L'essentiel en 30 secondes
- Noix du Brésil et thyroïde, le lien tient en un mot : le sélénium. Elle en est de très loin le premier aliment, et le sélénium fait tourner deux enzymes indispensables à la glande.
- Une noix couvre déjà, et dépasse, ton besoin d'une journée. C'est le chiffre que presque personne ne donne.
- Le conseil « une poignée de noix du Brésil » est donc à jeter : à quinze noix par jour, on est au-dessus du seuil de toxicité.
- Le sélénium est toxique à des doses à peine supérieures à celles qui le rendent indispensable. La fenêtre est étroite, d'où la prudence.
- 1 à 2 noix par jour en entretien. La fourchette de 2 à 4 qu'on lit partout est une dose de correction, sur déficit avéré et pour un temps limité.
Tu as lu quelque part que les noix du Brésil étaient bonnes pour la santé de la thyroïde. C'est vrai. Et puis tu as lu qu'elles étaient dangereuses. C'est vrai aussi. Les deux articles avaient raison et aucun des deux ne t'a donné le seul chiffre qui permet de trancher.
Je suis Perrine, naturopathe spécialisée en santé féminine. La noix du Brésil revient dans presque toutes mes consultations thyroïde, et le plus souvent avec la même phrase : « j'en prends une poignée le matin ». C'est cette poignée qui pose problème, et tu vas voir en trente secondes pourquoi.
Ce que la noix du Brésil apporte vraiment à ta thyroïde
Tout tient dans un seul micronutriment : le sélénium. La noix du Brésil n'a aucune action particulière sur la glande, elle est simplement le véhicule le plus concentré qui existe pour cet oligo-élément.
Le sélénium est probablement le cofacteur le plus important après l'iode, et il travaille à deux endroits différents de la thyroïde.
Il fabrique ton hormone active. La thyroïde produit surtout de la T4, une forme de réserve, peu active. C'est en périphérie que la T4 est convertie en T3, l'hormone qui parle réellement à tes cellules. Cette conversion est assurée par des enzymes appelées déiodinases, et les déiodinases sont séléno-dépendantes. Sans sélénium, tu peux avoir une T4 correcte et rester fatiguée, parce que la transformation ne se fait pas.
Il protège la glande. Fabriquer des hormones thyroïdiennes produit du peroxyde d'hydrogène, donc du stress oxydatif, à l'intérieur même de la glande. C'est la glutathion peroxydase, une autre enzyme séléno-dépendante, qui neutralise ces déchets. Un manque de sélénium laisse la thyroïde s'abîmer avec ses propres résidus de fabrication.
Voilà pourquoi le sélénium revient systématiquement dans les protocoles thyroïde, et pourquoi la noix du Brésil est devenue son emblème.
Le chiffre que personne ne te donne : une noix suffit
Les deux médecins français qui font référence sur la thyroïde donnent la même teneur, par deux chemins différents.
Le Dr Philippe Veroli chiffre la noix du Brésil à 1 900 µg de sélénium pour 100 g. Le Dr Benoît Claeys raisonne à la portion et donne 95 µg pour une noix de 5 g. Les deux disent exactement la même chose.
Maintenant, mets ça en face de tes besoins. Le Dr Claeys situe le besoin quotidien entre 55 et 70 µg par jour.
Une noix apporte 95 µg. Ton besoin quotidien est de 55 à 70 µg.
Une seule noix te met déjà au-dessus de ta journée.
| Aliment | Sélénium (µg/100 g) |
|---|---|
| Noix du Brésil | 1 900 |
| Huîtres | 70 à 150 |
| Poisson (moyenne) | 30 à 50 |
| Coquillages (moules, palourdes) | 30 à 50 |
| Œuf | 19 |
L'écart n'est pas de quelques pourcents. Entre la noix du Brésil et l'huître, il y a un facteur 13 à 27. Entre la noix du Brésil et l'œuf, un facteur 100. Aucun autre aliment courant ne joue dans cette catégorie, et c'est précisément ce qui rend la portion délicate.
Je ne regarde jamais le sélénium seul : le fer, le zinc, la vitamine D et tes protéines comptent autant pour faire tourner la glande. On regarde ton cas →
Combien de noix du Brésil par jour ?
