En bref

Endométriose et sexualité, ce n'est pas seulement une histoire de douleur pendant les rapports. C'est aussi une libido qui s'éteint sous l'effet des traitements, un couple qui n'ose plus aborder le sujet, et une culpabilité qui pousse à se forcer. Dans l'étude ENDOmind publiée en mars 2025 auprès de 1 152 répondantes, 86,5 % des femmes concernées estiment avoir une vie sexuelle réduite du fait de la maladie. Si tu te reconnais là-dedans, tu es donc très, très loin d'être seule. Ce n'est ni dans ta tête, ni un problème de couple, et surtout ça se travaille : côté naturopathie, l'énergie, le stress et le confort des muqueuses sont trois leviers concrets, plantes adaptogènes comprises.

« Et… est-ce que ça peut jouer sur la sexualité ? »

Cette question-là, on me la pose à voix basse, presque toujours à la fin du rendez-vous, la main déjà sur la poignée de la porte. Comme si c'était la question en trop. C'est souvent celle qui compte le plus, et j'ai pris l'habitude de laisser un blanc à ce moment-là pour qu'elle ait la place d'arriver.

C'est le sujet dont on parle le moins, et c'est souvent celui qui pèse le plus lourd. À force de reporter, d'éviter, d'expliquer à demi-mot, l'intimité finit par glisser dans la case des choses auxquelles on a renoncé. Sans jamais l'avoir vraiment décidé.

Cette page complète le socle du dossier endométriose et ne parle pas du mécanisme de la douleur : il est détaillé sur la page consacrée à la douleur pendant les rapports. Ici, on parle de ce qui vient avec : le désir, le couple, les mots, et la façon de reprendre du terrain, y compris avec les leviers naturels dont on te parle rarement.

Pourquoi la libido baisse-t-elle avec une endométriose ?

La baisse de libido n'est ni un défaut d'envie, ni un manque d'amour pour l'autre. Chez une femme atteinte d'endométriose, elle a au moins trois moteurs identifiés, et aucun ne relève de la volonté.

Les traitements hormonaux lissent le désir

Le diagnostic s'accompagne le plus souvent d'une hormonothérapie, pilule en continu ou progestatifs. Ces traitements font ce qu'on leur demande : ils bloquent le cycle et calment les douleurs. Mais en supprimant les variations hormonales, ils suppriment aussi les pics d'œstradiol et de testostérone qui portent le désir au fil du mois.

Marie-Rose Galès, dans Endo & Sexo, décrit très bien le résultat : sous pilule, la libido ne disparaît pas vraiment, elle s'aplatit. « Vous avez toujours faim, mais ce n'est clairement pas le même appétit. » Les progestatifs purs, qui abaissent l'œstradiol, et les pilules à effet anti-androgène ont tendance à accentuer cet effet.

À cela s'ajoute la sécheresse des muqueuses, très fréquente sous traitement, qui rend l'inconfort mécanique là où il n'y en avait pas. C'est aussi, de tout ce que tu vas lire ici, ce qui se règle le plus vite : un bon lubrifiant, et une partie du problème disparaît dès le soir même.

Cette question se pose, et elle s'entend très bien

Si tu suspectes ton traitement hormonal d'avoir éteint ta libido, c'est une vraie question, et elle se pose à ton gynécologue. Il existe plusieurs molécules et plusieurs schémas, et changer de schéma est souvent possible. Ce qu'on évite, c'est d'arrêter ou de modifier de son propre côté, parce que les douleurs reviennent sans que la libido, elle, remonte pour autant. Le plus simple est d'arriver au rendez-vous avec la phrase toute prête. « Ce traitement me soulage bien, mais il a éteint mon désir, qu'est-ce qu'on peut essayer ? »

La douleur éteint le désir avant même qu'il arrive

C'est le mécanisme le plus sournois, et il ne demande aucune douleur présente pour fonctionner : il suffit du souvenir de la douleur. Le corps anticipe, l'excitation ne monte pas, la lubrification suit, le périnée se met en tension. Le rapport suivant fait plus mal, ce qui renforce l'anticipation.

