En bref

  • La thyroïde et le SMOP (anciennement SOPK) vont souvent de pair, et l'un est régulièrement oublié quand l'autre est diagnostiqué.
  • Les deux donnent un tableau qui se ressemble : fatigue de fond, prise de poids, cycles déréglés, frilosité.
  • Une thyroïde au ralenti augmente l'imprégnation androgénique : elle aggrave donc directement le SMOP.
  • Un bilan thyroïdien qui se limite à la TSH ne suffit pas toujours : c'est un point à discuter avec ton médecin.

Tu es fatiguée. Pas une fatigue de fin de journée, non : une lassitude de fond qui ne passe pas, même après une bonne nuit. Tes kilos s'installent sans que tu changes grand-chose à ton assiette. Tes cycles font n'importe quoi. Tu as froid quand les autres sont bien. Et à force de chercher, tu tombes sur deux mots qui reviennent : SMOP, et thyroïde. Alors, lequel des deux ? Ou les deux à la fois ?

Bonne question. Parce que ces deux déséquilibres se ressemblent, se croisent, et très souvent, s'accompagnent.

Je suis Perrine, naturopathe spécialisée en santé féminine. Ici, tu ne trouveras ni jargon ni promesse miracle. Juste de quoi comprendre pourquoi ton SMOP et ta thyroïde méritent d'être regardés ensemble, et découvrir tout ce que l'hygiène de vie peut faire pour soutenir ces deux terrains, aux côtés de ton suivi médical. Si tu veux d'abord revoir les bases, va faire un tour sur la page tout comprendre du SMOP.

Quel lien entre ovaires polykystiques et thyroïde ?

Un lien à double sens, et c'est ce qui le rend si souvent manqué. Une thyroïde au ralenti abaisse la SHBG et fait monter la LH, donc augmente directement l'imprégnation androgénique. Elle ralentit aussi le métabolisme, ce qui pousse le pancréas à sécréter plus d'insuline : Guénaëlle Abéguilé en fait l'une des principales causes d'hyperinsulinisme.

Conséquence pratique, et c'est le message de cette page : un bilan thyroïdien qui ne se limite pas à la TSH devrait être systématique dans ce contexte. → les dosages à demander

Souviens-toi de ce que veut dire le nouveau nom du syndrome. Le « P » de SMOP (Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien), c'est polyendocrinien : plusieurs glandes hormonales sont impliquées, pas seulement les ovaires. Le pancréas, les surrénales, et justement, la thyroïde.

2 déséquilibresqui se ressemblent et se cumulent : fatigue, poids, cycles
la TSH seule ne suffit pas: elle se complète idéalement de la T4 libre
1 thyroïde au ralentiaugmente directement l'imprégnation androgénique

C'est tout l'intérêt de ce nouveau regard : il t'invite à ne pas t'arrêter aux ovaires. Quand on explore un SMOP, on regarde l'ensemble du chef d'orchestre hormonal. Et dans cet orchestre, la thyroïde est un instrument central, souvent laissé de côté parce qu'on l'oublie ou parce qu'on ne l'explore qu'à moitié.

Cette page-ci se concentre sur une chose : le croisement entre ton SMOP et ta thyroïde.

Pourquoi vont-ils si souvent de pair ?

Le nom même du syndrome le dit désormais : polyendocrinien, c'est-à-dire que plusieurs glandes sont en jeu, pas seulement les ovaires. C'est l'un des trois mots que le nouveau nom a apportés, et la thyroïde en est l'exemple le plus parlant. Le mécanisme figure sur la fiche ameli, qui décrit le rôle de la LH dans la production d'androgènes.

Les études le montrent : les femmes qui ont un SMOP présentent plus souvent des troubles thyroïdiens que les autres, en particulier une hypothyroïdie (une thyroïde qui tourne au ralenti) et une thyroïdite de Hashimoto (une maladie auto-immune où le corps s'attaque à sa propre thyroïde). Ce n'est pas une coïncidence, et plusieurs fils relient les deux.

D'abord, ils partagent un terrain commun. L'inflammation de bas grade, la résistance à l'insuline, le stress chronique, l'excès de perturbateurs endocriniens : tout ce qui déséquilibre les ovaires dans le SMOP fatigue aussi la thyroïde. Quand le terrain penche d'un côté, il entraîne souvent l'autre avec lui.