La réponse dépend de ce que tu cherches à faire, et c'est justement ce que les articles oublient de préciser.
En entretien, 1 à 2 par jour suffisent. Une noix couvre déjà ton besoin, deux te placent à la limite prudente. C'est le repère de la médecine fonctionnelle quand ton statut est correct.
En correction d'un déficit avéré, 2 à 4 par jour. C'est la fourchette que donne Guénaëlle Abéguilé, et elle prend soin d'ajouter « en fonction de l'importance du déficit ». C'est donc une dose de rattrapage, sur un manque documenté et pour une durée limitée, jamais un rythme de croisière à tenir toute l'année.
Cette distinction explique les chiffres contradictoires que tu as pu lire ailleurs. Les deux ont raison, ils ne parlent simplement pas de la même situation.
Voici où te situent les quantités couramment conseillées.
| Ce que tu manges | Sélénium apporté | Où ça te situe |
|---|---|---|
| 1 noix | ~95 µg | déjà au-dessus du besoin quotidien |
| 2 noix | ~190 µg | à la limite prudente du Dr Claeys (200 µg/j) |
| 5 noix | ~475 µg | à la borne haute du Dr Veroli (500 µg/j) |
| 10 noix | ~950 µg | au seuil de toxicité |
| Une poignée (15) | ~1 425 µg | au-dessus du seuil, tous les jours |
Tu vois le problème du conseil « une poignée ». Personne ne mange une poignée d'huîtres en pensant faire un excès de sélénium, parce qu'il faudrait en avaler un kilo. Avec la noix du Brésil, la portion qui bascule dans l'excès tient dans le creux de la main.
Regarde l'origine sur le paquet
La teneur en sélénium d'une noix dépend du sol où l'arbre a poussé, et les sols amazoniens ne se valent pas d'une région à l'autre. Guénaëlle Abéguilé donne un conseil très concret là-dessus : vérifie qu'elles viennent bien du Brésil. Beaucoup de sachets vendus en Europe sont récoltés en Bolivie ou au Pérou, sur des sols dont la richesse en sélénium diffère, et aucune étiquette ne te donnera la teneur réelle. C'est une raison de plus de compter tes noix plutôt que tes microgrammes : à une ou deux, même une teneur du haut de la fourchette te laisse au large. À dix, la même incertitude joue contre toi.

Noix du Brésil et danger : où est vraiment la limite ?
C'est la deuxième requête la plus tapée sur le sujet, et elle mérite une réponse nette plutôt qu'un frisson.
Le Dr Veroli pose les repères suivants : la dose recommandée courante est de 200 µg par jour, une prise allant jusqu'à 500 µg par jour ne pose a priori pas de problème même sur plusieurs mois, et le surdosage devient toxique au-delà de 1 000 µg par jour, soit dix à quinze fois la dose recommandée.
Le Dr Claeys est plus prudent et recommande personnellement de ne pas dépasser 200 µg par jour. Il ajoute une remarque que je trouve essentielle : un apport de 200 µg par complément peut déjà être excessif si l'alimentation en apporte 200 de son côté. Autrement dit, ce sont les totaux qui comptent, et une gélule prise en plus de deux noix quotidiennes n'est pas une petite addition.
Je te donne les deux chiffres parce qu'ils divergent, et te présenter un consensus qui n'existe pas serait malhonnête. En pratique, viser le repère bas te met à l'abri des deux côtés.
La vraie raison d'être prudente tient en une phrase : entre la dose qui te manque et la dose qui t'intoxique, l'écart est minuscule. Sa fenêtre thérapeutique est étroite. Ce n'est le cas ni du magnésium, ni de la vitamine C, ni de la plupart des nutriments que tu prends sans y penser.
À quoi ressemble un excès de sélénium
L'intoxication chronique porte un nom, la sélénose. Elle se manifeste par un amaigrissement, une fatigue, une irritabilité, des troubles digestifs et cutanés, et dans les formes installées par des neuropathies périphériques et des lésions rénales et hépatiques. Beaucoup de ces signes ressemblent à ceux d'une thyroïde qui va mal, ce qui rend la confusion facile : on peut aggraver sa fatigue en croyant la traiter. Si tu prends des noix du Brésil en quantité depuis des mois et que ton état se dégrade, parles-en à ton médecin plutôt que d'augmenter la dose.