La boucle tourne toute seule, et elle se referme d'autant plus vite que la douleur est imprévisible. Dans l'étude ENDOmind, près de 95 % des répondantes déclarent avoir aussi eu mal après un rapport, parfois pendant plusieurs jours. Quand la douleur revient à retardement, le corps finit par se méfier de tout.

Et c'est précisément parce qu'il s'agit d'un apprentissage que ça se défait. Un corps qui refait l'expérience de moments sans douleur réapprend, dans l'autre sens, avec la même mécanique. C'est tout l'objet de la deuxième moitié de cette page.

La fatigue et le moral font le reste

Une nuit hachée, une douleur de fond permanente, un brouillard mental qui rend chaque journée plus coûteuse : le désir est la première chose qu'un organisme épuisé met de côté. Le versant émotionnel compte tout autant, et il est traité sur la page moral et anxiété.

L'ampleur du phénomène a fini par être mesurée. En mars 2025, l'association ENDOmind a publié l'étude Sexualité, Couple et Endométriose, menée auprès de 1 152 répondantes avec le soutien de la Fondation des Femmes. Voici ce qu'elle montre.

98 %ont déjà ressenti des douleurs pendant un rapport sexuel, dont 41,3 % à chaque fois.
95 %ont déjà eu mal après un rapport.
86,5 %considèrent avoir une vie sexuelle réduite à cause de l'endométriose.
52,3 %se sont déjà forcées à avoir un rapport pour satisfaire leur partenaire.
17 %seulement ont bénéficié d'une prise en charge qui les a aidées.

Ce que ces chiffres disent avant tout, c'est que si tu vis ça, tu es dans la norme, et que tu es très loin d'être seule. Et le dernier est celui qui bouge le plus vite, dès qu'on ose poser la question.

Ce dernier chiffre est le plus parlant de tous, et pas dans le sens qu'on croit. Il ne dit pas que rien ne marche. Il dit que la question n'est presque jamais posée, ni d'un côté ni de l'autre du bureau, et que le sujet reste largement en friche. C'est donc un terrain où il reste absolument tout à gagner, souvent avec des choses simples.

Ce que l'endométriose fait au couple

Le sujet déborde très vite du lit. Ce qui abîme la relation, ce n'est presque jamais la douleur elle-même : c'est le silence qui s'installe autour d'elle, et les histoires que chacun se raconte de son côté.

Se forcer, la fausse bonne idée

Un chiffre à lui seul dit l'ampleur du problème : 52,3 % des répondantes de l'étude ENDOmind se sont déjà forcées à avoir un rapport pour satisfaire leur partenaire. Elle tolère, parce qu'elle ne veut pas interrompre l'intimité, ou par peur du rejet.

Faire plaisir à l'autre, c'est une façon de dire je t'aime. Le problème commence quand tu le fais à contrecœur, et que tu te sens mal pendant ou après. Là, il y a deux conséquences, et aucune n'est bonne : la douleur s'aggrave physiquement, et le sexe devient une corvée de plus sur la liste des choses à faire.

La sortie n'est pas de mettre l'intimité entre parenthèses. Elle est de déplacer ce qu'on met dedans. Il existe beaucoup de façons d'être proches qui ne passent pas par ce qui fait mal, et elles comptent autant. On y revient plus bas, c'est même le cœur du sujet.

Quand c'est ton partenaire qui culpabilise

Le cas est plus fréquent qu'on ne le croit, et il est rarement dit. Le ou la partenaire a déclenché une douleur, une fois, deux fois. Alors il n'ose plus rien initier, de peur de faire mal. Toi, tu lis ce retrait comme un désintérêt. Et personne ne dit rien.

Deux choses aident vraiment ici. La première : expliquer les mécanismes physiologiques de la maladie à ton partenaire, parce qu'un conjoint qui ne comprend pas d'où vient la douleur finit parfois par douter qu'elle soit réelle. La seconde : mettre en place des repères concrets, un mot pour ralentir, un mot pour arrêter, une bouillotte prête au cas où. Le simple fait de savoir qu'il existe une solution de repli détend les deux.

