En bref

Endométriose et travail, c'est en moyenne 10,8 heures perdues chaque semaine, surtout par perte d'efficacité et pas seulement par absence. Le congé menstruel n'existe pas dans la loi française. L'arrêt maladie de droit commun, l'aménagement de poste, la RQTH et le mi-temps thérapeutique, eux, existent déjà. Et tu n'as pas besoin de dire ton diagnostic à ton employeur pour y avoir droit.

« Je tiens jusqu'à 17 h en serrant les dents, et le soir je m'écroule. » Je l'entends à presque chaque consultation. Je l'ai vécu aussi, ces années où je calais mes réunions importantes en dehors de ma semaine de règles sans oser dire pourquoi. Tenir au travail avec une endométriose n'est pas une question de courage. C'est une question d'organisation, et de droits que très peu de femmes connaissent.

Je ne suis ni médecin ni juriste. Ce que je peux faire ici, c'est te donner les repères, te dire à qui t'adresser, et t'accompagner sur ce qui te reste d'énergie une fois les démarches lancées.

L'endométriose a-t-elle vraiment un impact sur le travail ?

Oui, et c'est mesuré. La plus grande étude internationale sur le sujet chiffre la perte à 10,8 heures de travail par semaine en moyenne. Presque une journée et demie, chaque semaine, sans que personne autour ne s'en aperçoive. (Elle a suivi 1 418 femmes dans seize centres cliniques répartis sur dix pays, et a été publiée dans Fertility and Sterility en 2011 par l'équipe de Kelechi Nnoaham et Krina Zondervan, Université d'Oxford.)

Le détail compte plus que le chiffre : cette perte vient surtout de la baisse d'efficacité pendant les heures travaillées, pas des jours d'absence.

Le mot que je retiens de cette étude, c'est « productivité », pas « absence ». Tu es là, tu tiens ton poste, et c'est en dedans que ça coûte. C'est aussi ce qui rend les aménagements si efficaces : ce qui te manque, ce n'est pas du courage, c'est de la marge. Et de la marge, ça se demande.

Côté français, l’enquête EndoVie, menée en 2020 par Ipsos pour EndoFrance avec le soutien du laboratoire Gedeon Richter, retrouve la même réalité vue de l’intérieur : une large majorité des femmes interrogées, environ deux sur trois, signale un impact négatif de la maladie sur son quotidien professionnel. C’est une enquête déclarative, financée en partie par un industriel : je te le dis pour que tu saches ce que tu lis. Le vécu qu’elle décrit, lui, recoupe ce que j’entends en consultation.

Voici ce que ça pèse, et pourquoi ça s'aménage.

10,8 hde travail perdues par semaine, surtout en efficacité
environ 2 sur 3déclarent un impact professionnel négatif (enquête EndoVie)
48 %ont des difficultés à se concentrer au travail pendant leurs règles

Aucun de ces trois chiffres ne parle de ta volonté. Ils décrivent des conditions de travail, et des conditions de travail, ça se réaménage.

Le troisième chiffre vient d'une enquête Ifop de 2022 reprise par le Sénat : 48 % des femmes menstruées disent avoir du mal à se concentrer au travail, et plus de 40 % à tenir debout ou assises. Ce n'est donc pas une fragilité personnelle, c'est un phénomène de masse dont on commence à peine à parler. Et un phénomène de masse, ça se traite avec des dispositifs, pas avec de la volonté. La suite de cette page, c'est justement la liste de ceux qui existent déjà.

Peut-on avoir un arrêt de travail pour endométriose ?

Oui. Il n'existe pas d'arrêt spécifique « endométriose », mais ton médecin traitant ou ta ou ton gynécologue peut te prescrire un arrêt maladie de droit commun, exactement comme pour n'importe quelle autre pathologie. C'est le cas le plus fréquent : crise douloureuse, suites d'une cœlioscopie, période où plus rien ne passe.

Deux choses à savoir avant de t'y engager :

  • le délai de carence de trois jours s'applique, comme pour tout arrêt maladie ;
  • les indemnités journalières couvrent environ la moitié du salaire, avec un plafond fixé à 42,97 € bruts par jour pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026 (source : ameli.fr).

C’est précisément ce que le Sénat pointait dans son rapport Santé des femmes au travail : des maux invisibles (rapport n° 780, juin 2023) : sans dispositif dédié, une femme qui a mal doit puiser dans un système pensé pour l'accident ou la grippe, avec la perte de revenu qui va avec.

