En bref

  • Le cycle menstruel dure normalement entre 21 et 35 jours. Le fameux « 28 jours » est une moyenne scolaire, pas une norme.
  • Son événement central n'est pas les règles mais l'ovulation : c'est elle qui fabrique la progestérone et tient tout l'équilibre.
  • Deux hormones se relaient : les œstrogènes en première moitié, la progestérone en seconde. La plupart des déséquilibres viennent de leur balance.
  • Foie, glycémie, stress et sommeil sont les leviers sur lesquels on peut vraiment agir pour aider un cycle à retrouver son rythme.

Ton cycle menstruel n'est pas juste « les règles une fois par mois ». C'est un tableau de bord, un cinquième signe vital, qui te raconte chaque mois où en sont tes hormones, ton énergie, ton sommeil et ton humeur. Quand on apprend à le lire, il arrête d'être une contrainte à subir et devient une source d'informations sur toi.

Je suis Perrine, naturopathe spécialisée en santé féminine. Ici, pas de mythe des 28 jours ni de promesse de cycle parfait. De quoi comprendre ce qui se joue vraiment dans ton corps au fil du mois, et les leviers concrets qui aident un cycle à s'apaiser, en parallèle de ton suivi médical.

Comment fonctionne le cycle menstruel ?

Un cycle ne se résume pas à un compte à rebours jusqu'aux prochaines règles. Il s'organise autour d'un événement central, l'ovulation, et se déroule en quatre phases qui se répondent. Tout se joue sur un axe qui part du cerveau : l'hypothalamus donne le tempo, l'hypophyse transmet, les ovaires exécutent.

L'Assurance Maladie décrit la même mécanique, avec un cycle « en moyenne de 28 jours » qui « varie selon les femmes de 23 à 35 jours ». Ces quatre phases sont donc une lecture fine des deux grandes phases séparées par l'ovulation.

  • La phase folliculaire, des règles à l'ovulation : les œstrogènes montent, l'énergie revient. Sa durée varie beaucoup d'une femme à l'autre, et c'est elle qui fait varier la longueur totale du cycle.
  • L'ovulation : un ovocyte est libéré. C'est le pic de fertilité, repérable à des signes concrets du corps.
  • La phase lutéale, de l'ovulation aux règles : le follicule rompu devient le corps jaune et fabrique la progestérone. Cette phase-là est beaucoup plus stable, autour de onze à quatorze jours.
  • Les menstruations : les hormones chutent, la muqueuse se renouvelle. Le premier jour de vrai flux rouge marque le J1 du cycle suivant.

Je détaille chaque étape, et comment adapter ton quotidien à ton énergie du moment, dans le dossier les 4 phases du cycle.

21 à 35 joursla durée d'un cycle normal, pas forcément 28
Pas d'ovulation à date fixe: le 14ᵉ jour est un repère théorique, pas une règle
11 à 14 joursla phase lutéale, la partie la plus stable du cycle

Combien de temps dure un cycle menstruel normal ?

Entre 21 et 35 jours, et cette fourchette est large exprès. Une vaste analyse portant sur plus de 600 000 cycles, publiée dans npj Digital Medicine en 2019, a montré que la majorité des femmes tournent plutôt autour de 29 jours que de 28. Autrement dit, le cycle de 28 jours avec ovulation à J14 est un repère de manuel scolaire, hérité de la méthode Ogino, pas une norme physiologique.

Un cycle court (21 à 25 jours) reste normal s'il est ovulatoire. Un cycle long au-delà de 35 jours mérite qu'on regarde de plus près, sans dramatiser pour autant. Ce qui compte n'est pas de coller au modèle, c'est que ton cycle ovule et qu'il soit confortable.

Comment calculer son cycle menstruel

C'est simple, et beaucoup de femmes s'y prennent à l'envers. Le J1, c'est le premier jour de vrai flux rouge, pas le spotting brunâtre de la veille. Tu comptes ensuite jusqu'au jour qui précède les règles suivantes : c'est la longueur de ton cycle. Trois mois de notes suffisent à voir ton propre schéma apparaître.