La pression n'est jamais négociable

Ce paragraphe ne concerne sans doute pas ton couple, et autant l'avoir lu une fois. Il existe la situation inverse, où le ou la partenaire insiste pour avoir des rapports malgré la douleur. Ce n'est pas un problème de couple, c'est une violence, et dans l'étude ENDOmind près de 45 % des répondantes déclarent avoir déjà subi au moins une forme de violence. Si tu te reconnais là-dedans, un numéro suffit pour commencer : le 3919, anonyme, gratuit, et sans que tu aies à décider quoi que ce soit avant d'appeler. Le sujet est repris en entier sur la page consacrée aux violences et à la douleur.

Comment en parler, à deux et avec les soignants ?

Il n'existe pas de bonne formule, seulement des moments plus faciles que d'autres. Parler à froid, hors du lit, en dehors d'un moment d'intimité, change tout : la conversation ne ressemble plus à un refus.

Quelques repères qui marchent en pratique :

SituationCe qui aide
Dire que ça fait mal, sur le momentConvenir à l'avance d'un mot ou d'un geste pour ralentir ou arrêter, sans avoir à s'expliquer
Aborder le sujet avec ton partenaireChoisir un moment neutre, parler du mécanisme de la maladie avant de parler de vous
En parler à ton gynécologueL'écrire sur un papier et le tendre, si les mots ne viennent pas. Ça fonctionne très bien
Venir en consultation à deuxBeaucoup de cabinets permettent de commencer seule, puis d'aller chercher son conjoint en salle d'attente

Une précision qui compte : la douleur pendant les rapports est un élément de diagnostic, pas une confidence gênante. Elle fait partie des signes qui orientent vers une endométriose profonde, quand les lésions se logent derrière l'utérus ou sur les ligaments. Le dire, c'est donner à ton médecin une information qu'il attend, et qui fait parfois avancer un dossier d'un coup.

Ce que je vois en consultation

Le sujet arrive presque toujours en fin de consultation, à voix basse, comme s'il n'était pas légitime. Il l'est. Douleur, libido en berne, couple à bout : tout ça se travaille.

En parler simplement
Femme au calme dans une lumière douce, le regard apaisé
Retrouver du plaisir passe d'abord par sortir de l'anticipation de la douleur

Les pistes pour retrouver du plaisir

L'objectif n'est pas de « refaire comme avant ». Il est de remettre du plaisir et du choix là où il n'y avait plus que de l'appréhension. Ce sont des pistes, à adapter à toi et à ton rythme.

PistePourquoi ça change quelque chose
Kiné ou ostéo spécialisé du périnéeApprendre à détendre un périnée en tension permanente, souvent l'intervention la plus efficace
Adapter les positionsCertaines sollicitent beaucoup moins les zones douloureuses, selon la localisation des lésions
LubrifiantLa sécheresse induite par les traitements aggrave tout, et un lubrifiant règle une partie du problème en une fois
Choisir le moment du cycleLa douleur varie avec l'inflammation et la phase du cycle : repérer tes fenêtres plus confortables
SexothérapiePrécieuse quand la peur de la douleur s'est installée et tourne en boucle
Prendre son tempsUn corps détendu et excité a mécaniquement moins mal : la congestion et la lubrification sont des protections
Plantes et micronutritionLe maca sur l'élan, le magnésium sur la tension nerveuse, les oméga-7 sur les muqueuses : détaillé plus bas

Le périnée, on le détend

Pas de Kegel sur un périnée déjà contracté

Le réflexe « il faut muscler le périnée » est ici exactement à l'envers. Quand il est en tension permanente, les exercices de Kegel aggravent la douleur. L'objectif est de le relâcher : respiration, étirements, rééducation de détente avec un kiné formé. C'est souvent ce qui débloque la situation en premier.

Le slow sex, et la sexualité sans pénétration

Notre culture compte les rapports sexuels en pénétrations. C'est une convention, pas une définition. Marie-Rose Galès rappelle que dans les Kama Sutra, la pénétration n'occupe qu'un chapitre sur dix de la partie consacrée aux relations charnelles.

Ralentir, c'est-à-dire s'autoriser un long temps de caresses, de baisers, de peau contre peau, sans objectif d'arrivée, a deux effets très concrets en cas d'endométriose : ça laisse à l'excitation le temps de monter, donc au corps le temps de se lubrifier et de se détendre, et ça désamorce l'appréhension qui crispe le périnée.