Ensuite, l'auto-immunité. Hashimoto est la première cause d'hypothyroïdie chez la femme, et le SMOP s'accompagne plus fréquemment de ce type de dérèglement immunitaire. Deux tableaux qui, statistiquement, aiment se retrouver ensemble.

Enfin, la thyroïde règle le tempo de tout ton métabolisme. C'est un peu le thermostat du corps : quand elle ralentit, tout ralentit avec elle. Et ce ralentissement peut, directement et indirectement, augmenter l'imprégnation androgénique, ce fameux excès d'hormones masculines qui bloque l'ovulation dans le SMOP. Autrement dit, une thyroïde paresseuse peut entretenir ton SMOP au lieu de le laisser s'apaiser.

Deux déséquilibres qui se ressemblent (et se cumulent)

Voilà pourquoi c'est si facile de se tromper de piste. Beaucoup de signes se recouvrent : une fatigue persistante qui ne passe pas avec le repos, une prise de poids ou une difficulté à perdre malgré tes efforts, des cycles irréguliers, longs ou absents, une baisse de moral, une tendance à broyer du noir, des difficultés à concevoir.

Tous ces signes appartiennent au SMOP. Tous appartiennent aussi à l'hypothyroïdie. Résultat : quand tu les vis, impossible de savoir à l'œil nu qui est responsable de quoi. C'est peut-être le SMOP seul, la thyroïde seule, ou les deux qui se cumulent et s'aggravent l'un l'autre.

Des signes plutôt SMOPDes signes qui penchent vers la thyroïde
Acné, peau grasse, pilosité qui s'installePeau sèche, cheveux qui se clairsèment
Fringales de sucre, coups de barre après les repasFrilosité inhabituelle, on a froid tout le temps
Cycles longs, espacés, ovulation qui manqueConstipation qui s'installe, transit paresseux
Prise de poids surtout autour du ventreLenteur générale, corps « passé au ralenti »

Certains signes penchent tout de même du côté thyroïde et méritent qu'on y prête attention : une frilosité inhabituelle (tu as froid tout le temps), une peau sèche, une constipation qui s'installe, des cheveux qui se clairsèment, une lenteur générale, parfois cette impression que tout ton corps est passé au ralenti. Si tu reconnais ce tableau par-dessus ton SMOP, c'est un signal fort pour aller regarder ta thyroïde de plus près.

Les signes qui doivent te faire explorer ta thyroïde

  • une frilosité inhabituelle, tu as froid quand les autres sont bien ;
  • une peau sèche et des cheveux qui se clairsèment ;
  • une constipation qui s'installe, un transit qui traîne ;
  • une lenteur générale, l'impression que ton corps tourne au ralenti ;
  • une fatigue et une prise de poids qui résistent à tes efforts.

Si tu reconnais ce tableau par-dessus ton SMOP, parles-en à ton médecin et demande un bilan thyroïdien. Ce sont des pistes de repérage, pas un diagnostic.

Faut-il faire un bilan thyroïdien systématiquement ?

Tu l'as compris : accompagner un SMOP en oubliant la thyroïde, c'est risquer de passer à côté d'un levier majeur. Tu peux faire tous les efforts du monde sur ton alimentation et ton hygiène de vie, si une thyroïde au ralenti tire en sens inverse, les résultats resteront timides. Le versant inverse, quand la glande s'emballe, demande une assiette construite autrement. Et à l'inverse, une thyroïde soutenue peut débloquer une situation qui semblait figée.

C'est pour ça qu'un bilan thyroïdien complet a du sens dès qu'on suspecte un SMOP. Et j'insiste sur le mot complet, parce que c'est là que beaucoup de bilans s'arrêtent trop tôt.

Le dosage le plus courant, la TSH (l'hormone qui commande la thyroïde), est utile, mais il ne raconte pas toute l'histoire. Une TSH « dans les clous » ne garantit pas que ta thyroïde fonctionne bien au niveau des cellules. Pour y voir clair, il est souvent pertinent de demander à ton médecin d'aller plus loin :

  • la forme active de l'hormone thyroïdienne (la FT3), celle qui travaille vraiment dans tes cellules, et pas seulement la forme de réserve ;
  • les anticorps anti-TPO, qui signent une thyroïdite de Hashimoto, cette auto-immunité si fréquente chez la femme et souvent silencieuse au début.

