En bref
Endométriose et violences se croisent bien plus souvent qu'on ne le dit à voix haute. En consultation, je rencontre régulièrement des femmes qui ont vécu des violences gynécologiques, sexuelles ou conjugales, et dont le corps s'est mis en garde : périnée verrouillé, ventre en alerte, douleur amplifiée. Ce n'est pas dans ta tête. Et ça se travaille, à plusieurs.
Elle est venue pour ses ballonnements.
On parle vingt minutes d'assiette, de transit, de règles. Puis je pose la question que je pose à toutes : « est-ce que les examens gynéco se passent bien ? » Elle regarde ses mains. Elle dit « ça va », puis elle dit « enfin, non ». Et en dix minutes, on est très loin du ventre.
Ça m'arrive souvent. Beaucoup trop souvent pour que je continue à faire comme si ça n'existait pas. C'est pour ça que cette page existe, alors qu'elle ne parle ni d'alimentation, ni de plantes, ni de cycle.
Elle complète la page mère sur l'endométriose sur un angle dont on ne parle presque jamais : ce que des violences vécues font à un corps qui a déjà mal, et ce qu'on peut en faire.
Pourquoi une page sur les violences dans un dossier sur l'endométriose ?
Parce que je le vois. Pas une fois par an, régulièrement.
Des femmes qui ont vécu un examen gynécologique brutal et qui n'ont plus remis les pieds chez un médecin depuis. Des femmes qui ont subi des attouchements enfant, un viol à vingt ans, des années de violences psychologiques dans leur couple. Des femmes chez qui c'est arrivé dans le cercle familial, ce qui rend tout plus compliqué encore.
Je précise tout de suite ce que ce constat est, et ce qu'il n'est pas. C'est mon observation de terrain, celle d'une naturopathe qui reçoit des femmes atteintes d'endométriose et qui prend le temps de leur poser des questions que personne ne leur pose. Ce n'est pas une statistique, je ne compte pas mes consultations et je ne prétends pas mesurer quoi que ce soit. Ce que je peux dire, c'est que dès qu'on ouvre la porte, il y a du monde derrière.
Et ce que je constate rejoint ce que les chiffres nationaux décrivent depuis des années. En France, l'enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » du ministère de l'Intérieur estimait pour la seule année 2023 à 277 000 le nombre de femmes de 18 ans et plus victimes de viols, tentatives de viol ou agressions sexuelles, et à 376 000 celles victimes de violences au sein du couple. Dans le premier cas, 7 % ont porté plainte. Dans le second, 19 %.
Autrement dit : la très grande majorité de ces femmes ne sont dans aucun dossier, aucun tribunal, aucune statistique judiciaire. Elles sont dans nos cabinets. Elles viennent pour leur ventre.
Ce que je fais de ce constat
Rien d'héroïque : je pose la question, et je me tais pendant qu'elle répond. Beaucoup de femmes me disent que c'est la première fois qu'on la leur pose. Ça ne soigne rien, et ce n'est pas mon rôle de soigner ça. Mais ça remet en mouvement quelque chose qui était bloqué depuis longtemps, et ça permet d'orienter vers la bonne personne, ce qui est très exactement mon travail.
Existe-t-il un lien prouvé entre violences et endométriose ?
Il existe une association documentée. C'est plus prudent, et plus honnête, que de dire un lien de cause à effet.
L'étude la plus solide sur le sujet a suivi 60 595 femmes pendant 24 ans dans la cohorte américaine Nurses' Health Study II. Publiée dans Human Reproduction en 2018, elle a recensé 3 394 cas d'endométriose confirmés par cœlioscopie, donc des diagnostics certains, et croisé ces cas avec les violences subies dans l'enfance et l'adolescence.
Voici le sur-risque mesuré par Harris et ses collègues, situation par situation, comparé aux femmes qui ne rapportaient aucune violence.
Plus les violences ont été graves, répétées et cumulées, plus le risque monte. C'est ce qu'on appelle une relation dose-effet, et c'est ce qui rend ce résultat difficile à balayer d'un revers de main.
