Le test salivaire de l'endométriose, tu en as forcément entendu parler. Depuis deux ans, chaque femme que j'accompagne pour une endométriose m'en parle, souvent avec la même phrase : « et ce fameux test de salive, je peux le faire ? ». Derrière la question, il y a l'espoir de raccourcir des années d'errance avec un simple crachat. La réalité est plus nuancée que les gros titres, et elle mérite qu'on prenne cinq minutes pour la poser calmement.

En bref

Le test salivaire de l'endométriose, ou Ziwig Endotest, analyse des micro-ARN présents dans la salive. L'étude ENDOmiRNA, publiée dans NEJM Evidence en novembre 2025 sur 971 patientes et financée par Ziwig, retrouve 97,3 % de sensibilité et 94,1 % de spécificité. Il est pris en charge à titre dérogatoire depuis février 2025, par un forfait de 839 € couvrant le test, l'acte et la consultation, dans une centaine de centres, pour des femmes dont l'imagerie n'a rien montré. En clair, si tu as mal et que tes images ne montrent rien, ce test a été pensé exactement pour toi, et tu n'as rien à débourser.

Qu'est-ce que le test salivaire de l'endométriose (Endotest) ?

C'est un test biologique développé par Ziwig, une entreprise lyonnaise. Le principe : ton corps laisse dans ta salive des traces de ce qui se passe ailleurs, sous forme de micro-ARN, de tout petits fragments génétiques qui pilotent l'activité de tes cellules.

Le laboratoire en séquence des milliers, puis un algorithme d'intelligence artificielle compare ton profil à une signature de 109 micro-ARN associée à l'endométriose. Il ne regarde pas une lésion, il lit une empreinte biologique. C'est exactement ce qui le rend intéressant chez les femmes dont l'imagerie ne montre rien alors qu'elles souffrent.

Le test porte le marquage CE comme dispositif médical de diagnostic in vitro. On l'appelle aussi Endotest, ou test salivaire Ziwig. Trois noms pour la même chose.

Kit de prélèvement salivaire Ziwig Endotest tenu dans une main, boîte turquoise au ruban jaune de l'endométriose
Le kit de prélèvement Ziwig Endotest (photo Ziwig)
109micro-ARN composent la signature analysée
971patientes dans l'étude de validation ENDOmiRNA (2025)
7 à 10 ansd'errance diagnostique en moyenne en France
1 femme sur 7concernée par l'endométriose

Comment se passe le test salivaire, concrètement ?

Beaucoup de femmes imaginent un kit reçu à la maison. Ce n'est pas le cas dans le circuit pris en charge.

Le prélèvement se fait à l'hôpital, dans un des centres désignés, après consultation avec un gynécologue. Tu craches dans un tube muni d'un conservateur qui stabilise les acides nucléiques. Le tube part au laboratoire. Le résultat revient en une dizaine de jours environ.

Pas d'aiguille, pas d'anesthésie, pas de sonde. Pour une maladie dont le diagnostic passait encore récemment par une cœlioscopie sous anesthésie générale, le contraste est saisissant.

Main tenant la boîte du kit de prélèvement salivaire
Le prélèvement se fait à l'hôpital, après consultation : pas à la maison

L'Endotest est-il fiable ?

C'est la question qui revient le plus, et elle est légitime.

Les chiffres les plus étoffés viennent de l'étude ENDOmiRNA, publiée dans NEJM Evidence en novembre 2025 : 971 patientes, 17 centres français, publics et privés. Résultats retrouvés : 97,3 % de sensibilité et 94,1 % de spécificité. Attention à ne pas lire ce tableau comme trois études qui se confirment l'une l'autre : la publication de 2022 sur 200 patientes est une analyse intermédiaire du même programme, et sa cohorte est incluse dans les 971. Traduit en français courant, le test rate très peu de femmes réellement atteintes, et se trompe rarement dans l'autre sens.

Un point qu'il faut avoir en tête pour lire ces chiffres correctement : cette étude est financée par Ziwig, la société qui commercialise le test, et les données examinées par la HAS venaient elles aussi du fabricant. Ça n'invalide pas les résultats, publiés dans une revue sérieuse et relus par des pairs. Mais ce n'est pas la même chose qu'une validation par une équipe sans lien avec le produit, et c'est exactement ce que la HAS réclame.