Les bienfaits de la noix du Brésil au-delà de la thyroïde
Le sélénium lui vole tellement la vedette qu'on en oublie le reste. Or il y a un deuxième titre que la noix du Brésil décroche sans que personne en parle.
Le magnésium. Elle arrive en tête de ce classement-là aussi. Regarde qui elle devance :
| Aliment | Magnésium (mg/100 g) |
|---|---|
| Noix du Brésil | 376 |
| Chocolat pour dessert | 327 |
| Amande grillée | 286 |
| Noix de cajou grillée | 260 |
Un adulte a besoin d'environ 400 mg par jour, et le déficit en magnésium reste l'un des plus répandus dans la population française. Elle bat le chocolat noir sur son propre terrain, ce qui vaut la peine d'être su. Le magnésium participe d'ailleurs lui aussi à la fonction thyroïdienne et à la tolérance au stress, donc les deux atouts de cette noix tirent dans la même direction.
Elle apporte par ailleurs du zinc, encore un cofacteur thyroïdien, des protéines végétales correctes, et une matière grasse majoritairement insaturée, ce qui explique les données favorables sur le profil lipidique.
Sur la peau et les cheveux, où je la vois énormément citée, je te demande de la prudence. Le sélénium et le zinc participent bien à la qualité des ongles et des cheveux. Seulement, quand une femme me dit que ses cheveux tombent, l'explication est presque toujours ailleurs : une ferritine à plat ou une thyroïde ralentie. Deux noix par jour ne remplaceront pas la prise de sang qui te le dira.
Calories et valeurs nutritionnelles
C'est un oléagineux, donc un aliment dense : autour de 65 à 70 kcal pour une noix de 5 g, dans la même catégorie que la macadamia ou la pécan.
Honnêtement, à une ou deux noix par jour, cette question ne mérite pas ton attention. Elle redevient valable si tu en manges à la poignée, sauf que dans ce cas de figure tu as un problème de sélénium bien plus urgent que tes calories.
Hashimoto : ce que le sélénium change vraiment
C'est le terrain où les données sont les plus intéressantes, et le plus souvent mal résumé.
Rappel rapide du contexte : dans la thyroïdite de Hashimoto, ton système immunitaire s'attaque à ta propre thyroïde et fabrique pour cela des anticorps, les anti-TPO et les anti-Tg, qu'on retrouve sur ta prise de sang. Ce sont eux que le sélénium fait bouger. Plusieurs études cliniques mesurent une baisse significative de ces anticorps sous supplémentation, l'effet devenant visible autour de six mois.
Deux précisions honnêtes, parce qu'elles manquent presque partout.
D'abord, faire baisser des anticorps ne veut pas dire faire disparaître la maladie. C'est un marqueur d'intensité de l'agression auto-immune, et le voir descendre est un bon signe, sans être une ligne d'arrivée.
Ensuite, ces études portent sur des supplémentations dosées et suivies. Aucune n'a été menée avec des noix. Si tu es suivie pour une Hashimoto, c'est avec ton médecin ou ton endocrinologue que se décide un apport en sélénium, d'autant que ton statut de départ change complètement la réponse.
L'ordre compte : le sélénium avant l'iode
C'est une règle que j'applique systématiquement. Apporter de l'iode à une thyroïde dont le statut en sélénium est bas revient à lancer la production hormonale sans avoir mis en place le système qui neutralise les déchets oxydatifs de cette production. On peut ainsi aggraver une inflammation thyroïdienne en croyant bien faire, et c'est particulièrement vrai en contexte auto-immun. Le sélénium se regarde en premier. L'iode vient ensuite, et il ne se supplémente jamais à l'aveugle. Le sujet complet est sur la page alimentation et iode de la thyroïde.
Hypothyroïdie, hyperthyroïdie : est-ce que ça change quelque chose ?
