L'essentiel en 30 secondes

  • Avoir toujours froid signifie une chose : ton corps produit moins de chaleur qu'il n'en perd. C'est un signal, pris trop souvent pour un trait de caractère.
  • Trois familles de causes : le corps produit moins de chaleur, le sang transporte moins d'oxygène, ou le sang circule mal aux extrémités.
  • Le test le plus utile est gratuit : ta température au réveil. Sous 36,1 °C de façon répétée, il y a une question à poser.
  • Les deux causes les plus fréquentes chez la femme sont le thermostat thyroïdien et le manque de fer, et une prise de sang les départage.
  • Attention à ne pas confondre : la frilosité chronique n'est pas une hypothermie, qui commence sous 35 °C et relève de l'urgence.

Tu mets un pull quand les autres sont en t-shirt. Tu dors en chaussettes toute l'année. On te dit que tu es frileuse, comme si c'était un trait de personnalité, et tu as fini par le croire.

Je suis Perrine, naturopathe spécialisée en santé féminine. La frilosité permanente est l'un des signaux que je vois le plus souvent arriver en consultation, et presque jamais pour lui-même : les femmes viennent pour la fatigue, les kilos ou les cheveux, et le froid sort en fin d'entretien. C'est pourtant l'indice le plus parlant du lot. Voici les six causes à vérifier, dans l'ordre, et ce qui se mesure vraiment.

Avoir toujours froid, qu'est-ce que ça veut dire ?

Ton corps maintient sa température autour de 37 °C en permanence, et c'est un équilibre entre ce qu'il produit et ce qu'il perd. Avoir froid tout le temps veut dire que la balance penche du mauvais côté. Trois mécanismes peuvent l'expliquer, et ils appellent des réponses complètement différentes.

Le mécanismeCe qui se passeLes causes typiques
Tu produis moins de chaleurle métabolisme tourne au ralenti, la thermogenèse baissethyroïde lente, régimes à répétition, peu de masse musculaire
Ton sang transporte moins d'oxygèneles cellules brûlent moins, donc chauffent moinsmanque de fer, anémie, ferritine basse
Ton sang circule mal aux extrémitésle centre reste chaud, les mains et les pieds sont glacéssyndrome de Raynaud, tension basse, stress, tabac

Voilà pourquoi une seule réponse ne peut pas convenir à tout le monde. Se couvrir davantage ne règle aucun des trois. Une supplémentation prise au hasard n'en règle qu'un, et seulement si c'est le bon.

36,1 à 36,7 °C, la fourchette normale de température au réveil
22 à 275 ng/mL, l'intervalle de référence de la ferritine
75 %de chute de la progestérone entre 35 et 50 ans, contre 35 % pour les œstrogènes
35 °C, le seuil sous lequel on parle d'hypothermie, une urgence médicale

Le test à faire demain matin : ta température

Avant toute autre chose, mesure. La thyroïde est le thermostat du corps : quand le thermostat est réglé trop bas, la température de base descend, et cette information ne coûte rien.

Au réveil. Prends ta température avant de te lever, sans bouger, dès l'ouverture des yeux. Dès que tu bouges, tes muscles produisent de la chaleur et faussent tout. La fourchette normale se situe entre 36,1 et 36,7 °C. En dessous de 36,1 °C de façon répétée, la piste métabolique mérite d'être posée à ton médecin.

En journée. Une seconde approche mesure la température centrale (auriculaire ou rectale) dans la fenêtre de 11 h à 15 h, une vingtaine de minutes après le déjeuner, au moment où l'activité thyroïdienne est la plus élevée. Le seuil retenu est alors de 36,4 °C. Ces deux protocoles coexistent dans la littérature avec des seuils différents, et je préfère te donner les deux.

Si tu as encore tes règles, choisis ton jour

Ta température monte naturellement après l'ovulation, sous l'effet de la progestérone. Une mesure prise en deuxième partie de cycle sera plus haute et ne dira rien de ce qu'on cherche. Prends-la sur les premiers jours de tes règles, et répète-la trois ou quatre matins d'affilée. Un chiffre isolé ne prouve rien, une moyenne basse est une information à apporter en consultation.