Attention à un piège si tu compares des articles : les chiffres varient d'une étude à l'autre, parce qu'ils ne portent pas sur les mêmes travaux. Voici comment les situer.

ÉtudeAnnéeEffectifSensibilitéSpécificité
Analyse intermédiaire (Bendifallah)2022~200 patientes~96 %chiffres élevés, discutés
Données de l'avis HAS (fournies par le fabricant)2024237 patientes~95 %~94 %
ENDOmiRNA (publication la plus large)2025971 patientes97,3 %94,1 %

Et le revers, parce qu'il existe. Par un avis du 21 décembre 2023, publié en janvier 2024, la Haute Autorité de santé avait refusé un remboursement classique, estimant que les données ne démontraient pas encore un impact suffisant sur la prise en charge réelle des patientes, et relevant sur ces données « un risque de biais et une applicabilité clinique incertaine ». Des médecins ont publiquement jugé l'effectif initial trop réduit. La HAS a demandé une étude complémentaire indépendante. Elle n'a pas encore eu lieu : l'étude EndoBest actuellement en cours est promue par Ziwig et porte sur l'utilité clinique du test, pas sur une réplication indépendante de ses performances.

Ce que ça change pour toi, très concrètement ? Peu de chose aujourd'hui. Le test existe, il est accessible, il est pris en charge, et ses résultats sont bons. Simplement, tant que cette réplication indépendante n'a pas eu lieu, un résultat se lit avec ton histoire et tes symptômes à côté, jamais tout seul. C'est d'ailleurs vrai de n'importe quel examen.

Ce que le test ne fait pas

Un test salivaire ne cartographie aucune lésion. Il ne dit ni où est ton endométriose, ni son étendue, ni sa forme. Il répond à une seule question : cette signature biologique est-elle présente. Pour savoir ce que tu as et où, l'échographie spécialisée et l'IRM de référence restent indispensables.

Qui peut faire le test salivaire aujourd'hui ?

L'accès est encadré, et il vise un profil bien précis. Autant savoir tout de suite si tu es dans les clous, ça évite d'y penser des semaines pour rien.

CritèreCe qui est demandé
Âgede 18 à 43 ans
Symptômesfortement évocateurs et invalidants
Imagerieéchographie et/ou IRM normale ou équivoque
Place dans le parcours3e intention, avant une cœlioscopie exploratrice
Prescriptionpar un gynécologue d'un des centres désignés

Autrement dit, il s'adresse aux femmes coincées dans la zone grise : celles qui ont mal, dont tout le monde reconnaît que le tableau colle, et dont les images ne montrent rien. Cette zone grise, je la croise souvent en consultation. Ce sont les femmes qui arrivent avec un dossier épais et cette phrase terrible : « on m'a dit que je n'avais rien ».

Les situations où le test ne peut pas se faire

La notice officielle du fabricant écarte quelques cas : une grossesse en cours, un antécédent de cancer ou de VIH, et une infection en cours le jour du prélèvement. S'y ajoutent les mauvaises conditions de recueil, qui faussent l'analyse : du sang ou des sécrétions dans la bouche, mais aussi un repas, un brossage de dents, un rouge à lèvres, une cigarette ou un chewing-gum juste avant de cracher. Le centre te donnera les consignes exactes à suivre le matin du rendez-vous. À l'inverse, deux bonnes nouvelles trop peu dites. Le prélèvement se fait à n'importe quel moment du cycle, et un traitement hormonal ne l'empêche pas. Tu n'as donc ni à attendre tes règles, ni à arrêter ta pilule pour le passer.

Une centaine de centres experts endométriose proposent le test. L'association EndoFrance recense les structures et les professionnels formés région par région, c'est le meilleur point de départ pour savoir vers qui te tourner.

Combien coûte l'Endotest ?

Réponse courte : si tu entres dans les critères, le test lui-même est pris en charge intégralement. En France, il n'est accessible que sur prescription, dans un centre désigné : il n'y a pas de circuit d'achat direct pour les particulières.

Le seul montant public est le forfait de 839 € versé par l'Assurance Maladie à l'établissement pour chaque test réalisé dans le cadre de l'expérimentation. Ce n'est pas un prix de vente, c'est ce que coûte l'acte à la collectivité. Aucune femme éligible ne sort un centime.