Si ton endométriose est reconnue en affection longue durée, les règles de prise en charge changent. C'est le sujet de la page l'ALD 31, et c'est une démarche à faire avec ton médecin, pas seule.

Le congé menstruel existe-t-il en France ?

Non, pas dans la loi. Une proposition de loi déposée au Sénat en avril 2023 a été rejetée en commission des affaires sociales en février 2024, puis non adoptée en séance publique le 15 février 2024, la majorité estimant que la création d’un arrêt menstruel spécifique n’était pas la bonne réponse. Le Code du travail ne prévoit toujours rien pour les règles douloureuses.

Ce qui existe, en revanche, ce sont des accords d'entreprise. Quelques employeurs français l'ont mis en place de leur propre initiative, parfois réservé aux salariées ayant un diagnostic d'endométriose sur présentation d'un certificat. Ça reste une minorité d'entreprises.

Ne compte pas dessus pour organiser ton année

Le congé menstruel dépend entièrement de ton employeur, il n'est garanti par aucun texte, et il peut être retiré. Les leviers solides restent l'aménagement de poste, l'arrêt maladie classique et, quand la maladie est invalidante, la RQTH.

Dans les faits, la réponse qui se généralise n'est pas le congé mais la souplesse d'organisation, et surtout le télétravail ponctuel les jours de crise. C'est aussi celle qui se négocie le plus facilement. Les mêmes aménagements servent d'ailleurs plus tard, quand ce sont les bouffées en réunion et les nuits courtes de la ménopause qui pèsent sur les journées.

Quels aménagements de poste peux-tu demander ?

Beaucoup plus que ce qu'on imagine, et souvent sans dossier administratif. La page officielle monparcourshandicap.gouv.fr cite les aménagements d'horaires, les aménagements de poste et les jours de télétravail supplémentaires.

Ce que tu peux demanderCe que ça change concrètement
Télétravail les jours de crisetu restes près de ta bouillotte, de tes toilettes et de ton lit
Horaires souples ou décaléstu ne perds pas ta journée parce que le pic de douleur est le matin
Pauses supplémentairestu t'allonges dix minutes au lieu de tenir six heures assise
Siège adapté, poste moins statiquerester assise ou debout longtemps est souvent le pire
Accès facilité aux toilettesindispensable quand la vessie ou l'intestin sont concernés
Report des tâches à forte concentrationle brouillard mental rend certaines journées inexploitables
Femme travaillant chez elle avec son ordinateur portable, une tasse à la main
Le télétravail ponctuel est l'aménagement le plus facile à obtenir

Demande une adaptation, pas une faveur

En consultation, je conseille toujours de préparer la demande en partant du poste, pas de la maladie : « j'ai besoin de pouvoir m'allonger vingt minutes en début d'après-midi » passe beaucoup mieux que « j'ai de l'endométriose ». Et c'est aussi ce que le médecin du travail sait formuler pour toi.

À qui en parler au travail ?

Tu n'es pas obligée de dire à ton employeur ce que tu as. Aucun texte ne t'y contraint. En revanche, plusieurs interlocuteurs peuvent agir pour toi, dont certains sont tenus au secret médical.

InterlocuteurSon rôleSait-il ton diagnostic ?
Médecin du travailévalue ton poste et préconise des aménagementsoui, et il est tenu au secret médical
Employeur ou RHmet en place les adaptations concrètesnon, il reçoit les préconisations, pas le diagnostic
Médecin traitantprescrit les arrêts, monte les dossiers ALD et MDPHoui
Assistante sociale, associations de patientesaccompagnent les démarches RQTH et MDPHoui, et gratuitement
Deux femmes assises face à face en entretien, dans une pièce aux murs terracotta
Le médecin du travail est tenu au secret médical : il préconise sans révéler ta maladie

Le médecin du travail est la première porte à pousser, et c'est aussi ce que recommande la page officielle monparcourshandicap.gouv.fr. Tu peux le solliciter toi-même, sans passer par ton employeur, à tout moment. C'est le point que les femmes que j'accompagne ignorent le plus souvent.

Tenir au travail te coûte toute ton énergie ? On travaille ce qui te permet de durer. On en parle →

La RQTH est-elle possible avec une endométriose ?

Oui, au cas par cas. La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé n'est pas réservée aux handicaps visibles : elle s'adresse à toute personne dont l'état de santé réduit durablement les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi. Une endométriose invalidante entre dans ce cadre.