Maintenant, les limites, parce qu'elles comptent autant que le résultat. Les violences ont été déclarées par les participantes des années après les faits, ce qui expose à des biais de mémoire. La cohorte est composée d'infirmières américaines, majoritairement blanches, ce qui ne représente pas toutes les femmes. Et une association n'a jamais démontré une cause : on peut aussi imaginer qu'une femme ayant vécu des violences consulte différemment, soit examinée différemment, et soit donc diagnostiquée différemment.
Ce que je retiens, et ce que je dis en consultation : personne ne peut affirmer que ce que tu as vécu t'a donné une endométriose. Et personne ne peut affirmer non plus que ça n'a rien à voir. Entre les deux, il y a un espace, et c'est dans cet espace qu'on travaille.
La bonne nouvelle, elle est là : ce qui se joue dans cet espace, contrairement aux lésions, est très accessible. Le niveau d'alerte d'un corps, ça se fait redescendre.
Qu'est-ce qu'une violence gynécologique ?
C'est un terme qui hérisse, alors autant le poser calmement.
Le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes a remis en juin 2018 un rapport intitulé Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. Il y décrit des gestes réalisés sans explication ni accord, des remarques sur le corps ou la sexualité, une douleur balayée d'un revers de main, des examens poursuivis malgré une demande d'arrêt. Il ne s'agit pas de mettre en cause les soignants dans leur ensemble, le rapport le dit lui-même, et je le pense profondément : j'adresse des femmes à des gynécologues formidables toutes les semaines.
Il s'agit de nommer des pratiques précises, pour pouvoir les faire reculer.
En juin 2026, l'association StopVOG a publié la première enquête nationale française sur le consentement en gynécologie, renseignée par 10 152 personnes entre juillet et décembre 2025. Ce n'est pas un échantillon représentatif, les autrices le précisent honnêtement, et c'est à ce jour le plus gros corpus recueilli en France sur le sujet.
Ce qu'elle mesure, le voici.
Le dernier chiffre est celui qui me préoccupe le plus, et c'est aussi le plus réversible : une femme qui ne retourne pas consulter est une femme qui ne sera pas diagnostiquée. Retrouver un praticien avec qui ça se passe bien répare une bonne partie de ce chiffre.
Une phrase de cette enquête, rapportée par une répondante, résonne particulièrement ici : « C'est dans votre tête, toutes les femmes souffrent. L'endométriose c'est à la mode. »
Si tu as entendu ça, tu sais l'effet que ça fait. Et tu sais aussi pourquoi il faut parfois sept ans pour poser un diagnostic. Le chemin jusqu'au diagnostic est déjà long quand tout se passe bien. Quand la douleur est niée en chemin, il s'allonge encore.
Ce qui change tout, et qui ne coûte rien
Un examen gynécologique se prépare et se négocie. Tu peux demander qu'on t'explique le geste avant, demander un spéculum plus petit, demander à ce qu'on s'arrête, demander à venir accompagnée, ou demander à être suivie par une sage-femme. Ce ne sont pas des caprices, ce sont tes droits, et la loi du 4 mars 2002 les inscrit noir sur blanc. Beaucoup de femmes que j'accompagne ont retrouvé un suivi gynéco simplement en changeant de praticien. C'est souvent la première marche, et elle est franchissable.
Comment le corps garde-t-il la trace de ce qu'il a vécu ?
Là, on quitte le militant pour la physiologie. Et c'est une bonne nouvelle, parce que la physiologie, ça se travaille.

Un corps qui a vécu une agression, une douleur imposée ou une menace prolongée ne repart pas de zéro le lendemain. Il reste en veille. Concrètement, trois choses s'installent, et elles se cumulent avec ce que fait déjà l'endométriose.
Le périnée se verrouille. C'est un réflexe de protection, exactement comme on ferme le poing. Sauf que le poing se rouvre, et que le périnée, lui, peut rester serré des années. Un périnée en tension permanente fait mal tout seul, rend les rapports douloureux et aggrave les douleurs de l'endométriose qui se jouent déjà dans cette zone.