Méfie-toi des tests salivaires vendus en ligne

En France, l'Endotest passe par une prescription et un centre désigné : il ne se commande pas en pharmacie ni sur internet. Si un site te propose un « test salivaire de l'endométriose » à commander depuis chez toi, ce n'est pas ce parcours-là. Un test non validé ne te dira rien de fiable. Garde ton argent et ton énergie pour le vrai circuit, celui qui passe par un centre désigné et qui ne te coûte rien.

L'Endotest est-il remboursé ?

Oui, mais sous condition, et à titre temporaire. Voici la chronologie, parce qu'elle explique beaucoup de la confusion ambiante.

  • Janvier 2024 : la HAS refuse un remboursement de droit commun, données jugées insuffisantes.
  • Octobre 2024 : avis favorable de la HAS à un forfait innovation, un dispositif d'accès précoce conditionné à une étude complémentaire.
  • Février 2025 : publication au Journal officiel. Prise en charge dérogatoire de 839 € par patiente, pour trois ans, dans le cadre de l'étude EndoBest.
  • Le dispositif prévoit jusqu'à 25 000 patientes sur trois ans, dont 2 500 incluses dans l'étude EndoBest elle-même. C'est un plafond prévisionnel, pas un nombre de femmes déjà testées.

Ce dispositif dérogatoire n'est pas un remboursement classique : il finance un accès anticipé, le temps que l'étude tranche. C'est pour ça qu'il est borné dans le temps et réservé à un profil précis.

Traduit dans ton quotidien, ça donne une phrase simple. Si tu coches les critères et que tu passes par un centre désigné, le test est payé, et il l'est au moins pour la durée de l'expérimentation. La seule chose qui bouge, c'est la suite, et c'est ton gynécologue qui aura l'info à jour.

Une info qui bouge, à vérifier

Au moment où j'écris ces lignes, en juillet 2026, la décision de la HAS sur un remboursement définitif et généralisé n'est pas encore tombée. Le dossier complet devait lui être soumis dans le courant du second semestre. Avant de te déplacer, demande à ton gynécologue où en sont les conditions d'accès, elles évoluent vite.

Tu as mal et tes images ne montrent rien ? C'est exactement la situation où on avance autrement. Prendre rendez-vous →

Où se situe l'Endotest dans le parcours de diagnostic ?

Il ne remplace rien. Il s'ajoute. C'est le malentendu le plus répandu sur ce test.

La recommandation HAS de mai 2025 porte sur les examens d'imagerie, et pose l'ordre suivant : échographie endovaginale en première intention, IRM pelvienne en deuxième intention en cas d'échographie négative ou douteuse après échec du traitement médical. L'ensemble du parcours de diagnostic est détaillé sur sa propre page. Le test salivaire, lui, n'est pas mentionné dans ce texte : c'est l'avis HAS de 2024 et l'arrêté de février 2025 qui le placent en troisième intention, uniquement quand les images ne tranchent pas. Son objectif est d'éviter une cœlioscopie diagnostique, qui n'est plus recommandée d'emblée depuis 2018.

Dit autrement, l'ordre tient en trois temps. L'échographie d'abord, l'IRM ensuite si elle ne tranche pas, et le test salivaire seulement quand ces deux-là restent muettes alors que tu as mal.

Et il y a un point trop peu dit : la prise en charge de ta douleur ne dépend pas d'une image. Un traitement peut être engagé sur le tableau clinique. Le parcours d'imagerie recommandé le confirme, puisqu'il place l'IRM après un échec du traitement médical. Une part des endométrioses, à commencer par les formes superficielles, n'apparaît sur aucune imagerie. Pendant des années, ces femmes-là repartaient les mains vides. Ça, ça a changé. Depuis 2025, ta douleur suffit à ouvrir une prise en charge, même sans image à montrer. C'est écrit noir sur blanc dans les recommandations, et c'est une phrase qui a toute sa place dans ton prochain rendez-vous.

Image d'échographie pelvienne en niveaux de gris
Le test salivaire complète l'imagerie, il ne la remplace pas

Et le test sanguin dont on parle aussi ?

Ce sont deux pistes différentes, souvent confondues dans les articles, et la distinction compte.