La réponse surprend souvent : le sélénium est utile dans les deux cas, parce que son rôle est structurel plutôt que directionnel. Il ne pousse ni ne freine la thyroïde, il permet à la conversion de se faire et protège la glande.
En hypothyroïdie, l'intérêt porte surtout sur la conversion T4 vers T3. Une femme sous traitement qui reste fatiguée avec une TSH corrigée a parfois un problème de conversion, et le sélénium fait partie des cofacteurs à regarder, avec le fer, le zinc et la vitamine D.
En hyperthyroïdie et dans la maladie de Basedow, le sélénium a été étudié pour son rôle antioxydant, notamment sur l'atteinte oculaire. C'est un terrain médical, avec un traitement médical, et l'automédication n'y a aucune place.
Dans les deux situations, la noix du Brésil est un aliment d'appoint. Elle ne remplace jamais un traitement, et une thyroïde déséquilibrée se suit avec un médecin.
Quand la noix du Brésil ne te convient pas
Trois cas où je conseille de s'abstenir ou de demander un avis.
Tu as une hypersensibilité alimentaire. Le Dr Benoît Claeys, qui suit des patientes Hashimoto depuis des années, note dans son livre que les noix exotiques, macadamia et noix du Brésil en tête, provoquent très souvent des hypersensibilités alimentaires d'après son expérience clinique. C'est un point qu'on ne lit nulle part ailleurs, et il vaut la peine d'être connu : si tu introduis des noix du Brésil et que ton transit, ta peau ou ta fatigue se dégradent, arrête et observe.
Tu es enceinte ou tu allaites. Le besoin en sélénium augmente pendant la grossesse, mais la marge de sécurité, elle, ne bouge pas. C'est une période où l'on ne bricole pas avec un nutriment à fenêtre étroite. Demande à la sage-femme ou au médecin qui te suit.
Tu prends déjà un complément. Multivitamines, complexe thyroïde, complexe cheveux et ongles : le sélénium y est très fréquent. Additionne avant d'ajouter des noix, c'est exactement la mise en garde du Dr Claeys sur les totaux.
Comment choisir et conserver ses noix du Brésil ?
Trois repères simples, parce que la qualité change le résultat.
Préfère-les non salées et non grillées. Leurs graisses insaturées supportent mal la chaleur et rancissent, ce qui leur fait perdre l'essentiel de leur intérêt.
Surveille la fraîcheur. Une noix du Brésil rance a un goût de vieille huile, franchement reconnaissable. Elle se jette. Un sachet ouvert se garde au frais, à l'abri de la lumière, et se consomme dans le mois.
En coque, elles se conservent mieux, au prix d'un casse-noix. C'est l'option la plus sûre si tu en achètes en quantité, et de toute façon tu n'en consommes qu'une ou deux par jour.
Un mot sur les gélules de sélénium : elles ont l'avantage d'un dosage connu, là où la noix reste une loterie de quelques dizaines de microgrammes. Elles ont l'inconvénient de s'additionner en silence avec le reste. Ni l'un ni l'autre n'est meilleur dans l'absolu, et cela se décide avec un professionnel selon ton statut.
Ce qu'il faut vérifier avant de miser sur le sélénium
La logique de fond est simple : on ne comble pas un trou qu'on n'a pas mesuré.
Le sélénium sérique se dose. L'intervalle de laboratoire va de 70 à 150 µg/L, et la zone considérée comme optimale en médecine fonctionnelle se situe entre 100 et 130 µg/L. Un résultat à 75 est techniquement normal et laisse pourtant de la marge.
Ce dosage n'est pas systématique, et ton médecin décidera de sa pertinence. Ce que je veux surtout que tu retiennes, c'est le raisonnement : si ton sélénium est déjà correct, en rajouter ne t'apportera rien et te rapprochera de la limite haute. Le bénéfice se trouve chez celles qui sont basses.
Les profils les plus exposés à un manque sont ceux dont l'alimentation est pauvre en protéines animales, végétariennes et végétaliennes en particulier, ainsi que les femmes qui mangent peu de produits de la mer.
Pour le reste du bilan thyroïdien, TSH, T4 libre, T3 libre et anticorps, tout est détaillé sur la page bilan sanguin de la thyroïde.