Et si la pénétration reste douloureuse malgré tout, une sexualité sans pénétration n'est pas un lot de consolation. C'est une sexualité.

Que peut faire la naturopathie sur la libido ?

Beaucoup plus que ce qu'on te propose d'habitude. Sur ce sujet, on t'oriente presque toujours vers l'ajustement du traitement ou vers la psychologie, et les deux sont justes. Sauf que le désir a aussi besoin d'un corps qui a de l'énergie, d'un système nerveux qui n'est pas en alerte permanente, et de muqueuses confortables. Ces trois-là, c'est mon terrain, et ils s'améliorent vraiment.

La maca, la plante à connaître ici

La maca (Lepidium meyenii) est un tubercule des Andes, rangé parmi les plantes adaptogènes, celles qui aident l'organisme à encaisser le stress au lieu de le fouetter. Stéphanie Mezerai, naturopathe et coautrice de Soulager l'endométriose sans médicaments, en fait la plante phare de ce qu'elle appelle la fatigue sexuelle : le désir qui s'éteint sur fond d'épuisement et de tension nerveuse. C'est très exactement la situation décrite plus haut sur cette page.

Ce qui la rend intéressante en cas d'endométriose tient en une phrase : elle n'apporte pas d'hormones. Elle ne contient pas d'œstrogènes et n'en fabrique pas ; elle travaille sur l'ensemble du système endocrinien, sur l'humeur, l'énergie et l'endurance. Sur une maladie œstrogéno-dépendante, cette nuance n'est pas un détail de spécialiste, c'est le premier critère de tri.

Elle contient deux composés qu'on ne trouve nulle part ailleurs, les macamides et les macaènes, associés à cette action sur l'énergie sexuelle. Elle se prend en poudre, avec un goût entre le caramel et la noisette qui passe très bien dans une compote ou un yaourt, ou en gélules, plutôt le matin pour profiter de son effet tonique dans la journée, et en cure entrecoupée de pauses. Deux choses se décident dossier en main : la variété (jaune, rouge ou noire, elles ne servent pas la même chose) et le rythme. Elle est par ailleurs déconseillée en cas d'hypertension et d'antécédent de cancer hormono-dépendant, et c'est ce genre de point qu'on vérifie ensemble avant de commencer.

Les autres plantes qui ont leur place

PlanteCe qu'on lui demande ici
MacaL'élan et l'énergie, sans aucun apport hormonal
AshwagandhaLe stress chronique et la fatigue nerveuse qui coupent le désir en amont
RhodiolaLe tonus et l'élan quand la fatigue nerveuse a tout aplati
Ginkgo bilobaLa fatigue sexuelle ; son effet vasodilatateur joue sur la montée de l'excitation
Damiana (Turnera diffusa)Une aide ponctuelle sur l'excitation et l'accès à l'orgasme
Sarriette des montagnesRéputation aphrodisiaque ancienne, liée à un effet relaxant et vasodilatateur

Le ginkgo biloba vient de Marie-Rose Galès elle-même, dans Endo & Sexo, où elle le cite pour la fatigue sexuelle. Elle cite aussi le ginseng sibérien, et là je ne la suis pas : on lui prête un effet œstrogène-like, ce qui suffit à l'écarter sur un terrain comme le tien. Je lui préfère la rhodiola, qui joue le même rôle de tonique nerveux sans toucher à ce registre. Le damiana est décrit par Véronique Liesse et le Dr Vincent Renaud dans Hormones, arrêtez de vous gâcher la vie comme facilitant l'excitation et l'orgasme chez la femme. Et la sarriette, chez la naturopathe Fabienne Goddyn, doit sa réputation à un composé relaxant et vasodilatateur, ce qui a du sens quand la tension est justement le problème.

Aucune de ces plantes ne se choisit sur une étagère parce que l'étiquette dit « libido ». Elles interagissent avec les traitements hormonaux, et l'une d'elles seulement sera la bonne pour toi selon ce qui a éteint le désir : l'épuisement, l'alerte nerveuse ou l'inconfort local.