Ziwig EndotestRecherche Institut Pasteur
Prélèvementsalivesang menstruel
Marqueurmicro-ARN salivairesanalyse multi-omique du sang menstruel
Stadepris en charge, en centresrecherche clinique
Horizondisponible aujourd'hui, sous conditionsétude MultiMENDo, encore au stade de la recherche

Le projet MultiMENDo, piloté par Ludivine Doridot (Inserm, Institut Cochin) dans la continuité de travaux initiés à l'Institut Pasteur avec Camille Berthelot, explore le sang des règles comme source d'information sur l'utérus. L'idée, à terme, serait un dépistage réalisable dans n'importe quel laboratoire de ville. Ce ne sera pas pour ton rendez-vous du mois prochain, la recherche avance à son rythme. Mais que deux équipes françaises cherchent en parallèle à repérer une endométriose sans passer par un bloc opératoire, avec un crachat ou quelques gouttes de sang de règles, ça aurait paru impensable il y a dix ans.

Un test négatif, est-ce que ça veut dire que je n'ai rien ?

Non. Et je tiens à cette réponse, parce que j'ai vu ce qu'un résultat mal expliqué peut faire.

Une femme que j'accompagnais est repartie effondrée d'un rendez-vous, persuadée qu'un test négatif signifiait qu'elle avait tout inventé. Elle avait mal depuis onze ans. Aucun test, aucune image, aucun algorithme ne peut annuler ta douleur. Un résultat oriente le médecin, il ne juge pas ton vécu.

C'est d'ailleurs valable dans les deux sens. Un test positif ne dit rien de la sévérité de ce que tu vis, et il ne détermine pas à lui seul ta prise en charge.

Si tu n'as pas encore de diagnostic et que tu veux mettre des mots sur tes symptômes avant d'en parler à ton médecin, mon test d'auto-évaluation en ligne peut t'aider à préparer ce rendez-vous.

Que faire en attendant ton rendez-vous ou ton résultat ?

Ce que je fais, c'est ce qui se passe autour. Un rendez-vous en centre expert s'obtient parfois à plusieurs mois, le résultat met une dizaine de jours de plus, et pendant tout ce temps tu continues à vivre avec des douleurs, une fatigue, un ventre qui gonfle. Ces mois-là, ils comptent, et c'est exactement là que je travaille. Le terrain inflammatoire, l'équilibre hormonal, le confort digestif, la gestion de la douleur et du stress. Quatre chantiers qui n'attendent aucun résultat de laboratoire pour commencer.

Ce que je ne fais pas, autant le dire tout de suite : poser un diagnostic, prescrire ce test ou l'interpréter. Ça, ça se passe entre ton médecin et toi.

Et un conseil très concret, qui ne coûte rien : note tes symptômes au fil des cycles en attendant. Dates, intensité, ce que ça t'empêche de faire. C'est ce carnet, bien plus qu'un discours le jour J, qui rendra ton rendez-vous utile.

Avant toute plante ou complément

Une plante n'est jamais anodine. Certaines interagissent avec un traitement hormonal, un anticoagulant ou ta pilule. La compatibilité avec ton terrain et tes traitements, c'est ce qu'on passe en revue ensemble en consultation, avant de commencer quoi que ce soit.

Le détail de ces leviers est réuni sur la page Endométriose : l'accompagner au naturel.

Ce qu'un test ne remplace pas

Quel que soit le résultat que tu attends, ou que tu viens de recevoir, la consultation commence de la même façon.

Ce que je te demanderai, quel que soit ton résultat

Depuis quand tu as mal, et à quel moment du cycle. Ce qui se passe côté digestif et côté vessie pendant tes règles. Comment tu dors la semaine d'avant. Ce qu'il te reste d'énergie le soir. Ce que tu manges les mauvais jours. Et ce que disent tes analyses.

Un test, même performant, dit s'il faut chercher plus loin. Il ne dit ni pourquoi tu as mal aujourd'hui, ni par quoi commencer demain. Ces réponses-là, elles viennent de toi.

Que le résultat soit positif ou négatif, le travail de terrain reste le même : l'inflammation, les nuits, le stress, la digestion, les réserves. Je ne prescris aucun test, je n'en interprète aucun, et je ne me substitue jamais au parcours médical qui suit.

Quand consulter, et ce qu'on travaille en parallèle

Des règles qui t'empêchent de travailler, des douleurs pendant les rapports, des troubles digestifs cycliques, des difficultés à concevoir : tout cela mérite un avis médical, test salivaire ou pas. En cas de doute, ton médecin ou une sage-femme reste la bonne porte d'entrée.