Un corollaire utile : quand la température de base est basse, elle monte aussi peu en cas d'infection. Si tu es de celles qui « ne font jamais de fièvre », ne le prends pas pour un signe de robustesse.

Tu te reconnais ?

  • tu as froid quand tout le monde est bien
  • des chaussettes même en été
  • une fatigue qui accompagne ce froid permanent

Ce n'est pas un trait de caractère, c'est un signal. On cherche lequel.

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Les 6 causes à vérifier

Avoir froid tout le temps a rarement une seule explication. Voici les six pistes à passer en revue, de la plus fréquente à la plus rare.

1. La thyroïde, le thermostat du corps

C'est la première à écarter, parce que c'est la plus fréquente chez la femme et la plus facile à doser. La thyroïde règle ton métabolisme basal, donc ta production de chaleur. Quand elle ralentit, tu brûles moins et tu chauffes moins.

Mais la frilosité seule ne suffit pas à l'accuser. Ce qui compte, c'est le faisceau. Dans les huit signes les plus fréquents d'une thyroïde au ralenti, la frilosité arrive en troisième position, décrite comme une sensation de froid aux extrémités, le nez, les mains et les pieds, avec parfois des doigts qui blanchissent. Elle vient avec une fatigue maximale au réveil, une peau sèche rebelle, des crampes dans les mollets la nuit, une constipation installée, et des paupières gonflées le matin.

Si trois ou quatre de ces lignes te parlent, demande un dosage de la TSH. Le dossier les symptômes de l'hypothyroïdie détaille l'ensemble du tableau.

2. Le manque de fer, même sans anémie déclarée

C'est la cause la plus sous-estimée, et elle concerne massivement les femmes réglées. Le fer transporte l'oxygène jusqu'aux cellules, et sans oxygène les cellules ne brûlent rien, donc ne produisent pas de chaleur. Résultat : froid, fatigue, pâleur, essoufflement à l'effort, chute de cheveux.

Le piège tient en un mot : ferritine. On peut avoir une numération normale, donc « pas d'anémie », et des réserves de fer à plat. La ferritine est la protéine de réserve, et son intervalle de référence va de 22 à 275 ng/mL. Un chiffre à 25 est techniquement dans la norme et cliniquement très bas. C'est exactement le genre de résultat qui fait dire « tout va bien » alors que rien ne va.

Le fer a une seconde raison d'être là : c'est le cofacteur de l'enzyme qui fabrique les hormones thyroïdiennes. Une ferritine basse ralentit donc la thyroïde en plus de mal oxygéner. Les deux premières causes de cette liste sont souvent la même histoire.

3. Un métabolisme cassé par les régimes

Si tu as enchaîné les régimes, ou si tu manges en dessous de tes besoins depuis des années sans appeler ça un régime, tu as probablement fabriqué ta propre frilosité.

Chaque restriction envoie au corps un message de famine. Il s'adapte de la seule façon qu'il connaît : il baisse la dépense énergétique, réduit la production d'hormones thyroïdiennes, fait chuter la leptine et monter la ghréline. Résultat : il stocke mieux et brûle moins. La thermogenèse tombe, la masse musculaire fond, et le froid s'installe. C'est un mode survie, et il fonctionne parfaitement.

Le surentraînement produit le même résultat par un autre chemin : trop de sport et pas assez de repos donnent un cortisol chroniquement élevé, de l'inflammation, et une hypothyroïdie fonctionnelle. Si le froid s'accompagne chez toi de kilos qui résistent, le dossier la fatigue thyroïdienne prolonge ce paragraphe.

Manger encore moins ne réchauffera personne

C'est le réflexe le plus fréquent et le plus contre-productif. On ne sort pas d'un métabolisme ralenti par davantage de restriction, on en sort en reconstruisant : une remontée calorique progressive vers les besoins réels, assez de protéines, et de la musculation. Le muscle est le tissu le plus actif du corps sur le plan métabolique, c'est lui qui produit ta chaleur de fond. Cette remontée se fait par paliers et se pilote avec un professionnel.