Ce que je vérifie avant de conseiller quoi que ce soit
Le sélénium est utile à la glande. C'est justement pour ça qu'il mérite mieux qu'un conseil de comptoir.
Pourquoi je ne dis jamais « une poignée »
Le sélénium est toxique à dose excessive, et les signes d'un excès ressemblent à ceux que tu essaies de faire reculer : fatigue marquée, chute de cheveux, ongles abîmés, troubles digestifs. Or la teneur d'une noix varie énormément d'un lot à l'autre, ce qui rend le dosage par l'aliment beaucoup moins précis qu'il n'y paraît.
Je ne donne donc aucune quantité sur ce site. Le repère se pose avec un professionnel qui connaît ton bilan et tes traitements, et le statut se vérifie plutôt que de se deviner.
Ce que je regarde à la place : l'ensemble des cofacteurs de la glande dans ton assiette, pas le sélénium seul. Le fer, le zinc, la vitamine D et les protéines comptent autant, et un seul nutriment pris isolément ne fait pas tourner une thyroïde.
Ce qui bouge, et quand. Sur un statut réellement bas, on raisonne en mois, et le contrôle biologique passe avant l'impression subjective. Sur un statut correct, ajouter n'apporte rien et peut nuire. C'est l'un des rares sujets où « plus » est franchement une mauvaise idée.
Quand consulter, et ce qu'on travaille en parallèle
Rien ici ne remplace un avis médical. La naturopathie accompagne le terrain, elle ne diagnostique rien.
Parle à ton médecin avant d'introduire des noix du Brésil quotidiennement si tu es suivie pour une maladie thyroïdienne, si tu prends un traitement hormonal, si tu es enceinte ou si tu prends déjà un complément contenant du sélénium. Et consulte si tu as consommé de grandes quantités de noix du Brésil et que tu constates une fatigue qui s'aggrave, une perte de poids inexpliquée, une chute de cheveux ou des ongles qui se déforment.
Tu te reconnais ?
- des conseils lus partout et jamais adaptés à ton cas
- l'envie de bien faire sans savoir où s'arrêter
- un terrain thyroïdien jamais vraiment travaillé
On regarde ce qui te concerne, toi, et dans quelle mesure.
Prendre rendez-vousEn parallèle, le terrain se soutient : l'assiette, les réserves, le stress, le sommeil. C'est ce qui explique que deux femmes avec la même TSH ne se sentent pas pareil.
Questions fréquentes
Ce qu'on me demande le plus souvent avant d'installer les noix du Brésil dans son quotidien.
Combien de noix du Brésil par jour pour la thyroïde ?
Une à deux par jour en entretien, et jusqu'à quatre en correction d'un déficit avéré, pour une durée limitée. Une noix de 5 g apporte environ 95 µg de sélénium alors que le besoin quotidien se situe entre 55 et 70 µg, donc une seule noix couvre déjà ta journée. À deux noix tu atteins 190 µg, soit la limite prudente du Dr Benoît Claeys. La fourchette de 2 à 4 que donne Guénaëlle Abéguilé s'entend explicitement selon l'importance du déficit, ce qui en fait une dose de rattrapage. Le conseil d'une poignée quotidienne, lui, te placerait autour de 1 400 µg, largement au-dessus du seuil de toxicité.
La noix du Brésil est-elle dangereuse ?
Elle ne l'est pas à une ou deux noix par jour. Elle le devient à forte dose, et plus vite qu'avec la plupart des aliments, parce que la dose utile et la dose toxique du sélénium sont très proches l'une de l'autre. Le seuil de toxicité communément retenu est de 1 000 µg par jour, soit une dizaine de noix quotidiennes. L'intoxication chronique s'appelle la sélénose et se traduit par un amaigrissement, une fatigue, une irritabilité, des troubles digestifs et cutanés. Le danger vient donc de la quantité et de la régularité. La noix elle-même n'a rien de nocif.
Quelle quantité de sélénium dans une noix du Brésil ?