Le système d'alerte reste allumé. Vigilance permanente, sursauts, sommeil léger, cortisol élevé. Or le cortisol chronique abaisse la progestérone, entretient l'inflammation et fait descendre le seuil à partir duquel on sent la douleur. Le résultat est mesurable : à lésion égale, une femme épuisée et en alerte a plus mal.
Le ventre encaisse. Le stress chronique modifie la perméabilité intestinale et la motricité digestive. C'est l'une des raisons pour lesquelles les symptômes digestifs et le ventre qui double de volume sont si fréquents, et pourquoi ils flambent dans les périodes de tension.
Rien de tout ça n'est « psychologique » au sens où on l'entend souvent, c'est-à-dire imaginaire. C'est un corps qui fait exactement ce pour quoi il est programmé : se protéger. Le problème, c'est qu'il ne sait pas quand s'arrêter.
Vaginisme : quand le corps dit non avant toi
Le vaginisme est une contraction involontaire et réflexe des muscles autour du vagin, qui rend la pénétration très douloureuse ou impossible. Involontaire : c'est le mot qui compte. Aucune femme ne décide de se contracter, et aucune ne peut décider de se décontracter.
Selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, environ 1 % des femmes en âge de procréer sont concernées, et le vaginisme représente 6 à 15 % des consultations de sexologie. Le DSM-5 le regroupe aujourd'hui avec les rapports douloureux sous le nom de trouble de la douleur génito-pelvienne et de la pénétration.
Une précision qui me tient à cœur, parce que je ne veux pas qu'une lectrice referme cette page avec une étiquette qui n'est pas la sienne : le vaginisme n'a pas toujours une histoire de violence derrière. Il peut venir d'une peur de la douleur installée après des rapports douloureux, d'une éducation où le corps était un sujet fermé, d'une première fois ratée, ou de rien d'identifiable. L'endométriose seule, avec ses rapports douloureux répétés, suffit largement à l'installer : le corps apprend qu'ici ça fait mal, et il se ferme.
Ce qui est vrai dans tous les cas, c'est que ça se prend en charge, et plutôt bien. La rééducation périnéale avec une kinésithérapeute ou une sage-femme formée, associée à un accompagnement psychologique, est la voie recommandée. Ce sont deux métiers, aucun des deux n'est le mien, et je travaille avec les deux. Le sujet est repris en entier, causes et prises en charge chiffrées, sur la page consacrée au vaginisme.
| Ce que le corps installe | Ce que ça donne au quotidien | Qui s'en occupe |
|---|---|---|
| Périnée en tension permanente | Douleurs pelviennes, rapports douloureux, vaginisme | Kinésithérapeute ou sage-femme formée au périnée |
| Système nerveux en alerte | Sommeil haché, hypervigilance, seuil de douleur abaissé | Psychologue formé au psychotraumatisme, en appui du terrain |
| Ventre réactif | Ballonnements, transit chamboulé, endo belly qui flambe au stress | Médecin pour écarter le reste, naturopathe pour le terrain |
| Évitement des soins | Suivi gynéco abandonné, diagnostic qui recule | Changer de praticien, sage-femme, consultation accompagnée |
| Rapport au corps abîmé | Sensation d'être coupée de son corps, dégoût, mise à distance | Psychologue, et approches psycho corporelles douces |
Ce que je vois en consultation
Beaucoup de femmes que je reçois me racontent quelque chose qu'elles n'ont jamais dit à un soignant. Pas parce que je suis douée : parce que je pose la question, et que j'ai le temps d'écouter la réponse.
En parler simplementEt quand la violence est dans le couple ?
C'est le versant le plus difficile à écrire, et je ne vais pas le contourner.
En mars 2025, l'association ENDOmind a publié l'étude Sexualité, couple et endométriose, menée auprès de 1 152 répondantes. Deux chiffres en sortent, et ils se répondent.
Dans cette même étude ENDOmind, ces violences sont très majoritairement psychologiques et sexuelles. Ces chiffres décrivent une réalité largement partagée, et ils disent surtout que ce qui arrive dans ton couple n'a rien d'une exception, ni d'une fatalité.