4. La circulation et le syndrome de Raynaud

Si ton corps est globalement à l'aise mais que tes mains et tes pieds sont glacés, tu n'es probablement pas dans le même problème. Ici, la chaleur est produite, elle n'arrive simplement pas au bout.

Le syndrome de Raynaud en est la forme la plus caractéristique : au froid ou sous le coup d'une émotion, les petits vaisseaux des doigts se referment brutalement. Les doigts deviennent blancs, puis parfois bleus, puis rouges et douloureux au réchauffement. C'est très fréquent chez la femme jeune et le plus souvent bénin, mais ça se montre à un médecin, parce qu'une minorité de cas révèle une maladie sous-jacente.

Une tension artérielle basse donne un tableau voisin, plus diffus, avec des extrémités froides et des vertiges au lever. Le stress aussi : la décharge d'adrénaline referme les vaisseaux périphériques pour protéger les organes vitaux, et des mains froides en permanence peuvent être la trace d'un système nerveux qui ne redescend jamais. Le tabac aggrave tout ce paragraphe.

5. Les hormones, surtout après 40 ans

Voilà l'angle que je ne vois presque jamais traité, et il est chiffré. Entre 35 et 50 ans, la sécrétion de progestérone chute de 75 %, alors que celle des œstrogènes ne baisse que de 35 %. Le rapport entre les deux se déséquilibre.

Or la progestérone facilite l'action des hormones thyroïdiennes, quand les œstrogènes la freinent. Ce déséquilibre crée donc un ralentissement thyroïdien sans que la thyroïde soit malade, avec la frilosité qui va avec. La périménopause ajoute sa part : moins de masse musculaire, donc moins de thermogenèse, et un sommeil perturbé qui fait monter le cortisol.

Si ton froid s'est installé en même temps que tes cycles ont changé, ce n'est pas une coïncidence.

Femme emmitouflée dans une couverture, une boisson chaude à la main
Se réchauffer soulage sur le moment, la cause se cherche ailleurs

6. Ce qui est normal, et qui ne se soigne pas

Toutes les frilosités ne sont pas un problème, et je préfère le dire franchement plutôt que de te vendre une pathologie.

À poids égal, les femmes ont en moyenne moins de masse musculaire et une tension plus basse que les hommes, donc produisent moins de chaleur de fond. Être mince joue aussi : moins de tissu isolant, plus de surface de peau par rapport au volume, donc plus de déperdition. L'âge ralentit la circulation périphérique et la perception du froid. Et une pièce à 18 °C reste une pièce à 18 °C.

Ce qui doit t'alerter, c'est un changement. Si tu as toujours été frileuse depuis l'adolescence et que rien n'a bougé, c'est probablement ta constitution. Si ça s'est installé en quelques mois, ou si ça s'est aggravé, c'est un signal à explorer.

Quelle vitamine quand on a toujours froid ?

Réponse honnête : aucune vitamine ne réchauffe. Ce qui produit la chaleur, c'est un métabolisme qui tourne, et les micronutriments comptent parce qu'ils en sont les outils. Prendre un complément sans savoir lequel te manque revient à jouer à pile ou face.

NutrimentSon rôle dans la production de chaleurOù le trouver
Fertransporte l'oxygène et fabrique l'hormone thyroïdienneviande rouge, abats, légumineuses
Iodela brique de base de l'hormone thyroïdienneproduits de la mer, œufs, laitages
Séléniumconvertit la T4 de réserve en T3 activenoix du Brésil et sélénium, poissons
Zincnécessaire à la même conversionhuîtres, foie, bœuf
Vitamine B12soutient l'énergie cellulaire et la conversionproduits animaux
Vitamine Dmodule l'immunité, presque tout le monde est bas en hiversoleil, poissons gras
Magnésiumsoutient l'activité de la glande, 75 % des adultes français en manquentoléagineux, légumes verts, chocolat noir
Tyrosinel'acide aminé qui forme le squelette de l'hormonetoutes les protéines, mieux assimilée au petit déjeuner

Trois précautions valent mieux qu'une liste de gélules. Le fer est toxique en excès et ne se prend jamais sans avoir dosé la ferritine. L'iode ne se supplémente jamais à l'aveugle, ni sans avoir vérifié son sélénium au préalable, sous peine de générer un stress oxydatif délétère pour la thyroïde : le détail est dans le dossier alimentation et iode. Et si tu prends déjà un traitement thyroïdien, ne prends pas ton fer au même moment, il en diminue l'absorption.

