes symptômes, l'assiette, le sommeil, la digestion, la charge nerveuse, c'est mon domaine, et il pèse autant sur ton quotidien. Rien de ce que tu lis ici n'est un diagnostic ni un traitement, et je ne te demanderai jamais d'arrêter ou de modifier un suivi médical. En cas de doute ou de symptôme, parles-en à ton médecin.

Avançons ensemble

Si tu vis avec une thyroïdite de Hashimoto et que tu veux comprendre comment soutenir ton terrain auto-immun au quotidien, on peut en parler. Ensemble, à côté de ton suivi médical, on regarde ton intestin, ton assiette, ton stress et tes cofacteurs pour t'aider à retrouver un meilleur équilibre.

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