La demande se fait auprès de la MDPH de ton département, avec le formulaire unique *cerfa n° 15692\01 accompagné du certificat médical rempli par ton médecin, généraliste ou spécialiste. C'est la commission (la CDAPH) qui décide. Selon monparcourshandicap.gouv.fr, la RQTH est attribuée pour une durée de 1 à 10 ans**, renouvelable.

Ce qu'elle t'apporte :

  • une obligation pour l'employeur d'étudier les aménagements préconisés par le médecin du travail ;
  • une protection renforcée dans l'emploi ;
  • l'accès à des dispositifs d'accompagnement et de maintien dans l'emploi.

Ce que les femmes me rapportent une fois la RQTH obtenue, c'est rarement cette liste, c'est le changement de posture. Tu n'es plus en train de quémander une faveur, l'employeur a l'obligation d'étudier les aménagements préconisés par le médecin du travail. Plusieurs ont enfin obtenu le télétravail des jours de crise, ou un poste adapté, après l'avoir négocié en vain pendant des mois. Et comme la reconnaissance reste confidentielle, tu choisis seule à qui, et quand, tu en parles.

Le dossier fait peur, il se monte à deux

Le formulaire MDPH est long et le certificat médical demande du temps à ton médecin. Les associations de patientes (EndoFrance, ENDOmind) et les assistantes sociales montent ces dossiers toute l'année et connaissent les formulations qui passent. Plusieurs femmes que j'accompagne avaient renoncé une première fois, seules, avant d'obtenir la reconnaissance avec de l'aide.

Et s'il faut réduire son temps de travail ?

C'est le scénario que personne n'anticipe, et c'est souvent le plus douloureux à accepter. Deux dispositifs existent.

Le mi-temps thérapeutique (officiellement le temps partiel thérapeutique) permet de reprendre progressivement après un arrêt, sur prescription médicale et avec l'accord du médecin du travail. Il dure en général de quelques semaines à quelques mois. EndoFrance précise qu'il est renouvelable une fois, et jusqu'à deux ans pour les personnes en ALD. La rémunération se fait au prorata du temps travaillé, complétée par des indemnités journalières.

La pension d'invalidité relève d'une autre logique et concerne les situations où la capacité de travail est durablement réduite. Elle s'apprécie avec le médecin conseil de ta caisse.

Dans les deux cas, la décision n'est pas la tienne seule : elle se construit avec ton médecin et le médecin du travail. Passer par eux évite de devoir tout reprendre à zéro six mois plus tard.

Là où je peux t'aider, une fois les droits posés

Ce sur quoi je peux travailler avec toi, c'est l'énergie qu'il te reste une fois la journée finie, et la capacité à tenir sur la durée sans t'user complètement. C'est rarement ce qu'on vient chercher en premier, et c'est pourtant ce qui décide si tu tiens l'année.

Le reste n'est pas de mon ressort : un dossier RQTH, un certificat, ou une douleur qui t'empêche de travailler. Là-dessus, le médecin du travail et ton médecin traitant sont les bonnes personnes.

Préserver son énergie sur la durée

Une fois les droits posés, il reste le quotidien. Trois leviers ressortent régulièrement en accompagnement, et ils n'ont rien de spectaculaire :

  • le sommeil avant tout, parce que la fatigue de l'endométriose est le premier facteur qui fait lâcher au travail ;
  • une glycémie stable dans la journée, pour éviter le creux de 15 h qui s'ajoute à la douleur ;
  • le mouvement doux, même court, qui agit sur la douleur chronique mieux que le repos complet.

La trousse du bureau, enfin, parce que c'est du concret et que ça change une journée. Une bouillotte de bureau ou un patch chauffant, qui reste le geste le plus efficace sur une crampe utérine. Une infusion de gingembre, de camomille matricaire ou de mélisse dans le tiroir, à faire chauffer sans que personne ne pose de question. Un roll-on d'huile essentielle de lavande fine ou de petit grain bigarade à respirer avant une réunion difficile. Et le magnésium pris régulièrement plutôt qu'en catastrophe le jour où ça serre.

Et un quatrième levier, moins confortable : oser poser des limites. Le retentissement psychologique de la maladie, dont je parle dans la page moral, s'aggrave beaucoup quand on tient à tout prix sans rien dire. Le détail des leviers est réuni dans le dossier de fond sur l'endométriose.

Ce qu'on peut organiser pour tenir sur la durée

Deux femmes me parlent de leur travail le même mois. La première a des journées de règles ingérables, trois ou quatre jours par cycle, et le reste du temps ça va : chez elle, tout le travail consiste à préparer ces jours-là et à aménager ce qui peut l'être. La seconde n'a pas de pic, elle a une fatigue de fond qui rend chaque semaine plus lourde que la précédente : chez elle, la question n'est pas le cycle, c'est la récupération.