Pourquoi j'ai toujours les mains et les pieds froids ?

C'est une question distincte, et la distinction est utile. Le sujet a sa page dédiée, mains froides : les causes et le signe des pouces, et voici l'essentiel. Si tout ton corps a froid, cherche du côté de la production de chaleur, donc de la thyroïde, du fer et du métabolisme. Si ton corps va bien mais que seules tes extrémités sont glacées, regarde plutôt la circulation.

Les extrémités sont les premières sacrifiées quand le corps doit économiser : il referme les vaisseaux périphériques pour garder le sang au chaud autour des organes vitaux. Des mains froides en permanence peuvent donc traduire un Raynaud, une tension basse, un stress chronique, un tabagisme, ou tout simplement un corps qui manque de carburant.

Le repère pratique : des mains froides isolées, sans fatigue ni autre signe, orientent vers la circulation. Des mains froides accompagnées de fatigue au réveil, de peau sèche et de cheveux qui tombent orientent vers le métabolisme.

Frilosité ou hypothermie : où est la limite ?

Il faut être clair sur ce point, parce que les deux mots sont souvent mélangés en ligne alors qu'ils n'ont rien à voir.

La frilosité est une sensation. Tu as froid alors que ta température corporelle reste normale ou légèrement basse. C'est inconfortable, c'est un signal utile, et ça se prend le temps d'explorer.

L'hypothermie est un état mesuré : la température centrale descend sous 35 °C. Elle s'accompagne de frissons violents puis de leur disparition, de confusion, d'élocution difficile, de somnolence, de ralentissement du cœur. C'est une urgence médicale, on appelle le 15. Rien de ce que tu lis sur cette page ne s'applique à cette situation.

Le bilan à demander à ton médecin

Si tu vas consulter, autant y aller avec des demandes précises. Voici ce qui permet de trancher entre les causes de cette page, en sachant que c'est ton médecin qui prescrit et qui décide de ce qui est pertinent pour toi.

Ce qu'on chercheCe qui se dose
Une thyroïde lenteTSH, et selon le contexte T4 libre et T3 libre
Une origine auto-immuneanticorps anti-TPO, anti-thyroglobuline
Des réserves de fer épuiséesferritine, numération formule sanguine
Une inflammation de fondCRP ultrasensible
Des cofacteurs manquantsvitamine D, vitamine B12, zinc, magnésium

Apporte aussi tes relevés de température sur quelques matins, et une liste datée de tes symptômes. Une consultation avec des éléments concrets ne ressemble pas à une consultation où tu dis « j'ai souvent froid ». Le dossier bilan et TSH explique comment lire ces résultats une fois qu'ils arrivent.

Femme en consultation face à une thérapeute dans un bureau lumineux
Arriver avec des relevés datés change la conversation avec son médecin

Ce qui réchauffe vraiment, de l'intérieur

Une fois le bilan fait, parce qu'une frilosité installée a presque toujours une cause qui se dose.

Les carences qui refroidissent : le fer en premier (une ferritine basse donne exactement ce tableau, avec la fatigue et les cheveux qui tombent), puis l'iode, le sélénium et le zinc du côté de la thyroïde, la vitamine B12 et la vitamine D. Les protéines comptent aussi, plus qu'on ne le croit : la digestion des protéines produit de la chaleur, et une assiette qui en manque refroidit.

Les plantes qui relancent la circulation : le gingembre, le plus simple et le plus efficace, en infusion ou râpé frais. La cannelle, le poivre, le piment et le curcuma, les épices réchauffantes de toutes les traditions. Le ginkgo biloba sur la microcirculation des extrémités, avec la réserve habituelle sous anticoagulant. Attention au contresens fréquent sur ce point : les plantes vendues pour « la circulation » (vigne rouge, marronnier, hamamélis) visent l'insuffisance veineuse et resserrent les vaisseaux, ce qui va dans la mauvaise direction quand ce sont les artères des extrémités qui se ferment. Le détail est sur la page mains et pieds froids.