Une précision qui va t'éviter beaucoup de frustration : le calcul te dit la longueur de tes cycles passés, il ne prédit pas ta date d'ovulation. Puisque c'est la phase folliculaire qui varie et la lutéale qui reste stable, une ovulation peut se décaler de plusieurs jours d'un mois sur l'autre, surtout après un coup de stress ou une nuit blanche. Pour situer vraiment ta fenêtre fertile, il faut observer ton corps, pas ton calendrier : c'est tout l'objet de la symptothermie et de la lecture de la glaire cervicale.

Main qui entoure une date sur un calendrier
Ton cycle ne se résume pas aux règles : il rythme ton énergie, ton humeur et ton sommeil toute l'année

Œstrogènes et progestérone : qui fait quoi ?

Deux hormones rythment tout, et elles fonctionnent en balance. Les œstrogènes dominent la première moitié, la progestérone la seconde. Comprendre leurs rôles opposés, c'est déjà comprendre la plupart des déséquilibres du cycle.

Œstrogènes (première moitié)Progestérone (seconde moitié)
Font proliférer la muqueuse, stimulentArrêtent la prolifération, apaisent
Favorisent la rétention d'eauEffet diurétique naturel
Dynamisent l'humeur et la libidoSoutiennent la sérénité et le sommeil
Mettent le corps en mode alerteMettent le corps en mode récupération

La progestérone est ton apaisant naturel : elle soutient la sérotonine, favorise un bon sommeil, calme l'anxiété. Et voici le point que je passe le plus de temps à expliquer en consultation, parce qu'il change tout : sa production dépend directement de la qualité de ton ovulation. Pas d'ovulation, pas de corps jaune, donc pas de progestérone. Bien ovuler, c'est fabriquer de la progestérone, et donc entretenir l'équilibre. Quand l'ovulation se fait mal, toute la cascade suit, et c'est souvent là que naissent le syndrome prémenstruel et ses signes, les cycles irréguliers ou les difficultés à concevoir.

La bonne nouvelle, c'est que l'ovulation est justement ce sur quoi le mode de vie a le plus de prise. C'est pour ça que travailler l'assiette, le stress et le sommeil n'est pas un pis-aller : c'est le levier principal.

Quand la progestérone vient à manquer face aux œstrogènes, on parle de dominance œstrogénique, un déséquilibre très fréquent que je détaille dans le dossier équilibre œstrogène-progestérone.

Comment savoir si mon cycle est équilibré ?

Un cycle en bonne santé n'est pas un cycle parfait. C'est un cycle qui ovule, dont la durée reste dans une fourchette large et à peu près stable, avec des règles ni trop douloureuses ni trop abondantes.

Un cycle plutôt équilibréUn cycle qui mérite un avis
Dure entre 21 et 35 joursTrès variable, souvent très long, ou absent
Reste globalement régulierS'emballe ou disparaît plusieurs mois
Règles supportablesRègles très douloureuses ou très abondantes
Peu de gêne prémenstruelleSyndrome prémenstruel envahissant

Les signaux qui méritent un rendez-vous

  • une absence de règles de trois mois ou plus, en dehors d'une grossesse, d'un allaitement ou d'une ménopause connue ;
  • des cycles très irréguliers qui s'installent, ou des saignements entre les règles ;
  • des règles très douloureuses qui t'empêchent de vivre normalement ;
  • des règles très abondantes, avec une fatigue qui s'installe.

Rien de tout cela n'est dramatique en soi, et la plupart de ces situations s'expliquent et s'accompagnent très bien. Le mieux, c'est d'en parler à ton médecin ou à ta sage-femme pour être tranquille et avoir le bon suivi.

Un cycle irrégulier n'est ni une fatalité ni un caprice hormonal : c'est souvent le signe que quelque chose demande de l'attention, du côté du stress, de la thyroïde, de la glycémie ou d'un SMOP (anciennement SOPK). J'explore les causes et les pistes dans le dossier règles irrégulières, et le cas particulier de l'absence de règles dans une page dédiée.