La mécanique est presque toujours la même. La douleur rend les rapports difficiles. Le sujet devient tendu. Elle finit par céder pour avoir la paix, ou pour ne pas décevoir. Le corps se crispe, la douleur augmente, l'appréhension s'installe, et la fois suivante est pire.
Un couple qui traverse ça sans en parler s'abîme. Un couple qui en parle, souvent, tient. Le versant relationnel et intime est traité en détail sur la page consacrée à la sexualité, avec les pistes concrètes qui vont avec.
Et il faut dire la ligne, clairement, parce que beaucoup de femmes ne savent pas où elle passe : insister, faire pression, culpabiliser, obtenir un rapport de quelqu'un qui a dit non ou qui n'est pas en état de dire oui, ce n'est pas une difficulté de couple. Depuis la loi du 6 novembre 2025, le code pénal français le dit encore plus nettement : il n'y a de rapport consenti que si le consentement est libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable. Le silence n'est pas un accord. La sidération non plus.
Si tu es en danger, ou si tu as un doute
Le 3919 est gratuit, anonyme, ouvert 24 h/24 et 7 j/7, et joignable en douze langues. Il n'apparaît pas sur les factures de téléphone. On peut appeler pour soi, pour une amie, ou simplement pour poser une question et raccrocher. Personne ne te demandera de décider quoi que ce soit. Si le danger est immédiat, c'est le 17, ou le 114 par SMS quand appeler est impossible.
Ce que je peux travailler, et ce qui ne m'appartient pas
Je vais être très nette, parce que sur ce sujet-là le flou serait une faute.
Je ne traite pas les traumatismes. Ce n'est pas mon métier, je n'en ai ni la formation ni les outils, et une naturopathe qui prétendrait « débloquer » une mémoire traumatique avec des plantes et de la respiration ferait courir un vrai risque. Si tu croises ce discours quelque part, fuis.
Ce que je fais, c'est repérer, nommer, et orienter. Je pose la question, j'écoute sans commenter, je dis ce que je vois, et je passe la main. Concrètement, j'ai identifié des psychologues formées au psychotraumatisme avec qui je travaille de concert : je sais à qui j'envoie une femme selon ce qu'elle me raconte, et je m'assure qu'elle n'a pas à chercher toute seule au moment où elle en a le moins la force. Trouver le bon professionnel est souvent l'obstacle qui fait tout abandonner, et cet obstacle-là, je peux le lever.

Et je travaille le terrain, pendant que le reste se fait ailleurs. C'est ma part, elle est réelle, et elle rend le reste plus accessible. Un corps mieux nourri, mieux reposé et moins enflammé encaisse mieux un travail psychologique exigeant. J'ai vu des femmes tenir un suivi psy long parce qu'elles dormaient enfin.
| Ce sur quoi je travaille avec toi | Pourquoi ça compte ici |
|---|---|
| Sommeil et récupération | Un corps en alerte dort mal, et un corps qui dort mal a plus mal le lendemain |
| Terrain inflammatoire | L'inflammation amplifie la douleur, l'assiette est un levier direct |
| Charge de stress et système nerveux | Respiration, cohérence cardiaque, rythme : faire redescendre le niveau d'alerte général |
| Confort digestif | Le ventre est souvent le premier à parler, et le premier à répondre |
| Réserves et énergie | Magnésium, vitamine D, fer : de quoi tenir un accompagnement dans la durée |
Quand une plante entre dans ce tableau, c'est toujours pour la même raison : soutenir le sommeil et faire redescendre le niveau d'alerte, pour que le travail qui se fait ailleurs soit tenable. La passiflore, la ballote et l'aubépine sur la rumination et le cœur qui s'emballe, la valériane ou l'escholtzia le soir, le safran sur le moral, et le magnésium en fond. En olfaction, la lavande fine, la camomille romaine et le petit grain bigarade rendent service dans l'instant, et c'est parfois tout ce qu'on demande à un moment donné.