Le rayon « désir » est truffé de plantes œstrogène-like

C'est le piège numéro un du libre-service, et il est spécifique à ta situation. Beaucoup de formules « féminin » et « libido » sont bâties autour de plantes qui imitent l'action des œstrogènes : shatavari, trèfle rouge, houblon, soja, actée. Sur un terrain œstrogéno-dépendant, ce sont précisément celles qu'on ne veut pas relancer à l'aveugle. Bonne nouvelle : les plantes citées juste au-dessus ne fonctionnent pas comme ça, et il reste largement de quoi travailler. On lit les étiquettes ensemble, c'est souvent la première chose que je fais quand tu arrives avec trois boîtes achetées en ligne.

Ce que l'assiette et la micronutrition apportent

C'est la partie la moins spectaculaire et la plus rentable, parce qu'elle agit sur les causes du bas.

  • Le magnésium est un relaxant musculaire et nerveux. Sur un périnée en tension permanente et un système nerveux en alerte, c'est le nutriment le plus directement utile de toute cette page.
  • Les vitamines du groupe B interviennent dans la production d'énergie et la synthèse des neuromédiateurs. Une libido qui n'a plus de carburant commence souvent là.
  • La vitamine C nourrit les glandes surrénales et aide à faire redescendre le cortisol, l'hormone de l'alerte.
  • Les oméga-3 calment le terrain inflammatoire de fond, celui qui amplifie la douleur et abaisse le seuil.
  • Les oméga-7, moins connus, entretiennent l'hydratation de la peau et des muqueuses, sécheresse vaginale comprise. On les trouve dans les baies d'argousier et l'huile de macadamia. C'est un levier de fond intéressant quand un traitement hormonal a asséché les muqueuses, et il se cumule très bien avec un lubrifiant utilisé sur le moment.
  • Le zinc participe à l'équilibre hormonal général et se retrouve dans les huîtres, les graines de courge, les oléagineux.

Les odeurs et le toucher, à ne pas balayer

L'odorat est le seul sens branché directement sur les zones du cerveau qui gèrent l'émotion et la mémoire, et c'est pour ça qu'il ouvre parfois une porte que la volonté n'ouvre pas. En olfaction simple, au flacon ou sur un mouchoir, les huiles essentielles d'ylang-ylang, de rose de Damas, de cannelle de Chine ou de kunzea sont les plus citées sur ce terrain-là. Marie-Rose Galès conseille d'ailleurs de composer ta propre synergie plutôt que de suivre une liste : ce qu'une odeur réveille chez toi ne se prescrit pas.

Il existe aussi des points réflexes traditionnellement associés à la circulation dans le petit bassin, notamment un point situé quelques centimètres sous le nombril et les points du sacrum, qu'on masse quelques minutes. Et le massage tout court, sans objectif de rapport derrière, reste l'un des moyens les plus simples de redonner au corps une expérience de contact qui ne fait pas mal. C'est exactement ce qui défait la boucle d'anticipation décrite plus haut.

Ce que je ne fais pas, autant le dire une fois : faire remonter une libido éteinte par un traitement hormonal, remplacer un bilan gynécologique, ou prendre la place d'un kiné du périnée et d'un sexothérapeute.

LevierPourquoi ça compte ici
Terrain inflammatoireL'inflammation amplifie la douleur, et la douleur éteint le désir
Gestion du stressLe stress crispe le périnée et entretient l'anticipation
Sommeil et énergieUn corps épuisé a un seuil de douleur plus bas et pas d'élan
Confort localSécheresse, hydratation des muqueuses, hygiène intime, irritants du quotidien
Plantes et micronutritionEn second, après les quatre lignes du dessus, et choisies selon ton dossier

Les leviers de fond sont détaillés sur la page les bases de l'endométriose, et le versant fatigue sur endométriose et fatigue.

Ce que je peux travailler, et avec qui

Deux femmes m'en parlent le même mois. La première a des douleurs profondes pendant les rapports, très cycliques, sur fond d'inflammation qui flambe en fin de cycle : chez elle, le travail de terrain a une vraie prise, et on regarde aussi le sommeil, parce qu'un corps épuisé se contracte plus vite. La seconde n'a presque plus mal depuis son traitement, mais elle a peur d'avoir mal, et son corps s'est mis en garde tout seul : là, mon terrain ne suffit pas, et le vrai travail se fait ailleurs.