Fais le point sur ton cycle

J'ai mis en ligne un test cycle pour t'aider à évaluer si ton cycle est équilibré, en quelques minutes. Il ne pose aucun diagnostic, mais il aide à y voir plus clair sur les signaux à surveiller.

Ce que je vois en consultation

Beaucoup de femmes découvrent en consultation que leur cycle n'a jamais été regardé de près. On repart de là : ton rythme, ton ovulation, ta seconde partie de cycle.

Prendre rendez-vous

Quels symptômes reviennent au fil du cycle ?

Beaucoup de femmes arrivent en consultation avec une liste de symptômes qu'elles pensent isolés, alors qu'ils suivent tous le même rythme. Les relier au cycle, c'est déjà la moitié du soulagement : ce n'est ni dans la tête, ni du hasard.

Ce que tu ressensQuand ça arrive le plus souventLe dossier dédié
Crampes dans le bas-ventreLe ou les premiers jours des règlesDysménorrhée
Flux très lourd, caillotsPendant les règlesRègles abondantes
Tension et douleur des seinsDeuxième partie de cycleMal aux seins avant les règles
Ventre gonflé, digestion capricieuseAvant et pendant les règlesVentre gonflé pendant les règles
Fatigue qui tombe d'un coupPendant les règlesFatigue pendant les règles
Douleur d'un côté du bas-ventreMilieu de cycleDouleur d'ovulation
Boutons sur le bas du visageSemaine qui précède les règlesAcné hormonale
Humeur en montagnes russesPhase lutéaleSyndrome prémenstruel (SPM) et TDPM (trouble dysphorique)

Comment retrouver un équilibre hormonal au naturel ?

Aux côtés d'un suivi médical, la naturopathie ne cherche pas à forcer tes hormones. Elle travaille le terrain qui leur permet de mieux s'équilibrer : le foie, la digestion, la glycémie, le stress, le sommeil. Mis bout à bout, ces leviers aident ton cycle à retrouver son rythme, et c'est ce qu'on ajuste ensemble en consultation, en fonction de ce que ton corps raconte.

Avant toute plante ou complément

Une plante n'est jamais anodine. Le gattilier, par exemple, agit directement sur l'axe hormonal et ne se marie pas avec une contraception hormonale, une grossesse ou certains antécédents hormono-dépendants. C'est ce qu'on vérifie ensemble en consultation, avec ton terrain et tes traitements sous les yeux.

Soutenir le foie, ton grand nettoyeur d'hormones

C'est en grande partie le foie qui transforme et élimine l'excès d'œstrogènes, et l'intestin qui termine le travail. Quand le microbiote se déséquilibre, une enzyme (la bêta-glucuronidase) remet en circulation des œstrogènes déjà destinés à la sortie, et le déséquilibre s'entretient. Une assiette qui soutient le foie (légumes amers, crucifères peu cuits, bonnes graisses) et un microbiote nourri par les fibres et les aliments fermentés aident ton corps à ne pas rester saturé.

Stabiliser la glycémie et calmer l'inflammation

Des repas qui tiennent, riches en protéines, en fibres et en bons gras, évitent les montagnes russes de la glycémie qui perturbent l'ovulation et amplifient le syndrome prémenstruel. On mise sur les oméga-3 (petits poissons gras, lin, colza, noix), une assiette colorée et peu transformée, et on lève le pied sur les sucres raffinés, l'excès d'alcool et de café, qui poussent la fabrication d'œstrogènes à la hausse. Le détail phase par phase est dans manger selon son cycle.

Les plantes régulatrices du cycle

Selon le besoin et le terrain, plusieurs plantes reviennent en accompagnement : le gattilier (Vitex), souvent cité pour soutenir la progestérone et les cycles longs, l'alchémille, traditionnellement utilisée en seconde partie de cycle, et le framboisier, régulateur classique notamment en gemmothérapie après l'arrêt de la pilule. Ce sont des pistes qui se choisissent au cas par cas : ce qui aide l'une ne convient pas forcément à l'autre.