Une plante à écarter absolument ici, et elle est partout : le millepertuis. Il diminue l'efficacité des contraceptifs hormonaux et interfère avec les antidépresseurs, deux traitements très fréquents dans cette situation. Le griffonia et le 5-HTP posent le même problème du côté des antidépresseurs.
Les leviers de fond sont détaillés sur la page le travail de terrain au long cours, et le versant moral sur endométriose, moral et anxiété.
Qui fait quoi, très précisément
Je ne suis ni médecin, ni psychologue, ni sexologue, ni kinésithérapeute. Je ne pose aucun diagnostic, je ne fais aucun examen, et je n'aborde ce sujet que si tu en as envie : si tu me dis que tu ne veux pas en parler, on n'en parle pas, et ça ne change rien à ce qu'on fait ensemble. Le travail sur ce qui a été vécu appartient à un psychologue formé au psychotraumatisme. La rééducation périnéale appartient à une kinésithérapeute ou une sage-femme. Je ne touche à aucun traitement en cours. Ce que je fais, c'est tenir le terrain, dire quand quelque chose me dépasse, et orienter vers ceux qui savent.
Vers qui se tourner, et par où commencer ?
Il n'y a pas de bon ordre, et il n'y a pas de délai. Certaines femmes en parlent trente ans après. C'est toujours le bon moment.
| Ressource | Pour quoi | Comment |
|---|---|---|
| 3919, Violences Femmes Info | Écoute, information, orientation, pour toi ou pour une proche | Gratuit, anonyme, 24 h/24 et 7 j/7, invisible sur les factures |
| 17 ou 114 par SMS | Danger immédiat | Le 114 quand parler ou appeler est impossible |
| 119, Allô Enfance en danger | Un enfant concerné, aujourd'hui | Gratuit, anonyme, 24 h/24 |
| 116 006, France Victimes | Aide aux victimes, accompagnement dans les démarches | Gratuit, 7 j/7 de 9 h à 20 h |
| arretonslesviolences.gouv.fr | Tchat, annuaire des associations près de chez toi, signalement en ligne | Le site gouvernemental de référence |
| Psychologue formé au psychotraumatisme | Le travail de fond sur ce qui a été vécu | Ton médecin traitant peut orienter, les CMP sont gratuits |
| Kinésithérapeute ou sage-femme du périnée | Périnée en tension, vaginisme, rapports douloureux | Sur prescription, remboursé |
| Maisons des femmes et CIDFF | Accueil pluridisciplinaire, juridique, médical, social, au même endroit | Annuaire sur le site gouvernemental |
Une chose vaut la peine d'être dite, parce qu'elle bloque beaucoup de monde : parler à un psychologue n'oblige à rien. Pas de plainte, pas de confrontation, pas de récit détaillé si tu ne veux pas. Tu gardes la main sur tout, du début à la fin. C'est même le principe de fond du travail sur le psychotraumatisme, et c'est ce qui le rend possible.
Et si tu ne te sens pas de commencer par là, commence par où tu peux. Un médecin traitant en qui tu as confiance, une sage-femme douce, une amie, ou une consultation où on parle d'abord de ton ventre. Les portes communiquent entre elles.
Tu n'as jamais osé en parler à un soignant ? Chez moi, la question se pose, et la réponse t'appartient. Prendre rendez-vous →
Ce que je voudrais qu'on retienne
Je vais me permettre une phrase personnelle, sur une page qui s'y prête.
Ce que je vois en consultation me met en colère. Pas contre les soignants, pas contre les hommes, contre un système qui a laissé des générations de femmes apprendre que leur douleur était négociable et leur corps un terrain d'accès libre. On a mis un mot sur la douleur des règles il y a quinze ans à peine. On commence tout juste à mettre un mot sur le reste.
Alors je pose la question à chaque consultation. C'est peu. C'est déjà quelque chose. Et quand la réponse est oui, je sais désormais vers qui l'envoyer, ce qui n'a pas toujours été le cas.
Ce qui est arrivé n'était pas ta faute. Ce qui vient après t'appartient, et il y a du monde pour t'aider à le porter.