Ne te contente pas de la seule TSH

Beaucoup de bilans s'arrêtent à la TSH, et une TSH « normale » rassure parfois à tort. Demande à ton médecin d'explorer aussi la FT3 (la forme active de l'hormone) et les marqueurs de l'auto-immunité thyroïdienne (qui repèrent un Hashimoto discret). Savoir quoi demander, c'est éviter de repartir avec un bilan à moitié fait.

Ce bilan se prescrit et s'interprète avec ton médecin, jamais seule. Mon rôle à moi, en consultation, c'est de t'aider à préparer cet échange, à savoir quoi demander et pourquoi, pour que tu ne repartes pas avec un bilan à moitié fait. Explorer la thyroïde, c'est refuser de laisser un levier important dans l'ombre. Pour approfondir tout ce qui concerne cette glande, tu peux aller voir l'espace dédié à la thyroïde.

Ce que je vois en consultation

Quand une femme cumule fatigue, kilos qui résistent et cycles déréglés, je vérifie toujours les deux : la thyroïde et le versant métabolique. L'un est très souvent oublié quand l'autre est posé.

Faire le point ensemble

Les leviers communs : soutenir les deux terrains à la fois

Voici la vraie bonne nouvelle. Comme SMOP et thyroïde partagent un terrain, ils partagent aussi leurs leviers de soutien. Prendre soin de l'un, c'est très souvent aider l'autre. Rien de tout cela ne remplace un traitement : ce sont des pistes de fond, à intégrer aux côtés de ton suivi. Et tu as ici les directions de fond. Le détail précis, c'est le rôle d'un accompagnement personnalisé.

Avant toute plante ou complément

Une plante ou un complément n'est jamais anodin. Certains interagissent avec des traitements (traitement thyroïdien, pilule, traitement hormonal) ou ne conviennent pas à ton terrain. L'iode, en particulier, ne se prend jamais à l'aveugle. On vérifie toujours la compatibilité avant de se lancer. C'est ce qu'on vérifie ensemble en consultation.

Équilibrer la glycémie

C'est le pivot du SMOP, et ça sert aussi ta thyroïde. Une glycémie en montagnes russes, une résistance à l'insuline, cela entretient l'inflammation et le déséquilibre hormonal qui pèsent sur les deux terrains. Miser sur une alimentation à charge glycémique basse, riche en fibres, en bons gras et en protéines, aider ton corps à mieux gérer le sucre : c'est un des gestes les plus rentables que tu puisses poser. Tout est détaillé sur la page le terrain glycémique.

Calmer l'inflammation par l'assiette

Une alimentation anti-inflammatoire apaise à la fois l'excès de sensibilité aux androgènes du SMOP et l'agitation immunitaire qui entoure la thyroïde, tout particulièrement dans Hashimoto. On mise sur les aliments bruts et colorés, les oméga-3 (petits poissons gras, graines de lin et de chia), les antioxydants, et on lève le pied sur les produits ultra-transformés et les sucres raffinés. Chez certaines femmes concernées par une auto-immunité thyroïdienne, tester le confort digestif sans gluten apporte un mieux : rien d'obligatoire, tout est une question de terrain.

Femme qui prépare son repas dans sa cuisine
Un ralentissement thyroïdien fait monter l'insuline et baisser la SHBG

Soigner les micronutriments clés

La thyroïde a besoin de certains nutriments pour fabriquer et activer ses hormones. Trois reviennent souvent comme des pistes à explorer, toujours après vérification de tes besoins réels et de ton terrain : l'iode, le sélénium et le zinc. Ce sont des cofacteurs précieux du bon fonctionnement thyroïdien, et le zinc joue aussi un rôle dans l'équilibre hormonal du SMOP. Attention toutefois : l'iode, en particulier, ne se supplémente pas à l'aveugle, car un excès peut être contre-productif, surtout en cas d'auto-immunité. D'où l'importance de ne rien improviser seule et de valider ces pistes avec un professionnel.

