En bref

  • SOPK devient SMOP : Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien. Changement validé le 12 mai 2026 par un processus mondial coordonné par l'université Monash avec l'AE-PCOS Society et 56 organisations.
  • « Polykystique » était faux : ce qu'on voit à l'échographie, ce sont des follicules immatures, pas des kystes.
  • Le nouveau nom recentre sur la réalité : un trouble hormonal et métabolique global, qui touche plusieurs glandes, pas seulement les ovaires.
  • Le diagnostic ne change pas (critères de Rotterdam), et si tu es déjà diagnostiquée, tu n'as rien à refaire.

Tu as peut-être vu passer l'info, ou ton médecin a employé un mot que tu ne connaissais pas. Le syndrome des ovaires polykystiques change de nom et devient le SMOP. Ce n'est pas un caprice de vocabulaire médical : le vieux nom était trompeur, il a retardé des diagnostics et fait passer des femmes à côté de la vraie nature de ce qu'elles vivaient. Elle se rattache à la page qui réunit tout le dossier, où tu retrouveras l'ensemble du sujet.

Le SMOP, c'est quoi ? La maladie et ses symptômes en deux minutes

Avant de décortiquer le nom, la réponse courte, pour celles qui arrivent ici en tapant « SMOP maladie » sans savoir de quoi il s'agit.

Le SMOP est le nouveau nom du SOPK, le syndrome des ovaires polykystiques. C'est le trouble hormonal le plus fréquent chez la femme en âge d'avoir des enfants. Ce n'est pas une maladie qu'on attrape, ni qui se guérit : c'est un terrain hormonal et métabolique qui s'exprime différemment d'une femme à l'autre.

Ses symptômes les plus courants : des cycles longs, irréguliers ou absents, une pilosité qui apparaît sur des zones habituellement glabres, une acné installée sur le bas du visage, des cheveux qui s'affinent sur le dessus du crâne, une fatigue tenace, des difficultés à perdre du poids, et souvent des difficultés à concevoir. Aucune femme ne les a tous, et c'est bien ce qui rend le diagnostic si long. Le détail est sur la page mère du dossier SMOP et sur le parcours qui mène au diagnostic.

Côté traitement, disons-le franchement : il n'existe pas de traitement qui fasse disparaître le syndrome. Ce qui existe, ce sont des prises en charge des symptômes, côté médical, et un travail de fond sur les causes qui l'alimentent, côté hygiène de vie. C'est là que j'interviens, en complément et jamais à la place.

Que veut dire SMOP, mot par mot ?

SMOP veut dire Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien. En anglais, PMOS, pour Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome. Le consensus a été publié dans The Lancet et porté par la professeure Helena Teede (université Monash) avec la professeure Terhi Piltonen, présidente de l'AE-PCOS Society. Chaque mot a été choisi pour corriger une erreur du précédent.

Le motCe qu'il dit
SyndromeUn ensemble de signes variable d'une femme à l'autre, pas une maladie unique et identique pour toutes
MétaboliqueLa grande nouveauté : résistance à l'insuline, difficultés de poids, risque accru de diabète de type 2 et sur le plan cardiovasculaire
OvarienLes ovaires restent impliqués (dysovulation, excès d'androgènes) mais ne sont plus l'épicentre unique
PolyendocrinienPlusieurs glandes hormonales concernées : ovaires, pancréas, surrénales, parfois thyroïde
mai 2026, la validation du nouveau nom
56 organisationsprofessionnelles et de patientes, et plus de 22 000 réponses de patientes
170 millionsde femmes concernées dans le monde, soit 1 sur 8

Un diagnostic posé, un nom qui change, et toujours autant de questions ? On fait le point ensemble. On en parle →

Pourquoi « polykystique » était-il une erreur ?

C'est le cœur du sujet, et c'est ce qui a fait le plus de dégâts.

Ce qu'on observe à l'échographie chez les femmes concernées, ce ne sont pas des kystes. Un kyste est une cavité remplie de liquide. Ici, il s'agit de follicules immatures : de petites poches contenant des ovocytes qui n'ont pas pu se développer jusqu'à l'ovulation. Ce n'est pas la même chose, et les femmes concernées n'ont pas plus de vrais kystes ovariens que les autres. Le vrai enjeu est ailleurs, du côté des risques métaboliques à long terme.

Cette confusion a produit trois conséquences très concrètes.

  • Des patientes persuadées d'avoir « une maladie des ovaires », alors qu'il s'agit d'un trouble global qui touche le métabolisme, plusieurs glandes, la peau, le moral.
  • Des diagnostics rejetés à tort : des médecins écartaient l'hypothèse faute d'aspect « polykystique » à l'échographie, alors que ce critère n'est ni obligatoire ni suffisant.
  • Une recherche longtemps centrée sur la fertilité, au détriment du versant métabolique et cardiovasculaire, qui est pourtant celui qui compte sur le long terme.
Utérus stylisé rose sur fond clair
Ce ne sont pas des kystes, mais des follicules immatures

Qu'est-ce que ça change concrètement pour toi ?