Questions fréquentes
Voici les questions qui reviennent quand ce sujet finit par sortir.
Les violences peuvent-elles provoquer une endométriose ?
Personne ne peut l'affirmer aujourd'hui, et il faut se méfier de qui le prétend. Ce qui est établi, c'est une association : dans une étude publiée dans Human Reproduction en 2018, portant sur 60 595 femmes suivies 24 ans et 3 394 endométrioses confirmées par cœlioscopie, les femmes ayant subi des violences sévères, répétées et de plusieurs types avaient un risque supérieur de 79 %. Les auteurs eux-mêmes rappellent qu'une association n'est pas une preuve de cause à effet, notamment parce que les violences étaient déclarées longtemps après les faits. Ce qui est certain en revanche, c'est que des violences vécues aggravent le vécu de la maladie, et ça, ça se travaille.
Qu'est-ce qu'une violence gynécologique exactement ?
Le rapport du Haut Conseil à l'égalité de juin 2018 les définit comme des gestes, propos ou pratiques sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical : un examen fait sans explication ni accord, une remarque déplacée sur le corps ou la sexualité, une douleur balayée, un acte poursuivi malgré une demande d'arrêt. Il ne s'agit pas de dire que les soignants sont violents, et l'immense majorité ne le sont pas. Il s'agit de nommer des pratiques précises pour pouvoir les faire reculer, ce qui est en train d'arriver. La formation change, les mentalités aussi, et tu as le droit d'attendre mieux.
Est-ce que le vaginisme vient toujours d'un traumatisme ?
Non, et c'est important de le dire clairement. Le vaginisme peut s'installer après des rapports douloureux répétés, ce qui est fréquent avec une endométriose, après une éducation où le corps était un sujet interdit, après une première expérience mal vécue, ou sans cause identifiable. Le corps apprend simplement qu'à cet endroit, ça fait mal, et il se ferme pour protéger. Dans tous les cas de figure, la prise en charge se ressemble : rééducation périnéale avec une professionnelle formée, souvent associée à un accompagnement psychologique. Selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, environ 1 % des femmes en âge de procréer sont concernées, et le vaginisme pèse pour 6 à 15 % des consultations de sexologie : autant dire que les professionnels qui s'en occupent en voient régulièrement et savent quoi en faire. Les résultats sont bons, et c'est le message principal.
Mon gynécologue m'a fait mal et ne s'est pas arrêté. Est-ce que c'est grave ?
C'est en tout cas anormal, et tu as le droit de le dire. Dans l'enquête nationale StopVOG publiée en juin 2026 auprès de 10 152 personnes, 51,3 % rapportaient au moins un examen poursuivi malgré leur demande d'arrêter : tu n'es donc pas une exception, et tu n'es pas trop sensible. Tu peux changer de praticien sans avoir à te justifier, demander à être suivie par une sage-femme, ou signaler les faits, notamment via le site arretonslesviolences.gouv.fr. Le plus urgent reste de ne pas abandonner ton suivi, parce que c'est toi qui y perdrais. Un bon praticien existe, et il n'est pas si loin.
Comment savoir si ce que je vis dans mon couple est une violence ?
Un repère simple : la violence commence là où tu n'as plus le choix. Céder à un rapport pour avoir la paix, s'excuser d'avoir mal, redouter la réaction de l'autre quand on dit non, ce sont des signaux. Depuis la loi du 6 novembre 2025, le code pénal français précise qu'il n'y a de consentement qu'à condition qu'il soit libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable, et qu'il ne se déduit ni du silence ni de la sidération. Autre repère utile : la violence n'est pas toujours physique, et elle est même le plus souvent psychologique ou sexuelle, ce que confirme l'étude ENDOmind de mars 2025, où près de 45 % des répondantes déclaraient au moins une forme de violence de la part de leur partenaire. Si tu hésites, appelle le 3919 : c'est anonyme, gratuit, disponible à toute heure, et poser la question n'engage strictement à rien.
Est-ce qu'une naturopathe peut m'aider à guérir d'un traumatisme ?