Ce que je vois en consultation

Le test, positif ou négatif, ne change rien à ce que tu ressens le matin en te levant. C'est là-dessus que je travaille : l'inflammation, la digestion, le sommeil.

Parler de mes symptômes

Le parcours médical suit son cours, et le terrain avance à côté : inflammation, transit, énergie, stress. Les deux se mènent de front, et c'est la combinaison qui donne les meilleurs résultats.

Questions fréquentes

Les questions les plus fréquentes sur le test salivaire depuis qu'il est disponible en France.

Le test salivaire de l'endométriose est-il remboursé ?

Oui, dans un cadre dérogatoire depuis février 2025, à hauteur de 839 euros par patiente, à condition de répondre aux critères et de passer par un centre désigné. Ce forfait couvre le dispositif, l'acte et la consultation, ce qui veut dire qu'il n'y a normalement rien à avancer. Vérifie tout de même auprès du centre s'il existe des honoraires complémentaires en secteur libéral, cela évite les mauvaises surprises. Attention à ne pas confondre ce cadre expérimental avec un remboursement généralisé : celui-ci n'est pas acté à ce jour, et la HAS attend une étude indépendante avant de se prononcer définitivement.

Quel est le prix de l'Endotest ?

Il n'est pas vendu aux particuliers en France, donc il n'existe pas de prix catalogue, et c'est une bonne chose : cela veut dire que personne ne peut te le vendre en direct sur internet. Le seul montant public est le forfait de 839 euros versé par l'Assurance Maladie dans le cadre de l'expérimentation, qui couvre le dispositif, l'acte de prélèvement et la consultation. Si tu tombes sur une offre payante hors de ce circuit, méfie-toi. Le bon réflexe est de passer par un centre expert et de te renseigner auprès de lui sur d'éventuels honoraires complémentaires. Le prix évolue avec les conditions de prise en charge, vérifie l'information à la source avant de t'engager.

Où et comment se passe le test, concrètement ?

Beaucoup de femmes imaginent un kit reçu à la maison : ce n'est pas le cas dans le circuit pris en charge. Le prélèvement se fait à l'hôpital, dans l'un des centres experts endométriose désignés par le ministère de la Santé, une centaine en France, après une consultation avec un gynécologue de ce centre. Tu craches dans un tube contenant un conservateur, le tube part au laboratoire, et le résultat revient en une dizaine de jours. Pas d'aiguille, pas d'anesthésie, pas de sonde. Les associations de patientes recensent les structures région par région. Le prélèvement lui-même est simple et indolore, c'est le parcours en amont qui demande de la patience.

L'Endotest est-il fiable ?

Les chiffres publiés sont bons : l'étude ENDOmiRNA de 2025, menée sur 971 patientes dans 17 centres, retrouve 97,3 % de sensibilité et 94,1 % de spécificité. Autrement dit, le test rate peu d'endométrioses et se trompe peu dans l'autre sens. Il faut cependant nuancer honnêtement : la HAS a demandé une étude indépendante avant de se prononcer définitivement, ce qui est la démarche normale pour un test récent, et une bonne nouvelle sur le fond. En attendant ce verdict, le test reste accessible et pris en charge pour les femmes qui entrent dans les critères. Ni miracle, ni gadget.

Comment obtenir le test salivaire de l'endométriose ?

Il y a un parcours, et on ne peut pas le court-circuiter. Trois conditions : avoir entre 18 et 43 ans, présenter des symptômes évocateurs et invalidants, et avoir déjà fait le parcours d'imagerie, échographie puis IRM, sans résultat concluant. C'est ensuite le gynécologue du centre expert qui décide de le prescrire, après consultation. On ne peut donc ni le demander directement, ni le passer sans ces étapes. Si tu n'as pas encore fait l'imagerie, c'est par là qu'il faut commencer, avec un praticien référent. Le parcours de diagnostic complet détaille l'ordre des examens. Il passe par une prescription médicale, pas par un achat direct en pharmacie.

Puis-je faire le test si mon échographie est normale ?

Oui, c'est même exactement le public visé : femmes de 18 à 43 ans, symptômes évocateurs et invalidants, imagerie normale ou non concluante. Le test a été conçu pour ces situations où l'on tourne en rond, avec des examens qui ne montrent rien et une douleur bien réelle. Rappelle-toi que la HAS demande explicitement de ne pas conclure à l'absence d'endométriose devant une échographie normale : les formes superficielles ne se voient sur aucune imagerie. Une échographie normale n'est donc pas la fin du parcours, c'est souvent le moment d'aller vers un centre expert. Une échographie normale n'exclut rien, et c'est justement une des situations où le test a du sens.