Deux situations, deux stratégies. La première se prépare avec un calendrier, la seconde se règle avec des nuits et des réserves.

Ce que je vais te demander

Combien de jours par cycle sont vraiment difficiles. À quelle heure tu te lèves et à quelle heure tu t'endors, en semaine et le week-end. Ce que tu manges les jours de rush. Si tu bouges encore, et quand tu as arrêté. Ce que tu fais des heures qui suivent une journée dure. Et ce qu'il te reste le vendredi soir.

Ce que je travaille : la régularité des nuits, la stabilité de la glycémie sur des journées hachées, un mouvement dosé pour ne pas ajouter de la fatigue à la fatigue, et les moments de récupération que tu peux réellement caler dans une semaine de travail. Rien de spectaculaire, et c'est exactement ce qui tient sur douze mois.

Les questions d'arrêt de travail, d'aménagement de poste et de reconnaissance administrative relèvent de ton médecin et de la médecine du travail, jamais de moi.

Ce que je vois en consultation

Beaucoup de femmes tiennent au travail en puisant sur des réserves qu'elles n'ont plus. Une fois tes droits posés, mon travail commence : préserver ton énergie sur la durée.

Préserver mon énergie

Questions fréquentes

Voici ce que les femmes me demandent quand la maladie déborde sur le travail.

Dois-je dire à mon employeur que j'ai une endométriose ?

Non, aucun texte ne t'y oblige, et c'est une bonne chose à savoir avant de se lancer dans des explications. La voie la plus protectrice passe par le médecin du travail, qui est tenu au secret médical : il transmet à ton employeur des préconisations d'aménagement, sans jamais lui communiquer ton diagnostic. Autrement dit, ton employeur apprend qu'il faut adapter ton poste, pas pourquoi. Tu peux le contacter toi-même, sans en informer ton employeur au préalable et sans attendre la visite périodique. C'est un rendez-vous confidentiel, et beaucoup de femmes ignorent qu'il leur est ouvert à tout moment. Rien ne t'y oblige, et le médecin du travail est tenu au secret médical vis-à-vis de ton employeur.

Combien de temps d'arrêt après une cœlioscopie pour endométriose ?

Cela dépend entièrement du geste réalisé, de ton métier et de ta récupération, et c'est ton chirurgien qui le fixe : il n'existe pas de durée standard qu'on pourrait annoncer ici sans te tromper. Un geste sur l'intestin et une simple exploration ne se comparent pas, un poste debout et un poste assis non plus. Ce que je peux dire, c'est que la reprise se prépare plutôt qu'elle ne s'improvise, et qu'un mi-temps thérapeutique est possible quand l'arrêt a été long. Pose la question avant l'intervention, pas après. Le détail des suites opératoires est sur sa page. La durée dépend de l'étendue du geste chirurgical, elle se demande au chirurgien avant l'opération.

Puis-je obtenir une RQTH avec une endométriose ?

Oui, c'est possible dans les formes invalidantes, et l'évaluation se fait au cas par cas par la MDPH. Point important : la reconnaissance porte sur le retentissement de la maladie sur ton emploi, pas sur le stade ou l'étendue des lésions. Une endométriose superficielle qui te cloue trois jours par mois pèse donc plus qu'une forme profonde silencieuse. Elle est attribuée pour une durée de un à dix ans, renouvelable, et facilite les aménagements de poste. Le dossier se prépare comme celui de l'ALD : en décrivant ta vie réelle, les journées manquées, celles tenues en serrant les dents. La RQTH s'apprécie sur le retentissement au travail, pas sur le diagnostic lui-même.

Concrètement, qu'est-ce que la RQTH change une fois obtenue ?

L'effet le plus cité par les femmes que j'accompagne n'est pas administratif, il est humain, c'est d'arrêter de tenir en serrant les dents sans rien dire. Les aménagements deviennent un cadre que l'employeur doit étudier, pas une faveur à arracher, et dans les formes invalidantes elle ouvre l'accès à l'accompagnement au maintien dans l'emploi. Elle reste confidentielle : aucune obligation d'en parler à ton employeur, ni de la mentionner sur ton CV. Beaucoup de femmes obtiennent alors le télétravail des jours de crise ou un poste adapté qu'elles négociaient en vain. Elle ouvre l'accès à des aménagements de poste et à un accompagnement, sans que ton employeur connaisse ta maladie.

Le congé menstruel est-il obligatoire en France ?