Les micronutriments qui soutiennent le cycle

Certains alliés reviennent souvent : le magnésium, dont beaucoup de femmes manquent, pour calmer le système nerveux ; la vitamine B6, qui participe à la fabrication de la sérotonine et au métabolisme hormonal ; le zinc et la vitamine D, impliqués dans l'équilibre hormonal. La pilule appauvrit plusieurs de ces nutriments, ce qui en fait un point d'attention particulier après son arrêt.

Apaiser le stress et protéger le sommeil

Le stress est l'un des grands perturbateurs du cycle. Sous tension chronique, le corps priorise le cortisol au détriment des hormones sexuelles, et l'ovulation peut se mettre en veille. La cohérence cardiaque, le mouvement doux ajusté à ta phase (le dossier bouger selon son cycle en parle en détail), des plantes adaptogènes comme l'ashwagandha, et surtout un sommeil protégé font partie du travail de fond. Sommeil et cycle s'influencent mutuellement, un sujet que j'aborde dans l'espace consacré au sommeil.

Limiter les perturbateurs endocriniens

La plupart des perturbateurs endocriniens du quotidien poussent dans le sens œstrogénique. Sans virer à l'obsession, quelques gestes simples pèsent : ne pas chauffer dans le plastique, simplifier les cosmétiques, aérer, passer aux protections menstruelles lavables. J'ai consacré une page entière au sujet, perturbateurs endocriniens, parce que c'est un levier qu'on sous-estime largement.

LevierComment il agitOù le trouver
Foie et microbioteÉliminent l'excès d'œstrogènesCrucifères, fibres, aliments fermentés
Glycémie stableSoutient une bonne ovulationProtéines, fibres, bons gras à chaque repas
Oméga-3Calment l'inflammation de fondPoissons gras, lin, colza, noix
Plantes régulatricesAccompagnent le cycle selon le terrainGattilier, alchémille, framboisier
Magnésium, B6, zincSoutiennent le système nerveux et les hormonesOléagineux, légumes verts, œufs
Sommeil et gestion du stressProtègent l'ovulation du cortisolCohérence cardiaque, nuits régulières

Apprends à observer ton cycle

Noter tes signes au fil du mois (énergie, humeur, glaire, douleurs) est le geste le plus déculpabilisant qui soit : tu passes de « je subis » à « je comprends ». C'est la base de tout accompagnement, et un formidable outil de connaissance de soi. Je t'explique comment faire dans tenir un carnet de cycle.

La carte des plantes du cycle

Il n'existe pas de plante « pour les hormones ». Il existe des plantes pour un moment du cycle et pour un déséquilibre précis, et c'est ce tri qui fait toute la différence.

Ce qui se passe chez toiCe vers quoi je regarde
Pas assez de progestérone en seconde partie de cycleAlchémille, achillée millefeuille, bourgeon de pommier, et le gattilier en second, bilan en main
Cycles longs, irréguliers, règles absentesFramboisier, armoise, dong quai, sauge officinale si les cycles ne repartent pas après la pilule
Règles douloureusesGingembre, camomille matricaire, achillée, viorne obier, magnésium
Règles trop abondantesBourse-à-pasteur, achillée, alchémille, ortie, lamier blanc
Seins tendus, rétention d'eau, humeur en dents de scieHuile d'onagre, gattilier, magnésium avec la vitamine B6
Excès d'œstrogènes à évacuerChardon-marie, radis noir, artichaut, pissenlit, DIM des crucifères, et des fibres
Le stress qui bloque tout en amontAshwagandha, rhodiola, passiflore, magnésium

Côté aromathérapie, deux huiles essentielles dominent sur les douleurs de règles, le basilic tropical et l'estragon, toutes deux antispasmodiques, diluées dans une huile végétale et massées sur le bas-ventre. La lavande fine et le petit grain bigarade travaillent le versant nerveux, en olfaction. J'ai détaillé les associations, le geste et les précautions dans un article dédié à l'aromathérapie des douleurs de règles.