Le test salivaire remplace-t-il la cœlioscopie ?

C'est précisément son objectif : éviter une cœlioscopie réalisée dans le seul but de poser un diagnostic. Pendant longtemps, il fallait passer par le bloc et une anesthésie générale pour être crue, ce qui explique une partie des délais historiques. Pour une maladie diagnostiquée comme ça il y a encore peu, l'idée de cracher dans un tube a de quoi impressionner. La cœlioscopie, elle, garde toute sa place quand elle sert à traiter, c'est-à-dire à retirer ou détruire des lésions. Ce sont deux usages différents, et c'est le premier que le test salivaire vient alléger. Il ne la remplace pas dans tous les cas, mais il évite à beaucoup de femmes d'y passer.

Un test négatif exclut-il l'endométriose ?

Non, et je tiens à cette réponse, parce que j'ai vu ce qu'un résultat mal expliqué peut faire. Une femme que j'accompagnais est repartie effondrée d'un rendez-vous, persuadée qu'un test négatif signifiait qu'elle avait tout inventé. Elle avait mal depuis onze ans. Aucun test, aucune image, aucun algorithme ne peut annuler ta douleur : un résultat oriente le médecin, il ne juge pas ton vécu. C'est d'ailleurs vrai dans les deux sens, un test positif ne dit rien de la sévérité de ce que tu vis. Depuis les recommandations de 2025, la douleur est un motif de prise en charge à part entière.

Et le test sanguin dont on entend parler ?

C'est une piste différente, souvent confondue avec l'Endotest dans les articles. Le projet MultiMENDo, piloté par Ludivine Doridot à l'Institut Cochin dans la continuité de travaux menés à l'Institut Pasteur, explore le sang des règles comme source d'information sur l'utérus. L'horizon serait un dépistage réalisable dans n'importe quel laboratoire de ville. Nuance importante : c'est encore de la recherche clinique, pas un test disponible, et ce ne sera pas pour ton rendez-vous du mois prochain. Cela dit, que deux équipes françaises cherchent en parallèle à repérer une endométriose sans bloc opératoire, c'était impensable il y a dix ans. Aucun test sanguin n'est validé pour le diagnostic à ce jour, quoi qu'en dise la publicité.

Peut-on faire le test à la maison ?

Non, pas dans le circuit pris en charge, et c'est la confusion la plus répandue sur ce test. Le prélèvement se fait à l'hôpital, dans un centre expert désigné, après une consultation avec un gynécologue de ce centre : c'est lui qui pose l'indication. Aucun kit officiel n'est envoyé au domicile, et rien ne se commande en ligne. Si tu croises une offre de ce genre, passe ton chemin et parles-en à ton médecin. Le seul « inconvénient » du circuit officiel, c'est le délai de rendez-vous en centre expert. En échange, le test est encadré, interprété par un professionnel, et pris en charge.

Mentions importantes

Médecine et naturopathie travaillent ensemble. Le diagnostic et le traitement appartiennent à ton médecin. Le terrain qui entretient tes symptômes, l'assiette, le sommeil, la digestion, la charge nerveuse, c'est mon domaine, et il pèse autant sur ton quotidien. Rien de ce que tu lis ici n'est un diagnostic ni un traitement, et je ne te demanderai jamais d'arrêter un suivi médical. Les repères chiffrés de cette page sont issus des avis de la Haute Autorité de santé (21 décembre 2023 et 17 octobre 2024), de la recommandation HAS sur l'imagerie de l'endométriose (mai 2025), de l'étude ENDOmiRNA publiée dans NEJM Evidence (novembre 2025) de la publication au Journal officiel de février 2025 et de la notice du fabricant (février 2026). Les conditions d'accès et de remboursement évoluent : vérifie l'information à jour auprès de ton médecin. Retrouve l'ensemble de mes références sur la page sources.

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Que tu attendes un rendez-vous, un résultat, ou que tu vives déjà avec un diagnostic, tu n'as pas à traverser cette période seule. On peut travailler ton terrain et ton confort au quotidien, aux côtés de ton suivi médical.

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