Environ 95 µg pour une noix de 5 g, ce qui correspond à une teneur d'environ 1 900 µg pour 100 g. C'est de très loin le premier aliment du classement, devant les huîtres qui plafonnent entre 70 et 150 µg pour 100 g, les poissons et coquillages entre 30 et 50, et les œufs à 19. Attention toutefois : cette teneur dépend de la richesse en sélénium du sol où l'arbre a poussé et varie donc d'un lot à l'autre, sans qu'aucune étiquette te le signale. C'est une raison supplémentaire de compter tes noix plutôt que tes microgrammes. La teneur varie énormément d'une noix à l'autre selon le sol où pousse l'arbre. C'est cette variabilité qui justifie de rester prudente plutôt que de compter au gramme près.
La noix du Brésil est-elle bonne pour l'hypothyroïdie ?
Elle est utile par son sélénium, qui intervient dans la conversion de la T4 en T3 par les déiodinases. Une femme sous traitement dont la TSH est corrigée mais qui reste fatiguée a parfois un problème de conversion, et le sélénium fait partie des cofacteurs à explorer avec le fer, le zinc et la vitamine D. Cela dit, la noix du Brésil n'est pas un traitement et ne remplace jamais les hormones prescrites. Elle accompagne le terrain, ce qui est différent. Une hypothyroïdie se suit médicalement, avec des dosages réguliers. Le sélénium sert à convertir la T4 en T3, la forme active. Un déficit gêne donc la conversion, ce qui explique une fatigue persistante malgré une TSH corrigée.
Le sélénium fait-il baisser les anticorps de Hashimoto ?
Plusieurs études cliniques montrent une baisse significative des anti-TPO et des anti-Tg après environ six mois de supplémentation en sélénium. C'est un résultat solide, à interpréter correctement : une baisse des anticorps traduit une agression auto-immune moins intense, elle ne signifie pas la disparition de la maladie. Ces travaux portent par ailleurs sur des supplémentations dosées et suivies, jamais sur une simple consommation alimentaire. Si tu es suivie pour une Hashimoto, cette décision se prend avec ton médecin, en fonction de ton statut de départ. Les travaux montrent une baisse des anticorps sous sélénium, sans que cela change le traitement ni la façon dont tu te sens. C'est un marqueur qui bouge, pas une guérison.
Faut-il prendre du sélénium avant ou après l'iode ?
Avant, systématiquement. Apporter de l'iode à une thyroïde dont le sélénium est bas revient à relancer la production hormonale sans le système enzymatique qui neutralise les déchets oxydatifs qu'elle génère. Le risque est d'entretenir une inflammation de la glande en pensant bien faire, ce qui est particulièrement délicat en contexte auto-immun. On regarde donc le sélénium en premier, on le corrige si besoin, et la question de l'iode vient ensuite, avec un professionnel. L'ordre compte vraiment : le sélénium se regarde en premier, parce que c'est lui qui neutralise les radicaux libres produits quand la glande fabrique des hormones à partir de l'iode.
Combien de calories dans une noix du Brésil ?
Environ 65 à 70 kcal pour une noix de 5 g, ce qui en fait l'un des oléagineux les plus denses, comparable à la noix de macadamia. Sur une consommation de une à deux noix par jour, l'apport est négligeable et ne mérite pas d'attention particulière. Ses lipides sont majoritairement insaturés, donc de bonne qualité nutritionnelle. La question calorique ne devient réelle qu'à partir d'une consommation à la poignée, et dans ce cas de figure l'excès de sélénium est un problème bien plus urgent que les calories. Elle est aussi riche en magnésium et en bons acides gras, ce qui en fait un aliment intéressant, à condition de la traiter comme un aliment dense et pas comme un en-cas.
Peut-on manger des noix du Brésil enceinte ?
Le besoin en sélénium augmente pendant la grossesse, mais la marge entre l'apport utile et l'excès reste étroite. C'est une période où je ne conseille pas d'ajuster seule un nutriment à fenêtre thérapeutique aussi serrée, surtout si tu prends déjà un complément prénatal, qui contient très souvent du sélénium. Pose la question à la sage-femme ou au médecin qui te suit, qui tiendra compte de l'ensemble de tes apports. Une noix occasionnelle dans un mélange n'a évidemment rien de préoccupant. Pendant la grossesse, les besoins en iode et en sélénium augmentent, et c'est précisément le moment où l'on ne décide rien seule. Cette question se pose au suivi médical.