Deux situations, deux orientations différentes, et il n'y a aucune honte dans la seconde. L'appréhension après des mois de douleur est une réaction normale, pas une défaillance.

Ce que je travaille de mon côté : l'inflammation de fond, le sommeil, la charge de stress, les réserves. Tout ce qui abaisse le niveau d'alerte général du corps et rend le reste plus accessible.

Qui fait quoi

Je ne fais aucun examen, je ne pose aucun diagnostic, et je n'aborde ce sujet que si tu en as envie. La rééducation du périnée appartient à une kinésithérapeute ou une sage-femme formée. Tout ce qui touche au désir, à l'appréhension, au couple ou à l'histoire intime se travaille avec un psychologue ou un sexologue, et ces professionnels ont des outils que je n'ai pas. J'oriente volontiers, et on avance chacun de notre côté.

Quand consulter, et ce qu'on travaille en parallèle

Une douleur répétée pendant les rapports, une libido qui s'effondre après un changement de traitement, une intimité qui devient une source d'angoisse : ce sont trois bonnes raisons d'en parler, sans attendre que ce soit « assez grave ». Personne, en face, ne va te trouver douillette.

Trois portes s'ouvrent, et elles ne demandent pas le même courage. Ton gynécologue pose le cadre et peut réévaluer le traitement. Un kinésithérapeute spécialisé du périnée travaille la tension musculaire, et c'est souvent lui qui débloque le plus vite. Un sexothérapeute prend le relais quand la peur s'est installée dans le couple.

Je ne suis pas médecin, et la naturopathie ne remplace aucun de ces professionnels. Bonne nouvelle, tu n'as pas à trouver la bonne porte du premier coup : commence par celui à qui tu te sens capable d'en parler, il t'orientera vers les autres.

Pendant ce temps, le terrain se travaille : l'inflammation, la digestion, les réserves en fer, la charge nerveuse. Ce chantier-là n'attend pas le rendez-vous, et il change souvent le quotidien avant même que le parcours médical aboutisse.

Ta vie intime a changé et tu n'oses pas en parler ? On peut aborder le sujet calmement, et je travaille le terrain qui rend le reste plus accessible : la douleur, les nuits, la fatigue. Prendre rendez-vous →

Questions fréquentes

Ce sont des questions intimes, et elles reviennent dans presque toutes mes consultations.

L'endométriose fait-elle baisser la libido ?

Oui, par plusieurs chemins à la fois, et c'est ce qui rend le sujet si difficile à démêler seule. Les traitements hormonaux lissent les variations d'œstradiol et de testostérone, la douleur installe une appréhension qui coupe le désir avant même qu'il arrive, la fatigue chronique laisse peu de place, et le moral fait le reste. Dans l'étude ENDOmind de mars 2025, 86,5 % des répondantes estiment avoir une vie sexuelle réduite du fait de la maladie. Ce n'est donc ni marginal, ni une question de volonté, ni un problème d'amour pour ton partenaire. Et comme chacun de ces chemins se travaille séparément, une libido au plancher n'a rien de définitif.

Est-ce normal d'avoir mal pendant les rapports avec une endométriose ?

C'est fréquent, ce qui n'est pas la même chose que normal, et la nuance change tout. Dans l'enquête déclarative menée par ENDOmind auprès de 1 152 répondantes, la quasi-totalité des femmes interrogées avaient déjà eu mal pendant un rapport. Autrement dit, tu n'es ni seule, ni difficile, ni « mal réglée ». C'est un symptôme, avec des causes physiques repérables : lésions profondes derrière l'utérus, périnée trop contracté, sécheresse installée par un traitement, inflammation. Chacune de ces causes a ses réponses, et c'est justement pour ça qu'il faut la nommer devant un professionnel. Le détail est sur la page consacrée à la dyspareunie.

Ma pilule a tué ma libido, que faire ?