Trois plantes qui demandent une vraie vigilance

  • Le gattilier est le plus conseillé sur Internet et le plus délicat : il agit sur l'hypophyse, il ne se prend jamais sans bilan hormonal, jamais si la LH dépasse la FSH au 3ᵉ jour du cycle, et il peut accentuer une tendance dépressive chez les femmes en fort déficit de progestérone.
  • Le millepertuis diminue l'efficacité des contraceptifs hormonaux et interagit avec plus de soixante-dix médicaments.
  • La sauge officinale, le houblon, le trèfle rouge et le framboisier sont contre-indiqués en cas d'antécédent personnel ou familial de cancer hormono-dépendant.

Ce qu'on regarde ensemble quand ton cycle déraille

L'ovulation est l'événement central, et elle dépend de conditions très concrètes. C'est là que se joue mon travail.

Ce que je regardePourquoi ici
Comment tu mangesla stabilité de ta glycémie sur la journée, et surtout les quantités : un apport insuffisant met l'ovulation en veille aussi sûrement qu'un excès de sucre la perturbe
Ce qui te met sous pressionle cerveau met l'ovulation en pause quand il perçoit une menace ou un manque d'énergie. C'est le mécanisme le plus sous-estimé de cette page
Comment tu dorsla qualité de l'ovulation dépend de la récupération, et la seconde partie de cycle se dort rarement comme la première
Comment tu digèreston foie et ton intestin participent au recyclage des œstrogènes. Un transit lent modifie l'équilibre entre tes deux hormones
Où tu en es de ton cycleon repère si tu ovules, quand, et la longueur réelle de ta seconde partie de cycle. Sans ça, on avance à l'aveugle

Pourquoi tout se tient. Une ovulation de mauvaise qualité fabrique moins de progestérone. Moins de progestérone, c'est un sommeil plus léger et une seconde partie de cycle plus difficile. Des nuits dégradées font monter le stress perçu, qui pèse à son tour sur l'ovulation du cycle suivant. La boucle se referme d'un mois sur l'autre, et c'est pour ça qu'on raisonne en cycles plutôt qu'en semaines.

Je ne pose aucun diagnostic et je ne prescris rien. Le travail se fait à côté de ton suivi médical.

Quand consulter, et ce qu'on travaille en parallèle

En cas de doute, c'est vers un médecin, un gynécologue ou une sage-femme qu'il faut se tourner en premier. Prends rendez-vous sans attendre en cas d'absence de règles de plus de trois mois hors grossesse, de cycles très irréguliers qui s'installent, de règles très douloureuses ou très abondantes, ou de difficultés à concevoir. Les deux avancent très bien ensemble, chacun son rôle.

Un avis médical répond à la question du « pourquoi ». Le terrain, lui, se travaille en parallèle, et c'est souvent lui qui fait revenir la régularité.

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Questions fréquentes

Voilà ce qu'on me demande le plus souvent dès qu'il s'agit de comprendre son propre cycle.

Un cycle menstruel dure combien de temps ?

Entre 21 et 35 jours environ, avec une moyenne réelle plus proche de 29 que de 28 jours. L'Assurance Maladie retient la même fourchette, de 23 à 35 jours selon les femmes. Cette durée varie d'une femme à l'autre, et souvent d'un mois à l'autre chez la même femme, essentiellement à cause de la phase folliculaire dont la longueur est la plus mobile. La phase lutéale, elle, reste beaucoup plus stable, autour de onze à quatorze jours. Le chiffre de 28 jours est une moyenne théorique héritée des manuels, pas une norme à atteindre. Si tes cycles font 26 ou 33 jours et qu'ils sont réguliers et ovulatoires, tout va bien. Ce qui compte davantage, c'est la régularité de ton propre schéma d'un mois sur l'autre.

Quand commence un cycle menstruel ?