Les plantes qui soutiennent la thyroïde, quand c'est elle le moteur : ashwagandha, schisandra, romarin, à valider avec le médecin si tu es traitée.

En externe, un massage des pieds et des mains avec une huile végétale et quelques gouttes d'huile essentielle de gingembre ou de poivre noir diluées, le soir, réchauffe et relance la circulation locale.

Ce qu'on cherche derrière une frilosité installée

Avoir froid en permanence est un signal, et il pointe rarement vers une seule cause.

Deux femmes ont froid toute l'année. La première a une température au réveil basse de façon répétée, une fatigue de fond et un transit lent : le faisceau oriente vers la thyroïde, et c'est une prise de sang qui tranchera. La seconde a une température normale mais des règles très abondantes depuis des années : chez elle, c'est le transport de l'oxygène qui est en cause, et sa ferritine raconte toute l'histoire.

Deux fois la même plainte, deux mécanismes, deux directions opposées. C'est pour ça que je commence toujours par distinguer produire, transporter et faire circuler.

Ce que tu peux mesurer seuleCe qu'on démêle ensemble
ta température au réveil, plusieurs matins de suitesavoir si le chiffre oriente vers la production de chaleur ou vers autre chose
l'abondance de tes règles sur trois cyclesrelier cette abondance à tes réserves, ce qui se voit sur la ferritine
noter si c'est tout le corps ou seulement les extrémitésces deux situations n'ont ni les mêmes causes ni les mêmes réponses

Les analyses se prescrivent par ton médecin. Je te dis lesquelles demander et je les lis avec toi.

Quand consulter, et ce qu'on travaille en parallèle

Rien ici ne remplace un avis médical. La naturopathie accompagne le terrain, elle ne diagnostique rien.

Consulte sans tarder si ta frilosité s'est installée récemment, si elle s'aggrave, si elle s'accompagne d'une fatigue qui résiste au repos, d'une chute de cheveux, d'un essoufflement ou de doigts qui blanchissent puis bleuissent. Et appelle le 15 devant des signes d'hypothermie vraie. Ne te supplémente ni en fer ni en iode de ta propre initiative.

En parallèle, le terrain se soutient : l'assiette, les réserves, le stress, le sommeil. C'est ce qui explique que deux femmes avec la même TSH ne se sentent pas pareil.

On commence par distinguer trois choses : produire la chaleur, la transporter, la faire circuler. Ta température au réveil et ta ferritine tranchent vite. On en parle →

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent quand on a froid en permanence, et que l'entourage n'y croit pas vraiment.

Pourquoi ai-je toujours froid alors que les autres n'ont pas froid ?

Parce que ton corps produit moins de chaleur qu'il n'en perd, et trois mécanismes peuvent l'expliquer. Soit la production baisse, à cause d'une thyroïde lente, de régimes répétés ou d'une faible masse musculaire. Soit le sang transporte mal l'oxygène, faute de fer. Soit il circule mal aux extrémités, comme dans le syndrome de Raynaud. Une partie est aussi constitutionnelle : à poids égal, les femmes ont moins de masse musculaire et une tension plus basse. Ce qui doit alerter, c'est un changement récent. La sensation de froid dépend aussi de ta masse musculaire, qui est le principal producteur de chaleur du corps. Cela explique une part des différences entre deux personnes.

Quelle maladie donne toujours froid ?

Les deux causes les plus fréquentes chez la femme sont l'hypothyroïdie et la carence en fer, avec ou sans anémie déclarée. Viennent ensuite le syndrome de Raynaud, l'hypotension artérielle, et plus rarement le diabète, l'insuffisance rénale ou certaines maladies auto-immunes. Un métabolisme ralenti par des restrictions alimentaires prolongées donne exactement le même tableau sans qu'aucune maladie soit en cause. Une prise de sang simple permet d'écarter l'essentiel de cette liste. Les causes les plus fréquentes ne sont pas des maladies rares. Ce sont l'hypothyroïdie, le manque de fer, et un métabolisme ralenti par des régimes répétés. D'autres causes plus rares existent, comme le syndrome de Raynaud ou certaines maladies auto-immunes, mais elles viennent après ces trois-là dans l'ordre des vérifications.