Apaiser le stress et protéger le sommeil

Le stress chronique est un carburant commun aux deux déséquilibres. Il sollicite les surrénales, perturbe l'axe hormonal, freine la conversion de l'hormone thyroïdienne vers sa forme active et nourrit l'excès d'androgènes. Un sommeil réparateur, des temps de vrai repos, la cohérence cardiaque, la sophrologie : ce ne sont pas des gadgets, ce sont des leviers concrets qui soutiennent en même temps ta thyroïde et ton ovulation. Ce sujet est développé sur la page le cortisol et tes nuits.

Limiter les perturbateurs endocriniens

Ces molécules qui imitent nos hormones dérèglent aussi bien les ovaires que la thyroïde, qui y est particulièrement sensible. Préférer le verre à l'inox plutôt que le plastique chauffé, choisir des cosmétiques simples, aérer son intérieur : autant de petits gestes qui allègent la charge sur l'ensemble de ton système hormonal.

LevierComment il agitOù l'appliquer
Équilibrer la glycémieBaisse l'insuline et l'inflammation communes aux deuxCharge glycémique basse, fibres, protéines
Assiette anti-inflammatoireApaise androgènes et agitation immunitaireOméga-3, aliments bruts, moins d'ultra-transformés
Micronutriments clésCofacteurs du bon fonctionnement thyroïdienIode, sélénium, zinc (à valider avec un pro)
Sommeil et gestion du stressSoutiennent conversion thyroïdienne et ovulationNuits régulières, cohérence cardiaque, vrai repos
Limiter les perturbateurs endocriniensAllègent la charge sur tout le système hormonalVerre plutôt que plastique chauffé, cosmétiques simples

Les micronutriments qui servent aux deux à la fois

C'est le côté pratique de cette double casquette : plusieurs nutriments travaillent sur les deux terrains en même temps.

  • Le sélénium est le premier de la liste : il participe à la conversion de la T4 en T3, la forme active, et il est antioxydant. Deux noix du Brésil par jour en couvrent l'essentiel.
  • Le zinc, également nécessaire à cette conversion, et par ailleurs utile sur les androgènes.
  • La vitamine D, impliquée dans l'immunité, l'inflammation, la sensibilité à l'insuline et la régularité du cycle.
  • Le fer, dont une carence freine la fabrication des hormones thyroïdiennes autant qu'elle fatigue.
  • Les oméga-3 et le magnésium, sur le fond inflammatoire commun aux deux.

L'iode ne se prend jamais à l'aveugle

C'est le piège numéro un de ce sujet. L'iode est indispensable à la thyroïde, et un excès peut déclencher ou aggraver une thyroïdite auto-immune. Les compléments d'algues (laminaire, fucus, varech), souvent vendus pour le métabolisme ou la minceur, en sont bourrés. Sur un terrain Hashimoto, ils sont à éviter. Le dosage passe avant, toujours.

Côté adaptogènes, l'ashwagandha est souvent citée pour la thyroïde. Elle a plutôt tendance à la stimuler, ce qui la rend inadaptée en cas d'hyperthyroïdie, et à manier avec un avis médical sur un terrain auto-immun.

Ne pas traiter l'un en oubliant l'autre

Si tu ne devais retenir qu'une idée de cette page, ce serait celle-ci : ton corps ne fonctionne pas en tiroirs séparés. On ne peut pas accompagner sérieusement un SMOP en ignorant une thyroïde qui rame, et inversement. Les deux se parlent, s'influencent, s'entretiennent. Chercher où penche vraiment ton terrain, à toi, et soutenir les deux à la fois quand c'est nécessaire, c'est exactement ce qui fait la différence entre des efforts qui piétinent et des efforts qui portent leurs fruits.

Pourquoi je demande toujours un bilan thyroïdien ici

Les deux se ressemblent au point d'être confondus, et l'un est régulièrement oublié quand l'autre est diagnostiqué.

Et ils s'aggravent l'un l'autre. Une thyroïde au ralenti augmente l'imprégnation androgénique, donc elle aggrave directement le syndrome. Elle ralentit aussi la digestion, ce qui abaisse l'absorption du fer, et une ferritine basse entretient la fatigue qu'on met déjà sur le compte du SMOP. Pendant ce temps, l'insuline en excès continue de pousser de son côté. Trois mécanismes qui tirent dans le même sens, et un seul symptôme perçu.