Au premier jour de vrai flux rouge, celui qu'on appelle J1. Le spotting brunâtre qui précède parfois les règles ne compte pas : il appartient encore au cycle précédent, et le prendre pour J1 fausse tous tes calculs. La distinction paraît minime, elle change pourtant la lecture de ton cycle entier, en particulier la longueur de ta phase lutéale. Ce repère est aussi celui que ton médecin utilisera pour dater une prise de sang hormonale ou une échographie. Prends l'habitude de noter ce jour-là, et tes trois derniers cycles deviennent comparables entre eux. Une application de suivi ou trois lignes dans un carnet suffisent largement pour tenir ce repère.

Comment calculer son cycle menstruel ?

Tu comptes du J1 des règles jusqu'au jour qui précède les règles suivantes. Sur trois cycles notés, ton schéma personnel apparaît déjà, et sur six tu connais ta variabilité normale. Attention à ce que ce calcul dit et ne dit pas : il donne la longueur de tes cycles passés, il ne permet pas de prédire la date de ton ovulation, qui se décale facilement sous l'effet d'un stress, d'un voyage ou d'une nuit blanche. Pour situer ton ovulation, il faut observer ton corps, glaire et température, plutôt que compter sur un calendrier. Le calendrier te donne une tendance, ton corps te donne la date réelle.

Mon cycle est irrégulier, est-ce grave ?

Pas forcément, surtout aux âges charnières comme l'adolescence ou la périménopause, où les ovulations sont naturellement plus aléatoires, ou dans les mois qui suivent un arrêt de contraception. Un cycle durablement irrégulier mérite tout de même d'être exploré, car il peut signaler un déséquilibre hormonal, une thyroïde qui tourne au ralenti, un excès de prolactine ou un SMOP. C'est une exploration, et non une mauvaise nouvelle : la plupart de ces causes se travaillent bien une fois identifiées. Le vrai signal d'alerte, c'est l'installation dans la durée, pas un mois décalé de temps en temps. Un bilan hormonal bien daté suffit souvent à y voir clair en quelques semaines.

Quelles hormones agissent pendant le cycle menstruel ?

Quatre principales, qui se passent le relais. La FSH fait grandir les follicules en début de cycle. Les œstrogènes montent en première moitié, épaississent la muqueuse utérine et fabriquent la glaire fertile. Le pic de LH déclenche l'ovulation. La progestérone prend ensuite le relais en seconde moitié et prépare la muqueuse à une éventuelle grossesse. Le tout est piloté depuis le cerveau, par l'hypothalamus qui donne le tempo et l'hypophyse qui transmet. C'est pourquoi le stress, le sommeil et l'alimentation pèsent autant : ils parlent directement à ce chef d'orchestre. Aucune de ces quatre ne travaille seule, c'est leur enchaînement qui fait un cycle équilibré.

Le cycle menstruel influence-t-il vraiment l'humeur ?

Oui, et c'est physiologique. La progestérone a un effet apaisant sur le système nerveux, en soutenant les circuits de la détente dans le cerveau. Sa chute avant les règles explique en grande partie l'irritabilité, la sensibilité à fleur de peau et l'envie de tout ralentir de cette période. Les œstrogènes, eux, stimulent, ce qui explique l'élan de la première partie de cycle. Quand ces variations deviennent envahissantes au point de peser sur ta vie, on parle de syndrome prémenstruel, voire de TDPM dans sa forme sévère, qui relève d'un accompagnement médical. Mettre un nom sur ces variations soulage déjà beaucoup de femmes qui se croyaient instables.

Un cycle court ou un cycle long, est-ce anormal ?

Un cycle de 21 à 25 jours reste normal s'il est ovulatoire, même s'il peut signaler une phase lutéale un peu courte quand il descend sous 24 jours. Au-delà de 35 jours, il vaut la peine de regarder du côté de la thyroïde, du SMOP ou d'un stress prolongé. Ce n'est pas la longueur en soi qui pose problème, c'est la présence ou non d'une vraie ovulation derrière. Un cycle long mais régulier et ovulatoire est très différent d'un cycle long et imprévisible où l'ovulation se fait mal ou pas du tout. La question à se poser n'est donc pas la longueur, mais la qualité de ton ovulation.