Quels sont les autres bienfaits de la noix du Brésil ?
C'est le premier aliment en magnésium avec 376 mg pour 100 g, devant le chocolat de dessert, l'amande et la noix de cajou, ce qui est loin d'être anecdotique quand on sait qu'un adulte a besoin d'environ 400 mg par jour. Elle apporte aussi du zinc, des protéines végétales et des acides gras majoritairement insaturés, favorables au profil lipidique. Sur la peau et les cheveux, où elle est très citée, reste prudente : le sélénium et le zinc y participent, mais une chute de cheveux vient plus souvent d'une ferritine basse ou d'une thyroïde ralentie. Ces effets sont ceux du sélénium en général, pas d'un pouvoir propre à la noix. Elle est simplement la façon la plus simple d'en apporter par l'alimentation.
Les sources de cette page
Les quantités et les seuils de sécurité indiqués dans cette page viennent des références ci-dessous.
- Dr Benoît Claeys, En finir avec l'hypothyroïdie, Thierry Souccar Éditions : teneur de 95 µg de sélénium pour une noix de 5 g, besoins quotidiens de 55 à 70 µg, recommandation personnelle de ne pas dépasser 200 µg par jour et mise en garde sur l'addition des apports alimentaires et supplémentés, teneur en magnésium de 376 mg pour 100 g et classement des aliments magnésiens.
- Dr Benoît Claeys, En finir avec la thyroïdite de Hashimoto, Thierry Souccar Éditions : observation clinique sur la fréquence des hypersensibilités alimentaires aux noix exotiques, macadamia et noix du Brésil.
- Dr Philippe Veroli, Thyroïde, les solutions naturelles, Thierry Souccar Éditions : teneur de 1 900 µg de sélénium pour 100 g et classement comparatif des aliments, dose recommandée de 200 µg par jour, absence de problème a priori jusqu'à 500 µg par jour, seuil de toxicité au-delà de 1 000 µg par jour.
- Guénaëlle Abéguilé, Troubles hormonaux : reprenez le pouvoir !, Résurgence : statut optimal en sélénium autour de 120 µg/L, repère de deux à quatre noix par jour selon la profondeur du déficit, vérification de l'origine brésilienne des noix.
- Repères de médecine fonctionnelle (rôle du sélénium dans les déiodinases et la glutathion peroxydase, valeurs sériques de 70 à 150 µg/L et zone optimale de 100 à 130 µg/L, apports de 100 à 200 µg par jour selon le statut initial, effet sur les anticorps anti-TPO et anti-Tg après six mois, repère de 1 à 2 noix par jour) : formation « Hormones thyroïdiennes, cofacteurs et anticorps » suivie par Perrine Ratinaud. Ces repères servent à l'accompagnement, ils n'ont pas valeur de critère diagnostique.
- Toxicité du sélénium et sélénose (fenêtre étroite entre apport essentiel et concentration toxique, tableau clinique de l'intoxication chronique) : ouvrage de référence en nutrition de l'enfant et de l'adolescent, chapitre sur les oligo-éléments.
Le détail de mes références est sur la page sources du site.
Pour aller plus loin
Mentions importantes
Médecine et naturopathie travaillent ensemble. Le diagnostic et le traitement appartiennent à ton médecin. Le terrain qui entretient tes symptômes, l'assiette, le sommeil, la digestion, la charge nerveuse, c'est mon domaine, et il pèse autant sur ton quotidien. Rien de ce que tu lis ici n'est un diagnostic ni une prescription, et aucun aliment ne remplace un traitement thyroïdien. Les seuils cités sont des repères issus de la littérature et divergent selon les auteurs, ce que j'ai signalé dans le texte. Le sélénium a une fenêtre de sécurité étroite : toute supplémentation se décide avec un professionnel de santé, après évaluation de tes apports totaux.
Avançons ensemble
Si tu accumules les compléments pour ta thyroïde sans savoir ce dont ton corps manque vraiment, on peut remettre de l'ordre. Ensemble, avec ton suivi médical, on reprend tes bilans et tes apports pour construire quelque chose qui te corresponde.
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