Comment savoir si ma thyroïde est responsable de ma frilosité ?

La frilosité seule n'accuse personne. Ce qui oriente vers la thyroïde, c'est son association à une fatigue maximale au réveil, une peau sèche rebelle, une constipation installée, des cheveux qui tombent et des paupières gonflées le matin. Prends ta température au réveil avant de te lever pendant trois ou quatre matins : la fourchette normale va de 36,1 à 36,7 °C. Une moyenne répétée en dessous est un élément à apporter à ton médecin, qui dosera la TSH. Le faisceau qui oriente vers elle, c'est le froid associé à une fatigue matinale, une peau sèche, une constipation et des cycles modifiés. Le froid seul ne suffit pas.

Le manque de fer peut-il donner froid sans anémie ?

Oui, et c'est très fréquent chez les femmes réglées. La numération peut être normale, donc « pas d'anémie », alors que les réserves sont vides. C'est la ferritine qu'il faut regarder, dont l'intervalle de référence va de 22 à 275 ng/mL : un résultat à 25 est techniquement normal et cliniquement très bas. Le fer sert aussi de cofacteur à l'enzyme qui fabrique les hormones thyroïdiennes, donc une ferritine basse ralentit la thyroïde en plus de mal oxygéner. Le fer sert à transporter l'oxygène, donc à produire de la chaleur. Une ferritine basse peut suffire à donner froid bien avant que l'hémoglobine ne baisse.

Quelle vitamine prendre quand on a toujours froid ?

Aucune vitamine ne réchauffe directement, et prendre un complément au hasard revient à jouer à pile ou face. Ce qui produit la chaleur, c'est un métabolisme qui tourne, et le fer, l'iode, le sélénium, le zinc, la B12, la vitamine D et le magnésium en sont les outils. Aucun ne se prend à l'aveugle : le fer est toxique en excès, et l'iode ne se supplémente jamais sans avoir vérifié son statut et son sélénium au préalable. C'est une prise de sang qui oriente. La vitamine D et la vitamine B12 sont celles qu'on retrouve le plus souvent en cause, mais elles se dosent avant d'être prises, jamais l'inverse.

Pourquoi j'ai toujours les mains et les pieds froids ?

Si seules tes extrémités sont glacées alors que le reste du corps va bien, cherche du côté de la circulation. Le corps referme les petits vaisseaux périphériques pour garder le sang autour des organes vitaux, sous l'effet du froid, du stress, du tabac ou d'une tension basse. Le syndrome de Raynaud en est la forme la plus nette, avec des doigts qui blanchissent puis bleuissent. Si tout le corps a froid en revanche, c'est la production de chaleur qu'il faut explorer. Si le froid touche seulement tes extrémités et que tu n'as pas froid ailleurs, la piste change complètement : c'est la circulation qu'il faut regarder, pas le métabolisme.

Est-ce que manger moins peut me faire avoir froid ?

Oui, et c'est une des causes les plus méconnues. Une restriction prolongée envoie au corps un message de famine. Il baisse alors la dépense énergétique, réduit la production d'hormones thyroïdiennes et fait chuter la thermogenèse. La masse musculaire fond, et le muscle est justement le tissu qui produit ta chaleur de fond. Manger encore moins aggrave donc le problème. On en sort par une remontée progressive des apports et de la musculation, accompagnée par un professionnel. Oui, et assez vite. Le corps baisse sa dépense pour économiser l'énergie, et la première chose qu'il sacrifie est la production de chaleur. Cette adaptation explique aussi pourquoi la frilosité s'installe souvent après plusieurs mois de restriction plutôt que dès les premiers jours.

La ménopause peut-elle expliquer que j'aie toujours froid ?