Non. La proposition de loi de 2024 a été rejetée en commission au Sénat, et le Code du travail ne prévoit rien de spécifique pour les règles douloureuses. Seuls quelques accords d'entreprise en proposent un, avec des modalités très variables et sans garantie de durée. Autant le savoir pour ne pas construire ta stratégie là-dessus. En pratique, deux leviers sont bien plus accessibles et fonctionnent dès aujourd'hui : l'aménagement d'horaires et le télétravail ponctuel sur les jours de crise, l'un comme l'autre demandés via le médecin du travail. Et l'arrêt de travail reste possible, prescrit comme n'importe quel autre. Il n'existe pas de cadre national, seulement des accords d'entreprise ou de collectivité.

Mon employeur peut-il refuser un aménagement demandé par le médecin du travail ?

Il doit étudier la préconisation et, s'il ne peut pas la suivre, motiver son refus par écrit. Ce n'est donc pas un simple avis consultatif qu'on range dans un tiroir, et c'est précisément ce qui donne du poids au passage par le médecin du travail plutôt qu'à une demande informelle. Si le dialogue bloque, tu as des recours : le médecin du travail lui-même, les représentants du personnel, et l'inspection du travail. Je ne suis ni juriste ni médecin, et pour un litige, fais-toi conseiller par un professionnel du droit du travail. Beaucoup de syndicats et d'associations proposent une première orientation gratuite.

Peut-on être licenciée à cause de ses arrêts pour endométriose ?

Un licenciement fondé sur l'état de santé est discriminatoire, et donc interdit. La situation devient plus complexe quand des absences répétées désorganisent réellement l'entreprise, un motif que le droit examine différemment. C'est exactement là que la RQTH et le suivi par le médecin du travail changent la donne : ils montrent qu'un maintien dans l'emploi a été construit, avec des aménagements étudiés, plutôt qu'une succession d'absences subies. Anticiper vaut donc mieux que réagir. Et là encore, un conseil juridique s'impose dès que le sujet devient sérieux, plutôt qu'une fois la lettre reçue. Un licenciement fondé sur l'état de santé est interdit, et l'inaptitude suit une procédure encadrée.

Le travail de nuit aggrave-t-il l'endométriose ?

Les données solides manquent pour l'affirmer, et je ne vais pas te dire l'inverse. Ce qu'on sait en revanche est déjà utile : le travail de nuit désorganise l'horloge interne et le sommeil, et le manque de sommeil est fortement associé à la fatigue comme à l'amplification de la douleur. Autrement dit, il n'aggrave peut-être pas les lésions, mais il rend la maladie plus dure à vivre. En pratique, c'est un motif tout à fait recevable pour demander un aménagement au médecin du travail. Et si les nuits restent, protéger le sommeil de jour devient une priorité, pas un luxe.

Vaut-il mieux un arrêt long ou plusieurs arrêts courts ?

Il n'y a pas de bonne réponse générale, et c'est une décision médicale qui dépend de ton poste, de tes cycles et de ton état d'épuisement. Ce que je vois souvent, c'est le même scénario : des arrêts courts enchaînés en pleine crise, cycle après cycle, jusqu'à l'épuisement complet, sans jamais rien reconstruire. Un arrêt plus construit, suivi d'une reprise progressive ou d'un mi-temps thérapeutique, permet parfois de sortir de ce cycle pour de bon. C'est exactement le type de question à poser au médecin du travail, qui connaît ton poste comme ton médecin traitant ne le connaît pas. Ça dépend de ton poste et de ton rythme de crises, la question se prépare avec ton médecin traitant.

Mentions importantes

Médecine et naturopathie travaillent ensemble. Le diagnostic et le traitement appartiennent à ton médecin. Le terrain qui entretient tes symptômes, l'assiette, le sommeil, la digestion, la charge nerveuse, c'est mon domaine, et il pèse autant sur ton quotidien. Les informations juridiques et administratives ci-dessus sont des repères généraux, à jour de ce que je peux vérifier, et non un conseil personnalisé : pour ta situation, réfère-toi à la médecine du travail, à ta MDPH, à ta caisse d'assurance maladie ou à un professionnel du droit. En cas de doute ou de symptôme, parles-en à ton médecin. Les études citées sont listées sur la page sources.

Avançons ensemble

Si l'endométriose complique ta vie professionnelle et que tu veux préserver l'énergie qu'il te reste, on peut en parler. Ensemble, on prend soin de ton terrain pour tenir dans la durée, avec ton suivi médical.

Prenons rendez-vous