La naturopathie peut-elle rééquilibrer mes hormones ?

Elle ne force pas les hormones et ne les remplace pas. Elle travaille le terrain qui leur permet de mieux s'équilibrer : le foie qui élimine les œstrogènes, la glycémie, le stress, le sommeil, l'alimentation, la qualité du microbiote. Et c'est loin d'être un lot de consolation : l'ovulation, qui tient tout l'équilibre du cycle, est justement très sensible au mode de vie. Compte trois mois pour juger, c'est le temps qu'un follicule met à mûrir. Tout cela se fait aux côtés de ton suivi médical, jamais à sa place. Les effets se lisent d'abord sur l'énergie et le confort, avant de se voir sur le cycle.

La naturopathie peut-elle remplacer mon suivi médical ?

Non, jamais, et ce n'est pas son rôle. Je n'établis aucun diagnostic, je ne prescris rien et je ne te demanderai jamais d'arrêter un traitement. Mon travail commence là où celui de ton médecin s'arrête souvent, faute de temps : le quotidien, l'assiette, le sommeil, la gestion du stress, les habitudes qui font ton terrain. Médecin et naturopathe avancent ensemble, chacun sur son terrain. Certains signes imposent d'ailleurs un avis médical rapide, et je te le dirai franchement plutôt que de te garder en accompagnement. Cette limite est claire dès le premier rendez-vous, et elle te protège. Un accompagnement honnête sait aussi dire quand il ne suffit pas.

Les dossiers pour aller plus loin

Les 4 phases du cycleFolliculaire, ovulation, lutéale, règles : comprendre et suivre ton énergie.Œstrogène et progestéroneLa dominance œstrogénique et le manque de progestérone expliqués.SymptothermieGlaire, température, courbe : lire les signes de ton corps.La glaire cervicaleCe qu'elle dit de ton ovulation, jour après jour.Syndrome prémenstruelCe qui se joue avant les règles, et comment l'apaiser.TDPMQuand le SPM prend une dimension qui dépasse l'ordinaire.Règles irrégulièresLes causes possibles et les pistes pour retrouver un rythme.Absence de règlesQuand les règles disparaissent sans grossesse.DysménorrhéeD'où vient la douleur de règles, et ce qui la soulage vraiment.Règles abondantesCaillots, fatigue, fer : quand le flux est trop lourd.SpottingCes saignements entre les règles qui inquiètent.Phase lutéale courteQuand la seconde partie du cycle manque de souffle.Après la piluleRetrouver son cycle après l'arrêt de la contraception hormonale.Contraception hormonaleCe que pilule et stérilet changent vraiment à ton cycle.Cycle et fertilitéPréparer le terrain quand un projet de bébé se dessine.Manger selon son cycleAdapter l'assiette à chaque phase, sans se compliquer la vie.Bouger selon son cycleSuivre son énergie plutôt que de lutter contre elle.Perturbateurs endocriniensLes gestes qui comptent vraiment, sans virer à l'obsession.Douleur d'ovulationCe pincement du milieu de cycle, et quand il doit inquiéter.Test cycleQuelques questions pour situer où en est ton cycle.

Mentions importantes

Médecine et naturopathie travaillent ensemble. Le diagnostic et le traitement appartiennent à ton médecin. Le terrain qui entretient tes symptômes, l'assiette, le sommeil, la digestion, la charge nerveuse, c'est mon domaine, et il pèse autant sur ton quotidien. Rien de ce que tu lis ici n'est un diagnostic ni un traitement, et je ne te demanderai jamais d'arrêter un suivi médical. En cas de doute ou de symptôme, parles-en à ton médecin. Les études et ouvrages sur lesquels s'appuient ces pages sont réunis sur la page sources.

Avançons ensemble

Si ton cycle te malmène, s'il est douloureux, irrégulier ou source d'inquiétude, on peut en parler. Ensemble, on regarde ton terrain, ton assiette et ton mode de vie, et on construit un accompagnement qui te ressemble.

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