Trois situations, selon où tu en es de ton parcours. Dans aucune des trois tu n'as de démarche administrative à faire.

Si tu es déjà diagnostiquée : rien à refaire

C'est la question qui revient le plus. Ton diagnostic reste valable, ton dossier reste valable, tu n'as aucune démarche à entreprendre. Ce qui change, c'est la philosophie de prise en charge, qui s'élargit au-delà des ovaires.

Si tu cherches encore un diagnostic

Le changement joue en ta faveur. Il devrait amener des bilans plus complets que la seule échographie pelvienne, et une attention portée au versant métabolique. C'est important, parce que le sous-diagnostic reste massif : l'Organisation mondiale de la santé estime que jusqu'à 70 % des femmes concernées ne sont pas diagnostiquées. Le dossier sur le diagnostic du SMOP détaille le parcours.

Dans ton suivi au quotidien

Le mot « métabolique » n'est pas décoratif. Il dit que la glycémie, le poids, l'inflammation et la santé cardiovasculaire font partie du sujet, autant que le cycle. C'est exactement ce que travaille l'accompagnement naturopathique : le dossier le versant métabolique est le premier levier.

Pourquoi j'écris SMOP partout sur ce site

Parce que les mots comptent quand on vit avec quelque chose. Dire « polykystique » à une femme, c'est lui faire croire qu'elle a des kystes plein les ovaires, et beaucoup arrivent en consultation avec cette image en tête et l'angoisse qui va avec. Le nouveau nom est plus juste, alors je l'utilise. Si ton médecin dit encore SOPK, c'est normal : les deux coexistent pendant la transition de trois ans prévue jusqu'en 2028, et ils désignent exactement la même chose.

Ce que le nouveau nom corrigeCe qu'il ne change pas
L'idée fausse d'ovaires remplis de kystesLes critères de diagnostic, toujours ceux de Rotterdam
Le focus exclusif sur les ovairesTon dossier médical, qui reste valable
L'oubli du versant métabolique et cardiovasculaireLes prises en charge existantes
Les diagnostics rejetés faute d'image à l'échographieCe que tu vis au quotidien

Ce qui ne change pas

Autant être claire pour éviter les malentendus.

  • Les critères de diagnostic restent ceux de Rotterdam, actualisés par la recommandation internationale de 2023 : deux critères sur trois parmi la dysovulation, l'hyperandrogénie et l'aspect des ovaires ou une AMH élevée.
  • Les prises en charge médicales existantes restent les mêmes, à discuter avec ton médecin.
  • Ce que tu vis ne change pas non plus. Un nom plus juste ne fait pas disparaître les cycles irréguliers, la pilosité ou la fatigue. Il aide à mieux nommer, donc à mieux chercher. Les leviers du quotidien, eux, restent les mêmes, à commencer par les repères de l'assiette.
Rubans de sensibilisation colorés disposés en cercle
Un changement validé par 56 organisations professionnelles et de patientes

Pourquoi ce changement de nom change ma consultation

Un nom n'est pas qu'une étiquette : celui-ci décrit enfin ce que je vois arriver en consultation.

Deux femmes arrivent avec le même diagnostic. La première a passé dix ans à s'entendre parler de ses ovaires, à faire des échographies et à attendre que « les kystes partent ». Personne ne lui a jamais parlé de sa glycémie. La seconde a été diagnostiquée récemment, sous le nouveau nom, et sait déjà que son foie, sa thyroïde et son métabolisme font partie du tableau : elle arrive avec les bonnes questions.

Le mot « ovarien » a concentré l'attention sur un seul organe pendant des décennies, et c'est exactement ce que le nouveau nom corrige.

Ce que je vais te demander

Comment se passent tes cycles, et depuis quand. Ce que tu manges au petit déjeuner. Si tu as des coups de barre après les repas. Comment tu dors. Ce que tu as déjà essayé, et ce qu'on t'a dit. Et ce que disent tes derniers bilans, au-delà de l'échographie.

Aucune de ces questions ne porte sur tes ovaires, et c'est voulu. Ils sont le lieu où le problème se voit, rarement celui où il se règle.

Quand consulter, et ce qu'on travaille en parallèle

En cas de doute, c'est vers un médecin ou un gynécologue qu'il faut se tourner en premier. Consulte en cas de cycles absents, longs ou très irréguliers, de pilosité qui augmente, d'acné persistante à l'âge adulte, de difficultés à concevoir ou de difficultés de poids inexpliquées.

Pendant que le parcours médical avance, le terrain avance aussi : glycémie, microbiote, inflammation, récupération. Beaucoup de femmes voient leur cycle bouger sur ces seuls leviers.

Le nom change, tes symptômes restent ? C'est eux qu'on travaille : glycémie, inflammation, sommeil, stress. Pas l'étiquette.

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Questions fréquentes

Le changement d'appellation déroute, et les interrogations qu'il soulève sont toujours les mêmes.

Quel est le nouveau nom du SOPK ?