Non, et méfie-toi de qui te dira l'inverse. Ce n'est ni ma formation ni mon rôle, et ce sujet appartient à des psychologues formés au psychotraumatisme, dont les approches ont fait leurs preuves. Ce que je peux faire, c'est repérer, nommer, orienter vers des professionnelles que j'ai identifiées, et travailler ton terrain pendant que ce travail-là se fait ailleurs : sommeil, inflammation, digestion, niveau de stress, réserves. C'est une part réelle du chemin, et elle rend souvent le reste tenable : j'ai vu des femmes tenir un suivi psychologique long et exigeant parce qu'elles dormaient enfin correctement. Mais elle ne remplace rien, et une naturopathe qui prétendrait « débloquer » une mémoire traumatique avec des plantes et de la respiration te ferait courir un vrai risque.
Faut-il en parler à son médecin ou à son gynécologue ?
Si tu le peux, oui, et pas seulement pour toi. Ça change la façon dont un examen sera conduit, ça explique des symptômes qui paraissaient sans cause, et ça évite des gestes vécus comme brutaux. Tu n'es pas obligée de tout raconter : une phrase suffit, du type « j'ai un antécédent de violences, j'ai besoin qu'on aille doucement et qu'on m'explique avant ». Si les mots ne viennent pas, écris-la et tends le papier, beaucoup de femmes procèdent ainsi et ça fonctionne très bien. Tu peux aussi demander à venir accompagnée, ou choisir d'en parler d'abord à une sage-femme, avec qui les consultations sont souvent plus longues. Un soignant qui reçoit mal cette information t'apprend surtout qu'il n'est pas le bon.
Je n'ai jamais rien dit, et c'était il y a longtemps. Est-ce trop tard ?
Non. Je reçois des femmes qui en parlent pour la première fois trente ou quarante ans après, et le corps, lui, n'a pas de calendrier : un périnée verrouillé à vingt ans peut toujours se relâcher à soixante. Le délai n'enlève rien à la légitimité de ce que tu ressens et ne change rien à ce qui est possible. La seule chose que le temps modifie, ce sont les délais judiciaires, et c'est un sujet séparé sur lequel une association d'aide aux victimes te renseignera mieux que moi, en appelant le 116 006 par exemple. Beaucoup de femmes attendent d'ailleurs de se sentir « assez solides » pour en parler, alors que c'est souvent l'inverse qui se produit : c'est d'en parler qui rend plus solide. Pour le reste, il n'est jamais trop tard pour commencer.
La naturopathie peut-elle remplacer un suivi médical ou psychologique ?
Non, jamais, et sur ce sujet moins que sur tout autre : la naturopathie ne remplace pas un médecin, et encore moins un psychologue. Je ne pose aucun diagnostic, je ne prescris rien et je n'accompagne jamais seule un psychotraumatisme. Mon travail vient en complément : je m'occupe du terrain, du sommeil, de l'inflammation et de l'énergie pendant que médecin, psychologue et kinésithérapeute font ce qui leur revient. C'est une équipe, chacun à sa place, et c'est comme ça que ça avance le mieux. Si un suivi manque à côté du mien, je te le dis, et j'ai les coordonnées de celles vers qui t'orienter. Les sources citées sur cette page sont réunies sur la page sources.
Pour aller plus loin
Mentions importantes
Je suis naturopathe, je ne suis ni médecin ni psychologue. La naturopathie accompagne l'hygiène de vie, elle ne soigne pas un psychotraumatisme et ne remplace jamais un suivi médical ou psychologique. Rien de ce que tu lis ici n'est un diagnostic. Si tu es en danger immédiat, appelle le 17, ou le 114 par SMS quand parler est impossible. Le 3919 répond gratuitement et anonymement, 24 h/24, sans trace sur les factures.
Avançons ensemble
Si ce que tu viens de lire te ressemble, sache que la question se pose ici sans jugement et que tu restes maîtresse de ce que tu en dis. Ensemble, on travaille ton terrain, ton énergie et ton confort, aux côtés de ton suivi médical, et j'oriente vers les bonnes personnes quand c'est nécessaire.
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