Ce que je regardePourquoi ici
Ton bilan thyroïdien completune TSH seule ne suffit pas toujours. La forme active et les anticorps changent souvent la lecture, et c'est un point à discuter avec ton médecin
Les signes qui n'appartiennent qu'à la thyroïdefrilosité marquée, transit ralenti, voix modifiée, paupières gonflées au réveil. Ils orientent quand les tableaux se confondent
Ta ferritineelle conditionne le bon fonctionnement de la thyroïde et se retrouve basse très souvent

Je ne prescris aucun bilan et je ne pose aucun diagnostic. Je te dis quoi demander, et je lis les résultats avec toi.

Quand consulter, et ce qu'on travaille en parallèle

Si tu as un SMOP avec une fatigue marquée, une frilosité, une prise de poids qui résiste, un moral en berne ou des difficultés à concevoir, parles-en à ton médecin ou à ton gynécologue et demande un bilan thyroïdien. Un déséquilibre repéré tôt se prend en charge plus sereinement. En cas de doute, c'est toujours vers un professionnel de santé qu'il faut se tourner en premier.

En parallèle, le terrain se travaille sans attendre : la glycémie, l'insuline, l'inflammation, le sommeil. C'est précisément là que l'hygiène de vie pèse le plus lourd sur un SMOP.

Un SMOP diagnostiqué et une thyroïde jamais vérifiée ? Ça vaut le coup de regarder. On en parle →

Questions fréquentes

Explorer deux glandes en même temps déroute, alors clarifions les points qui reviennent le plus.

Quand j'ai un SMOP, dois-je forcément faire vérifier ma thyroïde ?

Oui, et ce n'est pas une précaution de confort. L'évaluation de la fonction thyroïdienne est essentielle en cas d'hyperandrogénie, parce qu'une thyroïde ralentie est elle-même une cause d'excès d'androgènes chez la femme. Elle agit par deux voies : elle augmente le taux d'insuline, et elle abaisse la SHBG, le transporteur des androgènes. Autrement dit, elle augmente à la fois la production d'androgènes et leur fraction réellement active. Passer à côté d'une hypothyroïdie revient donc à travailler sur ton terrain en laissant tourner l'un de ses moteurs. Cette demande se fait auprès de ton médecin. Passer à côté d'une hypothyroïdie revient à travailler ton terrain en laissant tourner l'un de ses moteurs.

Un simple dosage de TSH suffit-il ?

La TSH est le premier repère, celui que tout le monde dose, mais elle ne dit pas tout : elle mesure l'ordre envoyé par l'hypophyse, pas ce que ta thyroïde produit ni ce que tes cellules en font. C'est pour cela qu'un bilan plus complet ajoute souvent la T4 libre et la T3 libre, les hormones réellement circulantes, et parfois les anticorps pour chercher une origine auto-immune. Les cofacteurs comptent aussi, notamment l'iode, le sélénium, le zinc et le fer. L'étendue du bilan reste une décision médicale. Voir comment lire un bilan thyroïdien. L'étendue du bilan reste une décision médicale, prise en fonction de tes symptômes et de ton contexte.

Si je soutiens ma thyroïde, mon SMOP va-t-il s'améliorer ?

C'est souvent le cas quand la thyroïde était réellement en cause, parce que tu retires alors un moteur au lieu de compenser ses effets. En corrigeant l'hypothyroïdie, l'insuline redescend, la SHBG remonte, et la fraction libre des androgènes, la seule active, diminue. Beaucoup de femmes voient alors la fatigue, le poids et le cycle bouger ensemble. Mais il faut rester honnête : si la thyroïde n'était qu'un facteur parmi d'autres, la corriger ne suffira pas, et il faudra continuer de travailler la glycémie, l'inflammation, le stress et le sommeil. Si elle n'était qu'un facteur parmi d'autres, il faudra continuer de travailler la glycémie, l'inflammation, le stress et le sommeil.

La naturopathie peut-elle remplacer mon traitement thyroïdien ?

Non, jamais, et c'est un point sur lequel je ne transige pas. Un traitement thyroïdien se prescrit, s'ajuste et s'arrête par un médecin, sur la base de dosages, jamais sur la foi d'un conseil naturopathique ni d'un article. Arrêter ou diminuer seule expose à des conséquences sérieuses, y compris en cas de grossesse. Ce que la naturopathie apporte se situe à côté du traitement : le statut en micronutriments, la qualité de l'assiette, la gestion du stress, le sommeil et l'exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces leviers accompagnent le traitement, ils ne s'y substituent pas. Arrêter ou diminuer seule expose à des conséquences sérieuses, en particulier en cas de grossesse.