En parler à ton gynécologue avant tout, et surtout ne jamais arrêter ni modifier le traitement toute seule. Les molécules ne se valent pas de ce point de vue : les progestatifs purs et les pilules à effet anti-androgène abaissent davantage le désir, parce qu'ils touchent à la testostérone, qui compte aussi chez nous. Un changement de schéma ou de molécule est parfois possible, et il vaut la peine d'être demandé. Les réponses sont par ailleurs très individuelles : une femme verra sa libido s'effondrer là où une autre ne notera rien. Ce n'est donc pas une fatalité, c'est un paramètre à ajuster.

Un lubrifiant peut-il aider, et lequel choisir ?

Oui, et c'est le levier le plus simple à mettre en place ce soir. Beaucoup de traitements hormonaux installent une sécheresse discrète, qui augmente les frottements et donc la douleur, sans qu'on fasse forcément le lien. Un lubrifiant généreux, même quand tu ne te sens pas particulièrement sèche, change nettement le confort. Privilégie une base aqueuse, sans parfum, sans effet chauffant ni picotant, et compatible avec les préservatifs si tu en utilises. Marie-Rose Galès ajoute un critère utile dans Endo & Sexo : viser une formule qui retient les molécules d'eau, à l'acide hyaluronique ou à l'aloe vera, plutôt qu'un lubrifiant premier prix qui sèche en quelques minutes. L'huile de coco dépanne bien quand rien d'autre ne convient, à condition de ne jamais l'associer à un préservatif, que le corps gras abîme. Les formules riches en glycérine irritent certaines femmes, donc si ça pique, on change de produit plutôt que de conclure que le problème vient de soi. Un lubrifiant à base d'eau, sans parfum ni effet chauffant, reste le choix le plus sûr pour un terrain sensible.

Faut-il faire des exercices de Kegel ?

Le plus souvent non, et ils peuvent même aggraver la douleur. Quand on a mal depuis des mois, le périnée se contracte en permanence pour se protéger : il est déjà trop tonique, et le renforcer revient à serrer un poing crispé. Ce qu'il faut ici, c'est le détendre, par la respiration, des étirements adaptés et un travail manuel. Un kinésithérapeute ou une sage-femme spécialisée évalue le tonus avant de proposer quoi que ce soit, et c'est souvent l'intervention la plus efficace de tout le parcours. Le réflexe « il faut muscler le périnée » vient de l'après-accouchement, pas de cette situation. Et quand la tension va jusqu'à rendre la pénétration impossible, il s'agit d'autre chose, qui a sa propre prise en charge.

Comment en parler à mon conjoint sans le blesser ?

Choisis un moment neutre, hors du lit et hors du sujet du moment, et commence par expliquer le mécanisme de la maladie plutôt que ce qui ne va pas entre vous. La phrase qui fonctionne le mieux ressemble à « ce n'est pas toi, c'est ce que la douleur fait à mon corps ». Beaucoup de partenaires se retirent non par désintérêt, mais par peur de faire mal, et vivent ce retrait dans le silence de leur côté. Convenir ensemble d'un mot ou d'un geste pour ralentir ou arrêter enlève une grande partie de la tension, des deux côtés. Parler de ce que tu ressens plutôt que de ce qu'il fait change complètement la façon dont la phrase arrive.

Faut-il se forcer pour préserver le couple ?

Non, et c'est important de le dire clairement. Dans l'enquête ENDOmind de 2025, plus d'une répondante sur deux déclarait l'avoir déjà fait. Les conséquences sont doubles : la douleur s'aggrave physiquement, parce qu'un corps qui se crispe encaisse plus mal, et l'intimité se transforme en obligation, ce qui éteint le désir un peu plus à chaque fois. Un rapport subi ne préserve rien à long terme. Une conversation honnête, oui. Et souvent, ce qui sauve le couple, ce n'est pas de maintenir les rapports coûte que coûte, c'est de retrouver de la tendresse sans enjeu de performance. Se forcer entretient la douleur et la peur, et c'est le couple qui finit par en payer le prix.

La sexualité sans pénétration, c'est un renoncement ?