Oui, malgré la réputation des bouffées de chaleur. Entre 35 et 50 ans, la progestérone chute de 75 % contre 35 % pour les œstrogènes. Or la progestérone facilite l'action des hormones thyroïdiennes quand les œstrogènes la freinent, ce qui crée un ralentissement sans que la thyroïde soit malade. S'y ajoutent une perte de masse musculaire et un sommeil perturbé. Beaucoup de femmes alternent d'ailleurs bouffées de chaleur et frilosité au cours de la même journée. Les variations hormonales de la périménopause dérèglent le thermostat, ce qui donne parfois une alternance de bouffées de chaleur et de frilosité chez la même femme.

À partir de quand faut-il s'inquiéter d'avoir froid ?

Quand c'est nouveau ou quand ça s'aggrave. Une frilosité présente depuis toujours et stable relève souvent de la constitution. Une frilosité installée en quelques mois, ou accompagnée de fatigue résistante, de chute de cheveux, d'essoufflement, d'une prise de poids inexpliquée ou de doigts qui blanchissent, mérite une prise de sang. Et une température centrale mesurée sous 35 °C avec confusion ou somnolence n'est plus de la frilosité mais une hypothermie : c'est une urgence, on appelle le 15. Le signal qui ne se discute pas, c'est un froid nouveau, installé en quelques semaines, avec un amaigrissement ou une fatigue inhabituelle. Là, on consulte sans attendre.

Les sources de cette page

Les causes passées en revue plus haut sont documentées par les sources suivantes.

  • Dr Benoît Claeys, En finir avec l'hypothyroïdie, Thierry Souccar Éditions : protocole de température au réveil et fourchette 36,1 à 36,7 °C, place de la frilosité parmi les huit signes les plus fréquents d'une thyroïde au ralenti, description du froid aux extrémités avec doigts qui blanchissent, signature de la fatigue thyroïdienne.
  • Dr Philippe Veroli, Thyroïde, les solutions naturelles, Thierry Souccar Éditions : mesure de la température centrale entre 11 h et 15 h avec un seuil de 36,4 °C, intervalle de référence de la ferritine (22 à 275 ng/mL), précautions avant supplémentation en fer et interaction avec les hormones thyroïdiennes, chute de la progestérone de 75 % contre 35 % pour les œstrogènes entre 35 et 50 ans.
  • Guénaëlle Abéguilé, Troubles hormonaux : reprenez le pouvoir !, Résurgence : mise en mode veille de l'organisme en cas de déficit de la balance énergétique, rôle du fer comme cofacteur de la thyroperoxydase, conversion de la T4 en T3 et cofacteurs micronutritionnels, effet du cortisol sur la conversion.
  • Repères de médecine fonctionnelle (mécanismes du métabolisme ralenti, remontée calorique progressive, place de la masse musculaire dans la thermogenèse, bilans à explorer au-delà de la TSH) : formations « Relancer son métabolisme » et « Analyses biologiques » suivies par Perrine Ratinaud. Ces repères servent à l'accompagnement, ils n'ont pas valeur de critère diagnostique.
  • Définition de l'hypothermie (température centrale sous 35 °C, signes d'alerte et caractère d'urgence) : références de santé publique françaises.

Le détail de mes références est sur la page sources du site.

Mentions importantes

Médecine et naturopathie travaillent ensemble. Le diagnostic et le traitement appartiennent à ton médecin. Le terrain qui entretient tes symptômes, l'assiette, le sommeil, la digestion, la charge nerveuse, c'est mon domaine, et il pèse autant sur ton quotidien. Rien de ce que tu lis ici n'est un diagnostic ni une prescription. Le test de température est un indice à apporter en consultation, il ne diagnostique aucune maladie. Les seuils cités sont des repères issus de la littérature et varient selon les auteurs et la méthode de mesure. Devant des signes d'hypothermie vraie, appelle le 15.

Avançons ensemble

Si tu as froid en permanence et qu'on t'a simplement répondu que tu étais frileuse, on peut regarder ça sérieusement. Ensemble, aux côtés de ton suivi médical, on reprend tes bilans, tes relevés de température et tes cofacteurs pour comprendre d'où vient ce froid.

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