Pourquoi une thyroïde ralentie fait-elle grossir ?

Parce qu'en hypothyroïdie, l'organisme se met en mode économie d'énergie. Les mitochondries, ces centrales qui produisent l'énergie dans tes cellules, tournent au ralenti. Les carburants, dont le glucose, sont consommés moins vite, si bien que la glycémie monte, et l'insuline avec elle. Or l'insuline est une hormone de stockage, et son excès augmente en plus l'imprégnation androgénique. Tu as donc un poids qui résiste par le même mécanisme que celui du SMOP, mais activé d'un cran supplémentaire. C'est ce qui explique la sensation de stagner malgré des efforts sérieux. C'est ce qui explique la sensation de stagner malgré des efforts sérieux, et pourquoi la thyroïde se vérifie avant d'en conclure autre chose.

Quels signes doivent faire penser à la thyroïde ?

Ils se confondent en partie avec ceux du syndrome, ce qui explique qu'on les attribue souvent à tort au seul SMOP. Les plus évocateurs : une frilosité inhabituelle, en particulier aux extrémités, une fatigue qui ne cède pas au repos, une constipation, une peau sèche, des cheveux cassants ou qui tombent, des ongles fragiles, un ralentissement de la pensée ou de la mémoire, une prise de poids inexpliquée et une humeur en berne. Aucun n'est spécifique isolément. C'est leur accumulation qui justifie d'en parler à ton médecin et de doser. Aucun n'est spécifique isolément : c'est leur accumulation qui justifie d'en parler à ton médecin et de doser.

La pilule a-t-elle un effet sur la thyroïde ?

Elle peut en avoir un, et il persiste parfois après l'arrêt. Pour retrouver une fonction thyroïdienne optimale après la pilule, il faut à la fois remonter les carences induites et retrouver un bon équilibre entre œstrogènes et progestérone. Ce point a des conséquences concrètes en cas de projet de grossesse : une femme dont la fonction thyroïdienne a été affectée mettra plus de temps à concevoir, et le risque de fausse couche est plus élevé. C'est l'une des raisons pour lesquelles un bilan complet quelques mois avant un projet bébé a du sens. C'est l'une des raisons pour lesquelles un bilan complet quelques mois avant un projet bébé a du sens.

Thyroïde et surrénales sont-elles liées ?

Étroitement, et c'est utile à savoir quand plusieurs symptômes cohabitent. Le fonctionnement de la thyroïde et celui des surrénales sont intimement liés : le dysfonctionnement de l'une retentit sur l'autre. Une baisse d'hormones thyroïdiennes peut ainsi altérer le fonctionnement surrénalien, et un stress chronique prolongé pèse en retour sur la thyroïde. Comme les surrénales produisent aussi une part de tes androgènes, on retrouve là encore un lien direct avec le SMOP. C'est exactement ce que dit le nouveau nom du syndrome : plusieurs glandes sont concernées, pas seulement les ovaires. C'est exactement ce que dit le nouveau nom du syndrome : plusieurs glandes sont concernées, pas seulement les ovaires.

> [!mentions] Mentions importantes > **Médecine et naturopathie travaillent ensemble.** Le diagnostic et le traitement appartiennent à ton médecin. Le terrain qui entretient tes symptômes, l'assiette, le sommeil, la digestion, la charge nerveuse, c'est mon domaine, et il pèse autant sur ton quotidien. Rien de ce que tu lis ici n'est un diagnostic ni un traitement, et je ne te demanderai jamais d'arrêter un suivi médical. Un bilan thyroïdien se prescrit et s'interprète avec ton médecin. En cas de doute ou de symptôme, parles-en à lui en premier.

Avançons ensemble

Si tu veux y voir plus clair entre ton SMOP et ta thyroïde, savoir quoi demander à ton médecin et construire un accompagnement qui soutient tes deux terrains à la fois, on peut en parler. Je reçois beaucoup de femmes chez qui ces deux déséquilibres se croisent, et je sais à quel point regarder les choses dans leur ensemble change la donne.

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