Pas du tout, et beaucoup de femmes que j'accompagne le découvrent avec soulagement. Quand la douleur est profonde, tout ce qui se joue ailleurs reste disponible : les caresses, la sensualité lente, la découverte de ce qui fait du bien sans déclencher la crispation. Ce n'est pas un lot de consolation, c'est une façon de sortir de l'équation « intimité égale douleur », qui est exactement ce qui entretient l'appréhension. Le désir revient plus facilement quand le corps cesse d'anticiper la douleur. Beaucoup de couples racontent y avoir gagné en complicité, et pas seulement pendant la période difficile. Beaucoup de couples y trouvent une intimité plus large, une fois passée l'idée qu'il manquerait quelque chose.

Le maca aide-t-il à retrouver de la libido quand on a une endométriose ?

C'est la piste naturelle la plus sérieuse sur ce sujet, et la seule que je cite spontanément. Le maca est un tubercule andin classé parmi les plantes adaptogènes : il agit sur l'énergie, l'humeur et la résistance au stress, c'est-à-dire sur les trois choses qui s'effondrent quand la douleur dure depuis des années. Le point qui compte dans ton cas : il n'apporte pas d'hormones et ne contient pas d'œstrogènes, ce qui le distingue de la plupart des formules « féminines » du rayon. Il se prend plutôt le matin, en cure avec des pauses, et le résultat met de quelques jours à plusieurs semaines à s'installer selon les femmes. Il n'est pas fait pour tout le monde non plus : hypertension et antécédent de cancer hormono-dépendant sont des raisons de s'en abstenir. C'est un vrai levier, à condition qu'il soit choisi pour la bonne raison.

Quelles plantes peuvent aider la libido avec une endométriose ?

Le maca en premier, pour l'élan et l'énergie. L'ashwagandha quand c'est le stress chronique qui a tout éteint. La rhodiola quand le tonus est à plat et que le système nerveux est à bout. Le ginkgo biloba, cité par Marie-Rose Galès dans Endo & Sexo, pour la fatigue sexuelle et son effet sur la circulation. Le damiana, plus ponctuel, sur l'excitation. Et la sarriette des montagnes, dont la réputation aphrodisiaque tient à un composé relaxant et vasodilatateur. La règle importante ici n'est pas laquelle prendre, c'est laquelle éviter : les plantes qui miment les œstrogènes, très présentes dans les formules « désir » et « ménopause », ne sont pas un bon plan sur une maladie œstrogéno-dépendante. C'est ce tri-là qu'on fait ensemble, avec tes traitements en cours sous les yeux.

Les compléments alimentaires peuvent-ils remonter une libido éteinte par la pilule ?

Pas directement, et il faut être honnête là-dessus : aucun complément ne recrée les pics hormonaux qu'un traitement a volontairement mis en pause. Ce qui se travaille, c'est tout ce qui pèse à côté, et ça pèse souvent plus lourd qu'on ne croit. Le magnésium détend le système nerveux et le périnée, les vitamines B et la vitamine C soutiennent l'énergie et les surrénales, les oméga-3 calment le fond inflammatoire, les oméga-7 entretiennent l'hydratation des muqueuses quand le traitement les a asséchées. Beaucoup de femmes qui remontent la pente y arrivent par cette porte-là, sans avoir touché à leur ordonnance. Et si tu suspectes vraiment ta molécule, la conversation se tient avec ton gynécologue, en parallèle.

Peut-on retrouver une sexualité épanouie avec une endométriose ?

Oui, à condition de ne pas viser le retour à l'identique. Entre la prise en charge de la cause, la détente du périnée avec une professionnelle formée, l'ajustement du traitement avec ton gynécologue, le travail sur le terrain inflammatoire et la conversation dans le couple, beaucoup de femmes retrouvent une intimité confortable. Parfois différente de celle d'avant, souvent plus lente, et pas moins bonne pour autant. Ce qui aide le plus, c'est d'avancer sur plusieurs fronts en même temps plutôt que d'attendre que la douleur disparaisse d'elle-même. Et de se rappeler que ce sujet est légitime en consultation, autant que la douleur des règles.

Avançons ensemble

Si la douleur et la fatigue ont pris toute la place et que ton intimité s'est mise en retrait, on peut en parler, en toute confidentialité. Ensemble, on travaille ton terrain, ton énergie et ton confort, à côté de ton suivi médical.

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