Le syndrome des ovaires polykystiques s'appelle désormais syndrome métabolique ovarien polyendocrinien, abrégé SMOP en français, PMOS en anglais pour Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome. Ce changement a été officialisé en mai 2026 par un consensus international publié dans The Lancet, puis relayé par l'Endocrine Society et l'ASRM. Il s'agit du même syndrome : rien ne change dans ce que tu vis, ni dans la façon dont il se diagnostique ou s'accompagne. Ce qui change, c'est le nom, et donc la représentation que la médecine et le grand public s'en font.

Pourquoi avoir changé le nom du SOPK ?

Parce que l'ancien nom décrivait mal la maladie et induisait en erreur. Il désignait le syndrome par un signe d'imagerie qui n'est ni constant ni obligatoire au diagnostic, tout en laissant croire à la présence de kystes, ce qui est faux : il s'agit de follicules immatures, pas de kystes. Résultat, l'attention se concentrait sur les ovaires alors que le syndrome est hormonal et métabolique, avec un versant insulinique majeur. Beaucoup de femmes minces ou sans anomalie échographique se voyaient ainsi écartées du diagnostic pendant des années à cause d'un nom mal choisi.

SOPK et SMOP, est-ce la même chose ?

Oui, ce sont deux noms pour une seule et même réalité. Si tu as un diagnostic de SOPK, tu as un SMOP : il n'y a rien à refaire, rien à revérifier, et ton dossier médical reste valide tel quel. Les deux appellations vont coexister pendant une transition de trois ans, jusqu'à la mise à jour de la recommandation internationale prévue en 2028, le temps que les publications, les logiciels médicaux, les associations et les praticiens s'alignent. Sur ce site, tu verras donc régulièrement les deux termes ensemble, précisément pour que tu retrouves l'information quel que soit le mot avec lequel tu es arrivée jusqu'ici.

Dois-je refaire mon diagnostic avec le nouveau nom ?

Non, absolument pas. Le consensus le précise explicitement : le diagnostic et la prise en charge restent inchangés. Les critères sur lesquels ton diagnostic a été posé sont les mêmes qu'avant, ton bilan reste interprétable de la même manière, et aucun examen supplémentaire n'est requis du seul fait du changement d'appellation. Si ton médecin continue d'écrire SOPK sur ton compte rendu, c'est parfaitement normal et cela ne pose aucun problème administratif. En revanche, si tu as toujours des symptômes non expliqués, ce n'est pas le nom qu'il faut revoir mais ton suivi.

Que veut dire « polyendocrinien » ?

Que plusieurs glandes hormonales sont impliquées, pas seulement les ovaires. En pratique, on retrouve selon les femmes le pancréas, avec l'insuline au premier plan, les surrénales, qui produisent une part des androgènes, la thyroïde, dont un ralentissement accompagne fréquemment le tableau, et l'hypophyse, qui gouverne le dialogue avec les ovaires. C'est justement ce que l'ancien nom masquait complètement. Ce mot, un peu technique, dit donc quelque chose d'utile : ton syndrome ne se joue pas uniquement dans tes ovaires, et c'est pour cette raison qu'on l'explore sur plusieurs fronts.

Les critères de diagnostic changent-ils aussi ?

Non. Le diagnostic continue de reposer sur les critères internationaux, actualisés par la recommandation internationale fondée sur les preuves : dysovulation, hyperandrogénie clinique ou biologique, et aspect échographique ou taux d'AMH élevé, deux critères sur trois suffisant après élimination des autres causes. Le changement de nom ne touche à rien de tout cela. Il ne modifie pas davantage les traitements, le suivi métabolique ou l'accompagnement. Ce que la nouvelle appellation change, c'est le cadre mental avec lequel on aborde le syndrome, et à terme la façon dont il est enseigné.

Pourquoi mon médecin dit-il encore SOPK ?

Parce que le changement date de mai 2026 et qu'une évolution de nomenclature met du temps à se diffuser. Les manuels, les recommandations nationales, les logiciels de cabinet, les codages et les formations continues ne se mettent pas à jour en quelques semaines. Cela ne dit rien de la qualité de ton médecin : la très grande majorité des praticiens dira SOPK encore un moment, et c'est attendu. Si tu veux amener le sujet, la formulation la plus simple reste : « j'ai vu que le SOPK a été renommé SMOP en 2026, c'est bien la même chose ? » La réponse sera oui.

Le changement de nom améliore-t-il la prise en charge ?

Pas mécaniquement, mais ce n'est pas cosmétique pour autant. Le processus a réuni 56 organisations de patientes et de professionnels et recueilli plus de 22 000 réponses de femmes concernées, ce qui en fait l'un des plus larges consensus du domaine. L'objectif est d'obtenir que le versant métabolique soit pris au sérieux dès le départ, et que le diagnostic cesse d'être écarté chez les femmes minces ou sans image ovarienne typique. Le bénéfice se jouera dans les années qui viennent, dans les études, les recommandations et les consultations, pas du jour au lendemain.

Avançons ensemble

Si tu vis avec un SMOP et que tu veux comprendre ce qui se joue chez toi plutôt que de subir une étiquette, on peut en parler. On regarde ton terrain, ta glycémie, ton cycle et ton mode de vie, et on construit un accompagnement qui te ressemble.

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